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La musique vous veut du bien
Christoffel David
ALPHA
9,00 €
Épuisé
EAN :9782383880257
Des scientifiques qui testent l'effet d'une sonate de Mozart sur la productivité des vaches, des médecins qui utilisent la musique pour résoudre les problèmes d'éjaculation précoce... Le jour caricatural sous lequel les bienfaits de la musique sont souvent présentés dresse un portrait réducteur des recherches médicales qui entendent exploiter les vertus thérapeutiques de la musique. Et la sagesse populaire ne s'y trompe pas, puisque la croyance est effectivement répandue que la musique peut avoir de grands effets sur l'humeur et sur l'état général de tout un chacun. S'il semble raisonnable d'aller chercher réconfort dans les musiques douces, il paraît plus insidieux de confier son bien-être à certaines pseudosciences édictées sur le compte de musiques bienfaisantes. David Christoffel propose un tour d'horizon des théories en circulation sur la question et s'interroge sur les risques à médicaliser son rapport à la musique.
Pendant mes années de travail de thèse, quand quelqu'un avait la politesse de me demander sur quoi portait ma thèse, je me vengeais de sa curiosité trop superficielle, en répliquant par son intitulé complet : "Les mentions verbales sur les partitions pour piano seul d'Erik Satie." Mais quand mon interlocuteur avait le bon ton de ne pas chercher à me mentir sur l'ampleur de sa curiosité et partageait d'office le fait évident que nous n'avions ni l'un ni l'autre l'élan d'un débat sur Satie ou l'avenir de l'Université française, à ce moment-là, j'avais le bon ton d'incliner une synthèse : "je fais une thèse sur Satie", pour le dire humblement au lieu de se résigner à la platitude du fait. C'est là que, malgré les efforts de retenue, de contrition ou de savant mélange entre les deux, je m'attirais souvent des réactions passionnées dans un panel assez restreint qui allait de "Quelle musique formidable" à "Un homme très intelligent, mais pas vraiment un compositeur". [...] Comme je soupçonnais qu'ils devaient avoir un goût décidément démesuré pour l'injustice, je décidais la plupart du temps de las combler en soulignant le fait que, m'intéressant à Satie, je m'intéresse aux mentions verbales qui se trouvent sur ses partitions de musique qui, dès lors, sont aussi des espaces poétiques. Dit comme ça, les penseurs justes étaient d'accord avec moi, mais pour prolonger leur mépris pour Satie, ils admettaient que l'importance de Satie dans l'avant-garde était sans doute compatible avec l'idée que sa musique est sans valeur. Arrivé à ce point de la discussion, il était donc évident que leur définition de la valeur musicale avait dû être conçue exprès pour en exclure Satie. [...] Et c'est à peu près dans ces moments-là que j'ai décidé, au lieu de devenir un musicologue justicier, de tenter diverses métamorphoses...
Deux poètes et performeurs poétiques s'attaquent au développement personnel. L'enjeu est moins la critique du genre en tant que tel que de l'idéologie qu'il dissimule : l'injonction au bien-être. Et il ne s'agit pas de théoriser mais de s'exercer. Ou plutôt de pratiquer des contre-exercices dans le but de se non-développer ou de s'anti-développer ; voire de s'oublier comme personne, de quitter radicalement la perspective du personnel, de sortir de soi. Comment ? Par la poésie. En détournant, jouant, décalant, délirant, etc. , autrement dit en travaillant de l'intérieur les expressions toutes faites, les phrases déjà écrites, la rhétorique quelque fois subtile de la psychologie positive. La poésie comme arme d'une guérilla psychique qui vient au secours de ceux qui ne veulent pas être meilleurs et plus heureux. C'est ce que proposent David Christoffel et Maël Guesdon dans leur livre bien nommé : Le Bien-être par la poésie, sous-titré Manuel de contre-culture psychique. Ou comment (re)faire de la poésie une pratique. En détournant les manuels de développement personnel, c'est bien un contre-manuel qu'ils ont écrit. Une autre manière de faire aujourd'hui de la poésie, en redonnant au genre une puissance d'action sur ses lecteurs dont on ne l'imaginait plus capable. Pensé sous la forme d'une suite d'exercices psychiques et poétiques, ce manuel d'un nouveau genre fera du lecteur le praticien d'une nouvelle discipline : la poésie appliquée ou l'art d'oublier ses problèmes en expérimentant sur soi et la langue et sur soi par la langue. C'est aussi, enfin, un livre où l'on apprend beaucoup dans la mesure où il entreprend à sa manière une véritable archéologie du discours mélioratif du XIXe siècle à nos jours.
Résumé : Faussaires, pasticheurs, épigones, algorithmes, auteurs d'un seul succès, profs... le domaine de la grande musique est peuplé de " petits malins " largement dévalorisés. En parcourant les biais de jugement qui pèsent sur les répertoires périphériques de la grande musique, l'ouvrage ne prend pas le temps de se lamenter sur l'invisibilisation de ses laissés-pour-compte, mais préfère s'arrêter sur les ruses utilisées par ces talents périphériques pour faire exister leurs oeuvres. ?
11 novembre 1918. L'Allemagne conclut un armistice sans que son armée ait perdu une bataille clairement décisive, avant de ratifier le traité de Versailles, qui contraint les Allemands à endosser toute la responsabilité de la guerre. La République de Weimar ne sut au fond jamais s'affranchir du traumatisme de la défaite. L'issue de la Grande Guerre fut à l'origine de clivages politiques majeurs et d'une profonde amertume qui s'exprima dés la fin des années 1920 ; Hitler était là pour répondre au souhait des Allemands d'"en finir avec Versailles"... Dans cet ouvrage magistral, nourri d'années de recherche, Gerd Krumeich entend répondre à cette question cruciale : la défaite de 1918 est-elle à l'origine de l'histoire chaotique de l'Allemagne et du funeste destin de la République de Weimar ?
L'audition du directeur de la centrale de Fukushima Daiichi, Masao Yoshida, à la suite de la catastrophe de mars 2011, s'est échelonnée sur plusieurs jours. Dans cet ouvrage en est réunie l'essence : de par l'enchaînement des péripéties qu'il rapporte et l'épaisseur des personnages qu'il met en scène, le témoignage de Yoshida apparaît comme un "roman technique" . Aux questions techniciennes des enquêteurs, le directeur répond parfois par de longs développements dans lesquels il fait surgir ici un nouveau protagoniste, là un événement imprévu. Il livre son expérience hors du commun avec un réalisme et une cohérence qui confèrent un sens profond à son action, particulièrement lors de ses écarts aux recommandations et autres bonnes pratiques que les enquêteurs relèvent systématiquement. Pourtant, en transgressant la procédure, Masao Yoshida a assurément empêché une catastrophe pire encore : l'explosion pure et simple de toute la centrale. Dans ce témoignage présenté et mis en lumière par deux chercheurs spécialistes de la sûreté nucléaire, il apparaît que lorsque les probabilités sont contrariées et les manuels devenus inutiles, l'humain est le dernier rempart face au pire.
Résumé : Phénomène universel et pourtant peu traité par les grands écrivains et philosophes, la fatigue est le démon mesquin de la quotidienneté. Comment vivre avec elle, qui rend parfois si difficile la vie ? Est-il possible de pratiquer les vertus d'Aristote (le courage, la tempérance, l'altruisme) quand nous sommes épuisés ? La fatigue n'élargit-elle pas l'écart qui toujours existe entre ce que nous sommes et ce que nous devrions, ou voudrions être, nous qui ne sommes ni des héros ni des saints ? Pour Eric Fiat, ce n'est pas en luttant contre elle, mais en composant avec elle qu'il est possible de nous en faire une amie. Car s'il existe de mauvaises fatigues (dont le burn out est la plus méchante des formes), ne désespérons pas d'en vivre aussi de bonnes. Le philosophe montre alors qu'il n'est pas impossible à un homme fatigué un mardi après-midi pluvieux de novembre d'aimer encore la vie. Et entonne une ode à la fatigue pleine de musique et d'humour : distinguée de la paresse (qui est une sorte de fatigue par anticipation ou une anticipation de la fatigue), la fatigue a une puissance de décantation qui peut révéler la beauté des visages que le temps a altérés...
Résumé : Si le féminisme s'est constitué en mouvement politique au XIXe siècle en Europe, des idées féministes, implicites ou explicites, se sont exprimées depuis l'Antiquité et dans le monde entier, contredisant les moeurs et le discours misogyne dominants. Pourquoi, comment et où de telles idées apparaissent-elles ? Font-elles véritablement Histoire, dans un processus de développement cumulatif ? Ou sont-elles seulement des bouffées aléatoires, sans synthèse ni somme ? Le féminisme politique en est-il l'aboutissement historique ? Alternant portraits, récits et analyses, Séverine Auffret retrace l'évolution des idées féministes depuis leurs premières manifestations jusqu'aux problématiques les plus contemporaines dans une somme inédite et vivante où l'on croise les Amazones, Simone de Beauvoir, Sapphô ou Diderot, et qui nous transporte de l'Egypte ancienne jusqu'en Amérique précolombienne.