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La Gruyère dans le miroir de son patrimoine. Tome 1, Des armaillis et des ouvriers
Mauron Christophe ; Raboud-Schüle Isabelle
ALPHIL
19,00 €
Épuisé
EAN :9782940235773
Dès le XVe siècle, l'exportation du fromage est un élément central de l'économie de la Gruyère. Sa production commence sur les pâturages d'altitude où les vaches laitières sont menées pour l'été. Dans les chalets, le lait est transformé en fromage à pâte dure, puis les meules sont redescendues pour être affinées dans des caves. Les marchands de fromage prennent ensuite en charge son exportation. Au XVIIIe siècle, ce commerce est principalement dirigé vers Lyon. Cette spécialisation dans l'élevage a entièrement dessiné le paysage actuel de la Gruyère. Outre le commerce du fromage et l'agriculture, on observe une diversification des activités économiques dès la fin du XVIIIe siècle. Ce développement industriel reste fortement lié au terroir façonné par l'économie fromagère : transformation du lait et des produits agricoles, verre, bois, paille et tourisme. Le canton de Fribourg s'industrialise tardivement par rapport à d'autres régions de Suisse ; les succès rencontrés par la production fromagère n'incitent pas au changement. En outre, les élites politiques se montrent plus favorables à la rente foncière et au développement de l'agriculture qu'à l'essor du commerce, de la finance et de la production mécanisée. Il faut attendre les mesures politiques prises dans les années 1960 et l'arrivée de l'autoroute en 1981 pour que la structure économique se modifie.
Un certain nombre d'images de la Gruyère sont aujourd'hui de véritables icônes au niveau national et au-delà : l'armailli, la vache, le château médiéval et la colline de Gruyère, la poya (montée à l'alpage), les paysages verdoyants de la région. Du XVIIIe siècle à nos jours, la diffusion de ces figures emblématiques a été assurée par différents canaux : dessinateurs et graveurs proposent aux voyageurs des paysages pittoresques et des habitants vêtus à la mode locale ; le passé médiéval inspire les poètes, les écrivains et les peintres ; de grands spectacles commémoratifs et patriotiques célèbrent la vie alpestre ; musées et associations font revivre les traditions ; la carte postale, l'affiche, le cinéma, la radio et la télévision multiplient les images à l'infini. En parallèle, les nouveaux moyens de communication diffusent la culture suisse et internationale dans la région.
Résumé : Un vieil infirme fatigué traverse le village à bicyclette pour rejoindre son ami de toujours à l'ombre d'un vieux chêne. Henri Rozès se remémore son enfance, les déménagements successifs et enfin la mobilisation pour le front dans cette seconde guerre mondiale meurtrière. Mais avant de prendre son quart, en guise de préambule à l'horreur, il doit traverser une pluie de fer et de sang...
Entre 1850 et 1930, plus de 40000 Suisses émigrent en Argentine. Un millier d'entre eux s'installent à Baradero, dans la province de Buenos Aires. Cette colonie agricole, fondée en 1856 par quatre familles fribourgeoises du district de la Veveyse, rassemble vers 1860 des colons d'origine valaisanne, vaudoise, neuchâteloise, bernoise, bâloise, lucernoise et zurichoise. Qu'advient-il des "Fils - et des Filles - de Tell" à 15000 kilomètres du sol natal ? Malgré la distance, les émigrés manifestent un amour peu commun pour la "Mère-Patrie" ; sous l'égide de la Société Suisse de Baradero, fondée en 1892, ils lui vouent un véritable culte. Les manifestations les plus marquantes de cet helvétisme exotique sont le 600e anniversaire de la Confédération (1891), l'inauguration de la Maison Suisse (1899) et la Fête du Grütli (1907). Dès la première moitié du XXe siècle, cependant, l'exaltation de la terre d'accueil prend le pas sur celle de la terre d'origine. Soucieuses de cohésion nationale, les autorités de Buenos Aires encouragent ce processus d'intégration. Ainsi, lors du cinquantenaire (1906) et du centenaire de la colonie (1956), les officiels et la presse présentent les émigrés suisses comme les "fondateurs de la nation". Baradero devient "le Berceau de l'Agriculture Nationale". Le cas particulier de Baradero illustre un phénomène dont l'ampleur reste très largement sous-estimée : l'émigration massive des Suisses au XIXe siècle. Surtout, cette colonie apparaît comme un passionnant laboratoire des identités nationales. Enrôlés tour à tour sous les bannières de l'Helvétie et de l'Argentine, les Suisses de Baradero éprouvent les contradictions de l'émigration, entre patriotisme nostalgique et nécessaire intégration.
Au Moyen Age, du Xe au XVIe siècle, le comté de Gruyère s'étend sur les régions actuelles du Gessenay (BE), du Pays-d'Enhaut (VD) et d'une partie du district de la Gruyère actuelle. De 1244 à 1536, le comte est vassal de la Savoie, dont la capitale est Chambéry. Survivance de la féodalité, le comté est mis en faillite en 1555 et absorbé par les républiques patriciennes de Fribourg et de Berne. Avec la conquête du pays de Vaud en 1536, cet épisode marque la perte d'influence de la Savoie face aux Confédérés dans la Suisse occidentale du XVIe siècle. Les anciens territoires des comtes sont répartis en baillages. Le régime patricien de Fribourg, face aux armées françaises, s'effondre en 1798 ; la ville de Bulle et la région qui l'entoure, favorables aux idées révolutionnaires, souhaitent être rattachées à la République lémanique. Elles restent cependant fribourgeoises et sont inclues en 1803 dans un découpage en quatre arrondissements. Au terme de la guerre civile du Sonderbund, le canton de Fribourg se retrouve dans le camp des perdants. L'année 1848 marque la naissance de la Suisse moderne, avec Berne comme capitale ; elle voit aussi la création du district actuel de La Gruyère, dont Bulle est le chef-lieu. Face au libéralisme fédéral, un régime catholique conservateur se met en place dans le canton de Fribourg des années 1880. C'est la République chrétienne, une alliance entre le clergé et l'Etat qui perdurera jusqu'au milieu du XXe siècle.
Sur les hauteurs de la Riviera vaudoise se dresse le Palace de Caux, siège d'un mouvement international répondant au nom mystérieux de " Réarmement moral " s'apprêtant à fêter ses huit décennies d'existence. Des élites de tous bords y convergèrent en masse dès 1946 pour assister à ses conférences annuelles. Qui formait la nébuleuse de ce cercle porté par un réseau de bénévoles consacrant leur vie à " changer le monde " ? Comment qualifier ce qui ne fut ni un nouveau mouvement religieux, ni une organisation politique ? Quelles furent ses activités et comment expliquer sa pérennisation ? Brassant des millions durant un âge d'or encore mythifié, le RAM est resté dans les mémoires pour son anticommunisme. A partir d'archives inédites croisées avec des entretiens de sympathisant·e·s, cet ouvrage analyse ses mécanismes de pérennisation comme les expressions de la pensée d'un mouvement devenu aujourd'hui l'ONG Initiatives of Change. Une première partie du livre dissèque les influences qui traversent l'idéologie de Troisième voie (méthodisme, personnalisme, libéralisme économique et conservatisme moral) et les procédés systématiques du mouvement. Les formes et les stratégies discursives de la propagande qu'il met en place après la mort de son fondateur sont l'objet de la seconde partie. Le RAM adapte son agenda à celui du reste de la société : face à l'activisme des milieux progressistes des années 1960, il élabore une " contre contre-culture " destinée à la jeunesse ainsi que des écrits antiféministes. La chute du Mur lui donne un nouveau souffle, avec des missions en ex-URSS et la promotion d'une justice restauratrice.
Le 3 mai 1842, l'un des tout premiers hôtels de luxe de la Riviera est inauguré sur les rives du Léman : l'Hôtel des Trois Couronnes, à Vevey. Gabriel Monnet, son fondateur, est alors loin d'imaginer les soubresauts de l'Histoire, les progrès techniques, la révolution des transports et l'explosion du tourisme que connaîtront les siècles à venir. Comment son établissement a-t-il réussi à demeurer jusqu'à aujourd'hui l'un des prestigieux fleurons de l'hôtellerie helvétique ? Cet ouvrage vous révélera tous les secrets de sa passionnante histoire. Bienvenue à l'Hôtel des Trois Couronnes !
Localisé à l'extrémité orientale du lac de Neuchâtel, dans un ancien bras de la rivière la Thielle, le site de La Tène a été découvert en 1857 lors de la " fièvre lacustre ". Il a fourni près de 5'000 objets principalement liés à l'armement, mais aussi à la parure ainsi qu'aux activités domestiques et artisanales. Daté de la transition entre le 3e et le 2e siècle avant J.-C., le gisement devient, dès 1874, le site éponyme du Second âge du Fer (480-30 avant J.-C.). Cet ouvrage présente l'approche fonctionnelle des 58 outils en fer à vocation artisanale du site conservés dans les collections du Laténium, parc et musée d'archéologie de Neuchâtel (Hauterive). Le corpus comprend une majorité de petits outils (ciseaux, pointes et gouges), des haches, des scies, un marteau et des indéterminés. Les viroles ont été incorporées à ce corpus car elles renvoient aux systèmes d'emmanchement utilisés, au même titre que les manches d'outils. Le " faciès " de l'outillage de La Tène se distingue par une surreprésentation des haches et une sous-représentation des outils généralement voués au travail des métaux (marteaux, tas, pinces, limes). La présence d'outils complets n'ayant pas subi de destructions volontaires renvoie aux phénomènes des dépôts laténiens. Il peut s'agir de dépôts d'outils " exogènes ", considérés comme des " offrandes " ou d'outils ayant participé à la création, au fonctionnement et à l'entretien du site ou de son mobilier, les deux cas ne s'excluant pas.
A l'occasion de sa nouvelle exposition permanente, le Musée d'art et d'histoire de Neuchâtel interroge ses collections et les fait dialoguer à travers le prisme du mouvement, une notion à la fois individuelle et universelle. Un éclairage inédit et interdisciplinaire est proposé au public par un questionnement pluriel. Quels sont les profils et les motivations des personnes migrantes ? Quels rôles jouent les guerres et le négoce international dans les déplacements ? Quelle est la nature des biens produits et les stratégies mises en oeuvre pour les exporter ? Quels sont les liens entre les réseaux commerciaux et la traite négrière ? Que cherchent les artistes sous des ciels lointains ? Quels obstacles rencontrent les migrants et migrantes dans leur quotidien ? Un parcours au fil des petites et grandes histoires où se reflètent mémoire et richesse des destinées. L'ouvrage collectif réunit les textes d'exposition rédigés par les conservatrices et conservateurs du Musée. Il livre une vaste sélection d'objets qui nous saisissent par leur beauté, la maîtrise technique de leur créateur ou leur histoire. Placés dans un contexte mondial, ces objets permettent d'établir des liens avec les enjeux contemporains, comme le débat mémoriel autour du passé colonial de la ville de Neuchâtel. Le questionnement s'étend ici jusqu'à l'espace public et témoigne de la nécessité du Musée de refléter un monde en mutation.