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LA CIGARETTE SANS CRAVATE
SIMON ROLAND
SENONEVERO
10,00 €
Épuisé
EAN :9791090906044
Au cours des émeutes de 2008, les deux fractions de la petite bourgeoisie, la moderne et la traditionnelle, étaient unies derrière la police contre les pratiques du prolétariat des chômeurs, des précaires, des travailleurs immigrés du secteur informel, ne leur manifestant qu'une sympathie idéale. En 2011, la "crise de la dette" si savamment construite par les grandes familles bourgeoises grecques avait assommé toute la société, les classes moyennes "indignées" rejoignirent le prolétariat sur les places, mais déjà elles avaient pris l'ascendant sur lui : il ne s'agissait plus que de peuple, d'injustice, de distribution, de crédits et de revenus. La crise était devenue celle de l'oppression étrangère, de la légitimité de l'Etat, elle était devenue une affaire nationale. En février et juillet 2012, tandis que les émeutes prolétariennes brillaient de leurs derniers feux, sous le nom de Syriza prenait corps une perspective et une alternative politique qui retravaillait dans ses termes propres toutes les caractéristiques de la crise en cours. La succession des défaites auxquelles avaient contribué Syriza fut alors la condition de son irrésistible ascension électorale par le ralliement de la boutique et de la parcelle paysanne. Dans les nuits d'émeutes de 2008, c'est la lutte de classe dans toute sa radicalité actuelle qui fait de l'appartenance de classe sa propre limite qui a été repoussée et écrasée, mais elle hante, telle un spectre, les actes suivants du drame. La gauche réaliste et responsable, celle qui a comme programme impossible la reconnexion de la valorisation du capital avec la reproduction de la force de travail, s'annonce quant à elle dans les grands rassemblements de 2011 et le ralliement de l'entrepreneur et du boutiquier. La première semaine de juillet 2015, avec la fermeture des banques, elle s'est évanouie. Chaque fois le prolétariat était présent, chaque fois il fut vaincu, d'abord en son nom propre, puis au nom de toutes les couches qui s'élèvent au-dessus de lui.
Adaptation en BD du célèbre roman de Simone-Schwarz-Bart. Chacun de nous reçoit un don en venant sur la terre. Ti Jean L'horizon, souviens-toi du souffle rafraîchissant de ta tendre Egée. Hélas, la Bête l'a avalée, après avoir englouti le soleil ! C'est le moment d'emprunter ton propre chemin, Ti Jean. Quitte les ténèbres de Fond-Zombi, entre dans la gueule de la dévoreuse des mondes. Tu y découvriras un pays étrangement familier, celui de tes ancêtres...
Résumé : Architecte et décorateur belge, Jean-Baptiste Bethune (1821-1894) est considéré aujourd'hui comme l'un des chefs de file de l'école néogothique en Europe. Animé d'une grande piété et fortement inspiré par le style gothique flamand, l'architecte cherche à faire revivre l'esthétique du monde chrétien médiéval, persuadé que ce renouveau pourrait inspirer une nouvelle société, profondément chrétienne. Remarquable expression d'un art total réalisant la synthèse entre architecture, peinture, vitrail, lustrerie et mobilier, l'église Saint-Joseph de Roubaix témoigne de la vision avant-gardiste de l'architecte, fondée sur le dialogue entre sobriété extérieure et luxuriance intérieure. Depuis son inscription à l'inventaire des monuments historiques en 1993, elle fait l'objet d'une restauration dont la mairie de Roubaix est maître d'oeuvre. Autre réalisation emblématique roubaisienne, le couvent des Clarisses révèle un aspect différent du style de l'architecte, plus sobre et propice à l'expression piétiste. En donnant la parole aux acteurs passionnés par le travail de valorisation de ces deux oeuvres (associations de sauvegarde, mairie, diocèse, historiens de l'art, architectes...), ce livre permet d'apprécier la pensée et le rayonnement du baron Bethune en son temps. Dans son introduction, le grand spécialiste de l'architecture gothique qu'est Roland Recht, éclaire la période de l'histoire culturelle du XIXe siècle qui voit se développer l'esthétique néogothique.
C'est la sécheresse, l'eau se fait rare au pays du roi Léon qui s'est approprié l'unique source du pays et qui maintient ainsi le peuple sous son emprise, en rationnant le précieux liquide. Mais hors les murs de la ville, un couple de potiers fera naître la petite Marie-Onde aux dons insoupçonnés. Un conte allégorique, magnifiquement interprété par Simon Gauthier dans une langue débridée, aussi imagée qu'inventive, une langue à la fois fougueuse, facétieuse et délicatement poétique.
Le démocratisme radical défend l'action citoyenne, la démocratie directe ou participative, la maîtrise de nos conditions d'existence, défend l'état, état social et l'état-nation pour certains, simplement "régulateur" pour d'autres. Il lutte contre le primat et la "sauvagerie" de l'économie, la mondialisation libérale, la suprématie de la finance. Il regrette l'époque où le capitalisme était si beau sous le keynésianisme et le service public. Enfin, il veut construire une alternative au capitalisme qu'il appelle "libéralisme" ou "mondialisation" . Il veut un capitalisme "réel" , avec des usines où se rencontrent de vrais travailleurs et de vrais investisseurs si conscients de leur responsabilité sociale que l'on ne pourrait plus les appeler "capitalistes" . Il rêve d'entrepreneurs-citoyens dans des entreprises-citoyennes exaltant le labeur de travailleurs-citoyens sous la tutelle bienveillante et protectrice de l'état démocratique-participatif régulant la distribution équitable de la plus-value citoyenne. Il fréquente les couloirs des ministères et les cours des squats. Il propose son expertise aux grandes organisations internationales et anime les campings anarchistes. Une seule chose l'effraie, que le prolétariat abolisse l'état, la démocratie, le capitalisme (productif) donc se nie, car il aime le travailleur en tant que travailleur et la plus-value en tant que surtravail. Il aime l'exploitation car il aime tant la lutte des classes qu'il voudrait qu'elle ne prenne jamais fin, c'est sa raison d'être, c'est le mouvement perpétuel de l'alternative et de la critique sociale. Il ne serait que pathétique et ridicule s'il n'était en réalité un élément efficace, incontournable, ancré dans le nouveau cycle de luttes du prolétariat contre le capital comme la formalisation de toutes ses limites et n'anticipait pas la prochaine contre-révolution qui sera son achèvement, sa réalisation et sa propre disparition (élimination). Il a ses héros : le sous-commandant Marcos, José Bové, et maintenant Chavez, son gourou théorique : Pierre Bourdieu. Il a ses lieux de mémoire : la forêt Lacandona, Seattle, Millau, Porto Alegre. Il n'est pas une spécialité française mais un mouvement mondial. Ce petit livre est destiné à tous ceux que cette pensée molle excède et à qui elle donne des poussées d'adrénaline. Mais une critique simpliste et parfois moralisatrice, opposant la vérité à l'erreur, ne voit dans tous les thèmes énumérés que des "idéologies trompeuses" et conforte ses auteurs dans leur radicalisme satisfait et impuissant. Il ne s'agit pas d'interpréter le démocratisme radical comme une erreur Il est une force sociale réelle, spécifique au cycle de luttes actuel et au mode de production capitaliste tel qu'il est maintenant restructuré dans cette seconde phase de la subsomption réelle du travail sous le capital.
Comment le prolétariat agissant strictement en tant que classe peut-il abolir les classes ? est la question fondatrice de toute réflexion théorique. La lutte des chômeurs et précaires de l'hiver 1997-1998 en France, a défini le chômage et la précarité au coeur du travail salarié, sa potentielle caducité était devenu le contenu même de la lutte des classes. Cette lutte permet d'aborder la question comme une question pratique de notre horizon historique, comme cours et enjeu de la lutte de classes dans ce cycle de luttes. Une activité de classe peut aller au-delà des classes. Avec la restructuration maintenant achevée du mode de production capitaliste, le prolétariat produit tout son être, toute son existence, dans le capital, plus aucune confirmation d'une identité prolétarienne dans la reproduction du capital n'est possible. La contradiction entre les classes se situe au niveau de leur reproduction, ce qui définit la capacité pour le prolétariat d'abolir le capital, de s'abolir lui-même. Ce cycle de luttes est alors la résolution pratique des limites et des contradictions de toute l'histoire passée de la lutte de classe, c'est-à-dire du programmatisme : la révolution comme montée en puissance et affirmation du prolétariat s'érigeant en classe dominante, même pour se nier ensuite. Le démocratisme radical et l'alternative sont la formalisation de toutes les limites de ce cycle. Contenu de la contradiction entre les classes, la reproduction du capital est devenue la dynamique et la limite intrinsèque de la lutte du prolétariat. La disparition de l'identité ouvrière ne nous laisserait comme avenir que le capitalisme à visage humain, la critique du libéralisme, la prise en mains de notre travail, de notre environnement, l'activité citoyenne. La recherche d'une identité et d'un programme prolétarien face au capital ne fait qu'entériner sa reproduction dont les prolétaires pourraient avoir le contrôle par une organisation sociale dont ils seraient les maîtres. C'est alors la question de la relation entre les luttes actuelles et la révolution qui doit à nouveau être posée. Si la révolution et le communisme sont bien l'oeuvre d'une classe du mode de production capitaliste, il ne peut plus y avoir transcroissance entre le cours quotidien de la lutte de classe et la révolution, celle-ci est un dépassement produit dans le cours de la contradiction entre les classes, l'exploitation. La révolution communiste est communisation des rapports entre les individus qui se produisent comme immédiatement sociaux. Au-delà de l'affirmation du prolétariat, c'est toute la théorie du communisme qui est à reformuler contre les limites inhérentes à ce cycle de luttes que sont le démocratisme radical et les pratiques alternatives, mais aussi contre toutes les théories qui font leur deuil du programmatisme au nom d'un humanisme théorique, de la critique du travail pour lui-même, ou de celle de l'économie.
Ici un territoire se dessine, des critiques de gauche de la social-démocratie à l Internationale situationniste en passant par la Gauche germano-hollandaise; la Gauche dite italienne et les multiples groupes et publications qui en sont issus; Socialisme ou Barbarie et sa descendance; le communisme libertaire avec Noir et Rouge. Territoire théorique pour une histoire qui ne serait pas générale, mais critique. La révolution et le communisme, pour l Ultra-Gauche, étaient la libération du travail et l affirmation du prolétariat, comme classe dominante, mais toutes les médiations rationnelles et pratiques, conduisant à ce but, sont critiquées et supprimées: syndicats, partis de masse, parlementarisme, critique même de l intervention dans la lutte de classe. Tout y est suspendu à une mystique de l autonomie (comme contenu de la révolution)/auto-organisation (comme forme) ou du Parti, qui doit être la révélation de l être véritablement révolutionnaire du prolétariat, faisant exploser son existence de classe. Une relation incontournable existe entre l existence du prolétariat, comme classe de ce mode de production, le capitalisme, et cet être révolutionnaire dont l Ultra-gauche attendait la libération; relation qu elle a échoué à comprendre et à théoriser. Pourtant, elle nous a suggéré que la révolution n était pas l affirmation de la classe telle qu elle existe, tout en la comprenant comme l affirmation d une nature révolutionnaire propre: c était là sa dynamique et sa contradiction, et par là, elle nous a amenés jusqu au point où nous pouvons la quitter.