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L'ogre du jugement. Les mots de la jurisprudence
Laé Jean-François
STOCK
24,10 €
Épuisé
EAN :9782234054226
D'innombrables plaintes sont venues s'échouer au tribunal civil au fil des XIXe et XXe siècles, des milliers de dommages privés y ont été publiquement exposés, discutés, avant d'être avalés par l'ogre du jugement : de sombres affaires de famille, des histoires d'enfants abandonnés, de parents maltraités, des avortements qui ont mal tourné, des époux qui se sont évaporés, mais aussi des accidents au travail ou ailleurs. Les magistrats les ont examinées et racontées dans cette grande anthologie de la jurisprudence que Jean-François Laé examine à son tour avec une rigueur qui n'efface pas l'émoi. C'est, en effet, une extraordinaire collection de récits de heurts et de malheurs, de violences infligées ou subies, de négligences au travail, de litiges en tous genres. Ils parlent du corps et des passions pour tenter de les cerner et les contenir. Ecrits par ces hommes de loi qui partagent évidemment les inquiétudes, conceptions et préventions de leur temps, ils témoignent de l'histoire des disciplines et des idées sur les " m?urs ". Mais c'est aussi une histoire du droit à l'?uvre, cherchant ses mots, polissant ses concepts, en inventant de nouveaux, à travers une longue série d'affaires judiciaires. Ainsi voit-on la notion d'injure migrer du code pénal au code civil pour qualifier l'inconduite d'un époux, l'adultère criminel céder le pas au divorce par consentement mutuel, le préjudice moral se préciser, les responsabilités, les imprudences comme les nuisances se détailler et se codifier. Où est la faute, l'offense, la maladresse ? Ces questions, sans cesse, sont reprises et remises sur l'établi du droit.
Dans le sous-sol d'une association chargée de l'enfance à Avignon, sur des étagères en acier des années 1950, se succèdent trois cents mètres de dossiers noircis par le temps. "C'est un débarras", me lance Chantal, la cheffe du service, "vous ne trouverez que du vieux papier !". Des fouilles surgissent 160 lettres entre Micheline - enceinte à 20 ans - et Odile, assistante sociale auprès du tribunal pour enfants. L'histoire commence ainsi. Une grossesse hors mariage et en situation de pauvreté, c'est une vie scellée dans un foyer maternel. Tandis qu'un cercle de femmes "sages" s'occupe de Micheline, celle-ci se révolte et s'enfuit. On la recherche dans tout le Roussillon. Odile la rattrape. Micheline aime sortir au bal ? L'assistante sociale l'en dissuade et la menace. Et pourtant, elle l'aime bien, cette échevelée ! C'est "ma fille", écrira-t-elle un jour. C'est dans l'entrelacs de cette correspondance, sur le fil des relations entre Micheline et Odile, que se tisse le récit de Jean-François Laé autour des plaintes, de la soumission et de la révolte de ces jeunes femmes si tôt assignées. Filles célibataires, indisciplinées ou frondeuses, souvent en bisbille avec leurs familles, elles sont les oubliées de notre histoire. A travers la révolte de Micheline, Jean-François Laé poursuit inlassablement son exploration des vies "faibles", fragiles, celles "d'anormaux" qui lancent un défi à l'ordre social.
Résumé : Dans une cité HLM du nord de Paris en pleine rénovation, des gardiens sont au travail : ils surveillent, réparent, tempèrent. A travers leur regard, on entrevoit ce qui n'est pas montré d'habitude : des résidents qui s'observent, les plaintes quotidiennes, les vrais problèmes. On redécouvre aussi un métier de nouveau convoité : le gardien n'est plus l'homme à tout faire d'hier, il est devenu le médiateur de la cité.
La main courante évoque les commissariats de police. Mais cette pratique existe dans d'autres lieux. Attentif aux écritures ordinaires. Jean-François Laé a étudié de nombreux cahiers tenus dans divers espaces de travail - une cité HLM, un service d'alcoologie, un lieu de vie pour handicapé, un centre d'hébergement pour hommes à la rue, un service de milieu ouvert, une maternité. Ces traces éphémères, discontinues, fragmentaires n'étaient pas destinées à être lues au dehors. Bavardes à leur manière, elles livrent des observations, des consignes, des gestes, elles disent le travail confronté à l'urgence et à l'incertitude, elles trahissent les tensions, les exaspérations parfois. Elles révèlent aussi les désordres, les échappées, les refus qui ponctuent le quotidien des personnes prises en charge. En arrachant à l'oubli ces écrits sans importance, Jean-François Lité fait ainsi surgir une réalité surprenante d'affrontements et de sollicitude mêlés. Sa lecture attentive et sensible lui permet d'analyser au plus près ce qui se passe dans ces relations de services aux personnes. Biographie: Professeur de sociologie à l'université de Paris VIII, Jean-François Laé a publié de nombreux ouvrages parmi lesquels L'Instance de la plainte (Descartes et Cie, 1996), fracture sociale, avec Arlette Farge (Desclée de Brouwer, 2000), L'Ogre du jugement (Stock, 2001) et Lettres perdues. Ecriture, amour et solitude, XIXe-XXe siècles, avec Philippe Artières (Hachette Littératures, 2003).
Une petite annonce anonyme parue dans un journal en 1893 et les lettres étonnantes et rares qu'elle suscite ; une correspondance échangée entre un fils enfermé à la prison de la Santé et sa mère qui l'attend dans le Paris de 1946 ; des billets d'amour écrits clandestinement par des prisonnières, adressés à d'autres détenues ; une autobiographie rédigée en 1970 par un homme presque illettré de la prison de Loos-lès-Lille... Achetées sur un marché de vieux papiers ou trouvées dans un carton d'archives délaissé, ces "lettres perdues" négligées par la grande histoire nous dévoilent un quotidien hors du commun. Leurs auteurs n'ont pas l'habitude d'écrire, c'est la séparation qui les force à prendre la plume pour révéler une intimité rarement exposée. Soutenus par les analyses et les écritures sensibles de Philippe Artières et de Jean-François Laé qui les ont tirés de l'oubli, ces témoignages rendent compte de la solitude générée par nos sociétés modernes.
Résumé : Anvers, 1940. Wilfried Wils, 22 ans, a l'âme d'un poète et l'uniforme d'un policier. Tandis qu'Anvers résonne sous les bottes de l'occupant, il fréquente aussi bien Lode, farouche résistant et frère de la belle Yvette, que Barbiche Teigneuse, collaborateur de la première heure. Incapable de choisir un camp, il traverse la guerre mû par une seule ambition : survivre. Soixante ans plus tard, il devra en payer le prix. Récompensé par le plus prestigieux prix littéraire belge, Trouble interroge la frontière entre le bien et le mal et fait surgir un temps passé qui nous renvoie étrangement à notre présent. Traduit du néerlandais (Belgique) par Françoise Antoine
Résumé : Homme secret, cinéaste exigeant, Michael Haneke se révèle de manière étonnante dans ce livre, le premier en français qui lui est consacré. Fruit d'une soixantaine d'heures d'entretiens entre Vienne et Paris, cet ouvrage, illustré de 136 photos rares ou inédites, permet au réalisateur de Funny Games et du Ruban blanc d'exprimer sa conception du septième art et sa perception du monde contemporain. Face à Michel Cieutat et Philippe Rouyer, deux critiques de la revue Positif, Michael Haneke revient sur ses années de jeunesse et ses mises en scène au théâtre avant d'évoquer, film par film, son travail à la télévision et au cinéma, de ses débuts en 1974 à son dernier film sorti en 2017, Happy End. Au gré d'échanges libres et passionnés, se dégage l'image d'un créateur singulier, perfectionniste et plein d'humour, qui compte parmi les grands humanistes de notre temps.
Résumé : C'est à un mystère que s'attelle ici François Heisbourg, relatant le parcours de l'étrange baron Franz von Hoiningen. Cet officier allemand qui traverse deux guerres mondiales, s'engage spontanément dans le parti nazi, puis sauve des centaines de Juifs et de résistants ? dont le père de l'auteur?, qui s'évade d'Allemagne avec la Gestapo aux trousses après avoir été "mouillé" dans le complot contre Hitler, finit son odyssée dans les bras de sa femme au Luxembourg et disparaît de tous les écrans radar. Au point que ce récit aurait pu s'appeler "L'homme sans visage", tant il a été difficile de trouver une trace photographique de lui. Qui était-il ? Comment passe-t-on à un moment donné du mal au bien ? Quelle est l'alchimie de cette "banalité du bien" ?
Quand le narrateur rencontre en 2003 Marlon Brando, star déchue sur les hauteurs de Hollywood, il découvre un ogre paranoïaque qui regarde en boucle ses anciens films. Epuisé et ruiné par les pensions de ses divorces, Roi Lear qui aura trop enfanté, dont un fils meurtrier, il n'est plus l'acteur bestial d'Un tramway nommé Désir, le révolté du Bounty qui acheta un atoll à Tahiti, le dictateur paternaliste du Parrain, le crâne monstrueux d'Apocalypse Now, mais un survivant qui attend la mort et cherche la force de l'apprivoiser. A travers un fascinant et joueur face-à-face, le narrateur sera son guide, puis son exécuteur.