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Le labyrinthe de jardin ou l'art de l'égarement
La Héronnière Edith de
KLINCKSIECK
24,99 €
Épuisé
EAN :9782252037324
Longtemps le labyrinthe d'Occident, intégré dans l'espace sacré de l'église, y représentait le parcours du pèlerinage à Jérusalem, raccourci symbolique pour tous ceux qui n'avaient pas la capacité physique de se rendre jusqu'aux Lieux Saints. A la fin du Moyen Age, quittant l'espace de l'église, il devint un élément de l'art du jardin de la Renaissance, en particulier en Italie. Zone d'inquiétude physique, il devait aussi introduire dans l'architecture du jardin une interrogation métaphysique. Le labyrinthe de jardin, s'il peut passer pour un jeu, dispense aussi un malaise rappelant, dans l'inconscient collectif, l'univers de la forêt primitive: y pénétrer n'est pas sans risque et le jeu peut facilement tourner à la panique. Il pose la question du pourquoi de ces zones inquiétantes au sein de merveilleux jardins destinés à la détente et, par extension, il interroge sur la nécessité qu'a toujours eue l'homme de se perdre pour mieux se trouver. Cet essai tente de montrer comment la forme labyrinthique peut servir de support à la réflexion philosophique par nature inquiète, mettant en lumière l'importance du jeu et de l'égarement dans le parcours du labyrinthe et amenant à dégager une philosophie du ou au jardin, dont Le Songe de Poliphile est le plus bel exemple.
Résumé : " Pourquoi la Sicilia ? Serait-ce seulement a cause de son nom et des envoûtements qu'il évoque ? Pour la grâce des trois " i " qui la rythment et sonnent comme un tintinnabulum de cloches dans la montagne ; pour la vivacité des consonances, leur enchaînement, leur rondeur et leur chaleur ? Dans son nom, j'entends des sabots de chèvres sur les rochers, des cloches de chapelles romanes ou même la sonnaille accrochée au cou d'un pauvre corbeau. Dans son nom, je vois de l'or, celui des blés, à perte de vue en grands adossements sous le ciel implacable. Je vois aussi l'Orient jusqu'à Byzance et jusqu'aux Indes. Indomptable au milieu de la Méditerranée, la Sicile a nourri les rêves des voyageurs. Dans son nom, je vois un vert tendre, simple, recouvrant le sol d'une grande caresse pleine de consolation. Je vois aussi du noir : un appel vers la terre et les entrailles du monde. Mais ce n'est pas seulement cela... "
Il est lisse et d'une sérénité parfaite, de ce recueillement intense précédant le mouvement. Que peut-on en attendre, sinon un éclatement, la dilatation des forces qu'il contient. Mais on ne sait par quel bout le prendre. Est-il debout ? Est-il couché ? Comment savoir ? D'ailleurs, quelque chose dit qu'il n'est pas à prendre. Il vous glisserait entre les doigts faute de prise, faute d'angles. Ainsi posé dans l'herbe verte d'un printemps pluvieux, il fait l'effet d'un miracle pascal. Quel prestidigitateur l'a installé là ? Immobile, insaisissable, plain-silence. Ovale blancheur, énergie en devenir, intériorité à l'état pur. Le contempler s'impose.
Lorsque Maupassant visitait la Sicile en 1890, il se disait étranger et n'en avait pas honte. L'étranger passe, il vient de l'extérieur et s'en retourne là-bas. Il passe sans laisser de traces, tout comme le voyageur, légèrement, il traverse, et sa manière de le faire doit avoir du style. Etre étranger est un art, être touriste est un état, une manière d'encombrer les lieux sans y être vraiment : "Le tourisme consiste à transporter des gens qui seraient mieux chez eux dans des lieux qui seraient mieux sans eux." Tandis que le sel du voyage est cette approche fervente et solitaire de l'espace où l'on se trouve, qu'il s'agisse de l'ici ou de l'ailleurs. Etranger, c'est la disposition d'esprit la plus proche du réel pour nous autres, humains, toujours extérieurs, toujours passants momentanés, en route pour je ne sais quelle destination fatale, sachant qu'à tout moment peut se produire une rencontre et qu'alors nous serons bouleversés, mais qu'il faut être prêts.