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Pour une critique partisane. Quelques preuves à l'appui
Lachaud Jean-Marc
L'HARMATTAN
27,00 €
Épuisé
EAN :9782296116474
En intervenant sur différents terrains (arts visuels, arts de la scène...), l'auteur propose une approche critique partisane de quelques démarches artistiques et oeuvres significatives. Il s'agit non seulement d'analyser les enjeux esthétiques de ces partis pris, mais également d'en évaluer la dimension politique émancipatrice. Ces quelques preuves à l'appui, ici rassemblées, montrent que l'oeuvre d'art, par son identité originale, par sa configuration complexe et par sa modalité d'existence décalée, peut exhiber pleinement sa singularité et sa présence au monde dissonantes. Pour l'auteur, il est donc nécessaire, pour qui souhaite maintenir et réactualiser une réflexion esthétique clairement critique (ce qui relève d'un choix philosophique et politique), de se heurter sans préjugés aux frasques de l'art, de mesurer la capacité de ce dernier à scruter la peau, la chair et les entrailles du monde, de créer les conditions pour qu'autour de ces oeuvres licencieuses se noue un échange susceptible de questionner la vie vécue et, peut-être, d'imaginer un autre destin.
Dès les années 1910, aucun art n'est épargné par la tentation collagiste. Les avant-gardes explorent aventureusement, sans modèles normatifs, les perspectives radicalement nouvelles ouvertes par l'art du collage, du montage et de l'assemblage de matériaux-fragments hétérogènes. Par l'analyse de nombreuses oeuvres, l'auteur montre que le processus de déconstruction et de reconstruction mis en mouvement construit une efficace esthétique du choc. Le recours a ce qui est plus qu'un simple procédé permet de mettre en scène les contradictions, visibles ou dissimulées, qui hantent des réalités tourmentées, faisant apparaître en tension les inquiétudes et les espérances qui agitent des moments historiques incertains. Pour l'auteur, ces productions possèdent une authentique puissance poétique et politique et offrent aux regardeurs, spectateurs, lecteurs, auditeurs... une salvatrice expérience émancipée.
Entre 1910 et 1980, en résonance étroite avec les utopies esthétiques et politiques de la modernité, de nombreux artistes et écrivains proposent, sans modèles normatifs, des oeuvres conçues en collant, montant et assemblant des matériaux-fragments hétérogènes. L'auteur montre que le processus de déconstruction et de reconstruction mis en mouvement au sein de ces productions concrétise une efficace esthétique du choc, proposant des images-situations en décalage et des projections aléatoires qui nous précipitent aux confins d'autres mondes à habiter. L'art du collage est pensé comme un parti pris faisant surgir ici et maintenant le merveilleux et la perturbation, contestant ainsi l'ordre établi. Ces productions hérétiques évoquent de salutaires et intempestives reconfigurations possibles-impossibles à explorer. Pour l'auteur, ces oeuvres-constellations polyphoniques relèvent d'une esthétique de la non- cohérence, qui a à voir avec l'utopie concrète, donc avec la perspective de l'émancipation (individuelle et collective).
Si les termes "rite" et "rituel" demeurent des mots fort répandus et souvent décriés, au risque d'en perdre aujourd'hui leur sens initial et leur efficience sémantique, il est une formule qui fleurit dans notre société de manière récurrente, celle de performance comme expression générique, sociale, politique, sportive, médiatique, technologique, économique, financière, sexuelle et artistique. Le monde performe sans cesse, afin qu'aujourd'hui, comme le souligne Pierre Legendre, "l'homme occidental arrive au monde dans une mise en scène scientifique et rationnelle ; il naît dans un théâtre chirurgical". Mais la performance, elle, à travers les "souvenirs" d'Arnaud Labelle-Rojoux, interroge l'art et, par ce biais, des rituels contemporains fort étonnants. Cet ouvrage consacre une possible réponse à de nombreux écrits qui considèrent que, dans les champs de l'action artistique, du théâtre, de la chorégraphie et/ou de la vidéo-performance, tout est la même chose, et donc que tout a la même pertinence, sans distinction aucune. Il nous paraît donc nécessaire de cadrer cet espace singulier qu'est la performance-action, terme que nous mettons en jeu.
Spectateur engagé et acteur critique de son époque, solidaire des "vaincus" violentés par les tumultes de l'Histoire, Walter Benjamin emprunte de nombreux chemins critiques de manière transversale. La diversité de ses recherches et la pluralité des modalités d'approche activée, sa propre pratique d'une écriture fragmentée, interdisent de l'étiqueter, sous peine de réduire la force de sa quête éclatée. Marxiste atypique, il construit avec ténacité une esthétique et une politique de l'émancipation. Les textes ici rassemblés évoquent ses discussions avec, notamment, Theodor W. Adorno, Ernst Bloch et Bertolt Brecht. Ils présentent également ses conceptions sur l'art (autour de la question de la reproductibilité technique, de l'originalité subversive du Surréalisme et de la problématique de la politisation de l'esthétique), et abordent ses novatrices contributions radiophoniques.
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.