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Les récits du malheur
Lae J-F ; Murard Numa
DESCARTES ET CI
18,55 €
Épuisé
EAN :9782910301194
Chacun navigue tant bien que mal sur le quotidien et accorde un regard distrait aux écrans où défilent les couleurs et les vitesses de la vie des autres. Dans les cités aux lisières de villes, dans les entresols de l'économie officielle, dans les à-côtés de la société, l'œil et l'oreille du sociologue captent des gestes et des paroles obscures. Il s'agit des sentiments et des drames, collectifs ou intimes : l'enfant qui fait exister sa mère, le fils qui vole son père, la famille qui règle ses comptes, le foyer qui recrache un homme à la rue. Jean-François Laé et Numa Murard se risquent à raconter la vie de ceux que l'infortune accule à faire preuve de résistance, voire de cruauté, autant que de solidarité. Récits ? Fictions ? Les sociologues, en optant pour la nouvelle, son émotion et son rythme, se refusent à systématiser une réalité si rebelle au classement.
Résumé : Dans une cité HLM du nord de Paris en pleine rénovation, des gardiens sont au travail : ils surveillent, réparent, tempèrent. A travers leur regard, on entrevoit ce qui n'est pas montré d'habitude : des résidents qui s'observent, les plaintes quotidiennes, les vrais problèmes. On redécouvre aussi un métier de nouveau convoité : le gardien n'est plus l'homme à tout faire d'hier, il est devenu le médiateur de la cité.
Lae conteureuse gnom, Zannazook, vous raconte un des mythes de Sylâme, petit monde perdu dans le plan des rêves. Les vifs, peuple nomade des grandes plaines, avaient peur de ce qui se cachait dans la forêt. Leurs légendes racontaient qu'un être magique, Aelfina, y rôdait discrètement pour enchanter, puis métamorphoser leurs gens en bêtes sauvages. Alors que sa compagne, Iuléé, fut capturée par la Rôdeuse Invisible, Elerif, un jeune chasseur du clan, dut entreprendre un voyage dangereux au coeur de l'effroyable forêt en espérant pouvoir la sauver. Etait-il seulement capable d'y parvenir avant qu'Aelfina réalise sa nouvelle oeuvre macabre ?
La main courante évoque les commissariats de police. Mais cette pratique existe dans d'autres lieux. Attentif aux écritures ordinaires. Jean-François Laé a étudié de nombreux cahiers tenus dans divers espaces de travail - une cité HLM, un service d'alcoologie, un lieu de vie pour handicapé, un centre d'hébergement pour hommes à la rue, un service de milieu ouvert, une maternité. Ces traces éphémères, discontinues, fragmentaires n'étaient pas destinées à être lues au dehors. Bavardes à leur manière, elles livrent des observations, des consignes, des gestes, elles disent le travail confronté à l'urgence et à l'incertitude, elles trahissent les tensions, les exaspérations parfois. Elles révèlent aussi les désordres, les échappées, les refus qui ponctuent le quotidien des personnes prises en charge. En arrachant à l'oubli ces écrits sans importance, Jean-François Lité fait ainsi surgir une réalité surprenante d'affrontements et de sollicitude mêlés. Sa lecture attentive et sensible lui permet d'analyser au plus près ce qui se passe dans ces relations de services aux personnes. Biographie: Professeur de sociologie à l'université de Paris VIII, Jean-François Laé a publié de nombreux ouvrages parmi lesquels L'Instance de la plainte (Descartes et Cie, 1996), fracture sociale, avec Arlette Farge (Desclée de Brouwer, 2000), L'Ogre du jugement (Stock, 2001) et Lettres perdues. Ecriture, amour et solitude, XIXe-XXe siècles, avec Philippe Artières (Hachette Littératures, 2003).