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Du volcan au chaos. Journal sicilien
La Héronnière Edith de
NOUS
20,00 €
Épuisé
EAN :9782370840417
Lorsque Maupassant visitait la Sicile en 1890, il se disait étranger et n'en avait pas honte. L'étranger passe, il vient de l'extérieur et s'en retourne là-bas. Il passe sans laisser de traces, tout comme le voyageur, légèrement, il traverse, et sa manière de le faire doit avoir du style. Etre étranger est un art, être touriste est un état, une manière d'encombrer les lieux sans y être vraiment : "Le tourisme consiste à transporter des gens qui seraient mieux chez eux dans des lieux qui seraient mieux sans eux." Tandis que le sel du voyage est cette approche fervente et solitaire de l'espace où l'on se trouve, qu'il s'agisse de l'ici ou de l'ailleurs. Etranger, c'est la disposition d'esprit la plus proche du réel pour nous autres, humains, toujours extérieurs, toujours passants momentanés, en route pour je ne sais quelle destination fatale, sachant qu'à tout moment peut se produire une rencontre et qu'alors nous serons bouleversés, mais qu'il faut être prêts.
Longtemps le labyrinthe d'Occident, intégré dans l'espace sacré de l'église, y représentait le parcours du pèlerinage à Jérusalem, raccourci symbolique pour tous ceux qui n'avaient pas la capacité physique de se rendre jusqu'aux Lieux Saints. A la fin du Moyen Age, quittant l'espace de l'église, il devint un élément de l'art du jardin de la Renaissance, en particulier en Italie. Zone d'inquiétude physique, il devait aussi introduire dans l'architecture du jardin une interrogation métaphysique. Le labyrinthe de jardin, s'il peut passer pour un jeu, dispense aussi un malaise rappelant, dans l'inconscient collectif, l'univers de la forêt primitive: y pénétrer n'est pas sans risque et le jeu peut facilement tourner à la panique. Il pose la question du pourquoi de ces zones inquiétantes au sein de merveilleux jardins destinés à la détente et, par extension, il interroge sur la nécessité qu'a toujours eue l'homme de se perdre pour mieux se trouver. Cet essai tente de montrer comment la forme labyrinthique peut servir de support à la réflexion philosophique par nature inquiète, mettant en lumière l'importance du jeu et de l'égarement dans le parcours du labyrinthe et amenant à dégager une philosophie du ou au jardin, dont Le Songe de Poliphile est le plus bel exemple.
La Ballade des pèlerins est un très prenant récit d'aventure, celui d'un pèlerinage de Vézelay à Compostelle entrepris par une jeune femme et trois compagnons de route, un beau jour de juin du siècle passé, en un temps où un tel périple pouvait encore se faire dans des conditions très semblables à celles qu'avaient connues leurs prédécesseurs du Moyen Age. Un voyage décidé par goût de la marche et de la nature, certes, mais surtout par désir "d'en finir avec des formes et des contenus religieux trop rabâchés, avec un langage devenu logorrhée, dénué de tout sens vital à force de vouloir donner réponse à tout" . Par cette volonté de redonner du sens aux mots en les confrontant à la rugueuse réalité des aléas d'une marche de plusieurs semaines, en s'interrogeant par écrit dans ce qui fut son premier livre sur les raisons de cet acte un peu fou, Edith de la Héronnière ouvrait en réalité le chemin d'un voyage autrement plus long, celui d'une oeuvre qu'elle poursuit aujourd'hui encore. Au fil des années passées à arpenter les pays et les pages, ni l'Italie, ni l'Inde, ni les Etats-Unis, ni même la Chine n'auront raison de son infatigable curiosité. Et, par certains aspects, les chemins qu'elle emprunte peuvent ainsi rappeler ceux d'autres écrivains-voyageurs, tel Nicolas Bouvier, qu'une prédisposition au cheminement ou une phénoménologie de la perception intuitivement menée élancent continuellement vers l'avant. Mais il faut insister sur ce que le pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle où cette ballade entraîne le lecteur n'a de sens que par l'enracinement profond et parfois douloureux de la spiritualité dans le corps. Comme au temps des pèlerinages médiévaux, les rencontres sont hasardeuses sur ces chemins de foi qu'arpentent marcheurs de tous pays et de toutes langues. Une sorte de cadence commune parvient pourtant à nouer les existences, pour quelques jours ou plus, autour d'une même détermination, d'une même en-allée - et le pied peu à peu impose son rythme à l'écriture. Les villages de pierre et les paysages roulent au fil d'une pensée qu'inspirent souvenirs de lecture ou figures saintes, dans un tournis parfois heurté que finit par apaiser le seul exercice de la marche. Il s'agit alors, dans l'écriture comme sur le chemin de Saint-Jacques, de faire de l'épreuve de la désillusion ou de la meurtrissure la substance même de l'ouvrage à accomplir. Ce livre reproduit la première édition de La Ballade des pèlerins, parue au Mercure de France en 1993, et lui adjoint un avant-propos de l'auteur, inédit.
Le père Teilhard de Chardin est l'un des grands pionniers de la pensée chrétienne de notre temps. Il a consacré sa vie à définir la place de l'homme dans l'univers. Éloigné par l'Église, cet éminent jésuite a passé plus de vingt ans à explorer la Chine, y menant à bien ses recherches géologiques et paléontologiques sur les origines de l'homme. Il y a mis au point sa théorie de l'évolution de l'humanité vers une spiritualisation progressive de la matière, centrée sur la personne du Christ.Édith de la Héronnière est partie jusqu'en Chine sur les traces de ce grand voyageur, habité par une foi inlassable et doué de talents multiples - car, on l'oublie trop souvent, il fut aussi un poète de la terre et un écrivain fécond. Elle nous révèle l'existence d'une bouleversante amitié avec une artiste américaine. Elle dégage enfin les grandes lignes de la mystique inscrite au coeur de la pensée de Teilhard de Chardin.
Le corpus des 149 lettres de Kafka A Milena est ici restitué pour la première fois dans son intégralité et dans sa véritable chronologie, suivant le tout récent établissement du texte original en allemand. Cette nouvelle traduction s'efforce de se tenir au plus près de la langue de Kafka : sèche, précise, rythmée, évitant soigneusement de "faire du style". Traces de l'"amour de loin" de Franz Kafka et Milena Jesenskâ, ces lettres inscrivent l'intensité de leur passion fulgurante, faite de manque, d'attente, de quelques éclairs de bonheur et, surtout, de peur. A Milena n'est pas une simple correspondance, c'est un objet littéraire fascinant, central dans l'oeuvre de Kafka et indispensable à sa compréhension.
Une terrasse : cette journée où les détails se pressent en terrasse, où le bruit d'une pierre qu'on frotte annonce des éclats d'écriture que tu disposes sur les surfaces voisines, cette surface mince de carte à jouer je l'ai prise une fois pour m'envelopper, voilà cette journée est une carte à jouer je m'enveloppe avec, peut-être que ça me fait un peu tituber.
Il n'y a d'éthique que des vérités. Ou plus précisément : il n'y a que l'éthique des processus de vérité, du labeur qui fait advenir en ce monde quelques vérités. L'éthique doit se prendre au sens supposé par Lacan quand il parle, s'opposant ainsi à Kant et au motif d'une morale générale, d'éthique de la psychanalyse. L'éthique n'existe pas. Il n'y a que l'éthique-de (de la politique, de l'amour, de la science, de l'art).