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La mélancolie des barbares
Kwahulé Koffi
THEATRALES
15,00 €
Épuisé
EAN :9782842606244
Dans une cité étrange, un homme d'âge mûr a été nommé komissari pour remettre de l'ordre au sein de trafics en tout genre. Il épouse Monique, une femme beaucoup plus jeune que lui, qu'il rebaptise Baby Mo et à qui il impose le port du voile pour l'exclure "de la souillure du monde". Sous la coupe de ce "protecteur" aimant autant que violent, elle continue pourtant à oeuvrer pour Zac, un jeune dealer dont elle est secrètement amoureuse, devenu le fils spirituel de ce flic paradoxal. Koffi Kwahulé expose tous les ressorts de la violence contemporaine pour construire une montée dramatique forgée par une langue lyrique et crue, qui amène lecteurs et acteurs vers l'inexorable tragédie. Tous les milieux sociaux sont visés et concernés par cette tension : l'auteur se plaît à fausser les pistes pour mieux casser les clichés. Et loin de viser une esthétisation de la barbarie quotidienne qui risquerait de la banaliser, il use des codes du polar, mâtinés d'humour. pour livrer un poème dramatique puissant et rare.
Quelque part en Afrique, un groupe de femmes, Les Recluses, décide de se parler, première étape pour briser ensuite un silence imposé. Car elles ont en commun la blessure du viol de guerre. Par cette violence, tout s'est renversé : un voisin ou un juge sont devenus complices ou bourreaux ; certaines cachent ce qu'elles vivent comme une souillure à un futur mari ; d'autres travestissent la réalité pour contenir la folie d'un époux. Pourtant, c'est bien l'amour qui ouvre cette histoire. Et c'est encore un hymen célébré dans l'euphorie qui la clôt. Non que Koffi Kwahulé minimise la réalité qu'il montre à l'aide de témoignages. Mais il dégage ces situations dramatiques de tout pathos, s'autorise même l'humour. Il propose une pièce flamboyante, à l'écriture caressant une oralité indomptable, à l'image de ces femmes. Un texte dont on ne ressort pas indemne.
On ne sait jamais trop quand défilera le carnaval chinois dans le quartier de Saint-Ambroise. C'cfit en tout cas l'hiver, un jour de janvier ou février. Un jour comme les autres pour Ezéchiel qui, depuis la mort de son père, occupe les longues journées qu'il ne passe plus au lycée en fantasmes flamboyants et débridés. Ezéchiel qui, de que§tions sans réponses en désirs sans fond, s'épuise à comprendre un monde qui se dérobe. Tandis que l'insaisissable Melsa Coën prend peu à peu, dans ses rêveries, la place d'une mère absente à tous comme à elle-même. Seule sa soeur maintient le lien comme elle peut, continuant pour Ezéchiel le récit de sa vie au loin, perchée "dans une cabane dans les arbres". C'elt pourtant ce jour-là, au son des gongs et des cymbales, que choisit le fune§te Demontfaucon, alias Nosferatu, pour revenir prêcher sa haine... Dans ce roman écrit avec l'énergie syncopée de l'improvisation, tout commence dans le grand balancement du désir et de la répulsion qui porte les personnages de cette nouvelle dramaturgie urbaine.
Perversion, harcèlement, domination. Aucun milieu social n'échappe à la violence faite aux femmes. Dans cette pièce, une relation mortifère règne au sein de deux couples et les attache jusqu'à la tragédie finale. Koffi Kwahulé écrit avec Nema un mythe d'aujourd'hui servi par une langue puissante, inspirée du profond et saisissant troisième mouvement de la Symphonie n°3 de Gérecki, Lento, cantabile semplice, qui étreint l'âme et la chair. Son théâtre, engagé, est conçu comme un moyen de dire le monde et de mettre au jour nos zones d'ombre. Saisissant. Ce dramaturge phare de la littérature et de la scène contemporaines offre une fois encore aux actrices et aux acteurs de sublimes partitions.
La Dame du café d'en face, comédie écrite sous le signe du fou rire, et Jaz, monologue tragique dont la beauté appelle le couteau, ont en commun la splendeur de la langue. Une langue à la fois parlée et écrite, charnelle et poétique, action et silence. Une langue caméléon qui sait s'adapter aux situations, fluide et limpide. Avec ses personnages en creux, "corps innocents où le monde vient s'inscrire avec toute l'ampleur de sa violence".
Des pluies diluviennes se sont abattues sur un petit village isolé. La vague de boue a éventré la salled'écriture, où des habitants se réunissaient pour recueillir les souvenirs; depuis l'exode de leurs enfants, ils avaient écrit leur histoire. Maintenant, tout est à refaire. Secondé par Danny-l'Enfant-Seul, l'unique enfant demeuré sur place, Samuel entreprend d'immortaliser l'?uvre de son groupe d'écrivains au moment même où ceux-ci s'apprêtent à l'abandonner. "Nos cultures et nos mémoires sont comparables à ces vieillards qui luttent contre une disparition inévitable. Un monde se meurt... De quoi sera fait le prochain?", interroge Michel Marc Bouchard. Un texte émouvant, une réflexion sur la mémoire et l'écriture, avec l'humour et la poésie que l'on connaît à l'auteur des Muses orphelines.
Grosse patate est le surnom qu?on lui donne à l?école parce qu?elle mange tout le temps surtout quand elle s?ennuie. Elle, elle sait qu?elle est ronde et douce. Dans sa classe il y a Rosemarie la timide, sa meilleure amie, Rémi son souffre-douleur trouillard comme une fille, Hubert qui est très beau et très bête et dont tout le monde est amoureux. La maîtresse se fâche quand elle s?aperçoit qu?on maltraite Rémi, elle se fâche aussi lorsque Rémi, qui ne se laisse plus faire, devient général d?une armée secrète pas si secrète que ça. Grosse patate essaie de comprendre le monde à travers des exercices de maths où il ne faut pas multiplier les tomates et les bananes et en regardant Rémi qui a une ombre de petite fille. Dans ses rêves elle rencontre l?Homme en noir qui l?aide aussi à mieux comprendre. Grosse patate raconte tout cela dans son journal, la tristesse, le bonheur, les interrogations, les adultes qui répondent toujours n?importe quoi. Elle préfère être Arakis le chat qui parcourt le monde que Narcisse qui reste collé à son miroir. Elle sait qu?elle va devenir grande. Ce texte, le premier de Dominique Richard, est drôle, cruel comme l?enfance et traite, sans avoir l?air de rien, de sujets graves comme l?amitié, l?amour, le deuil, la différence, dans une langue vive et inventive.
Ce n'est pas une pièce de théâtre ; ce sont des textes, des monologues, des histoires, des confrontations, des petites scènes dialoguées à deux, des fragments à dire, à jouer. Un peu comme les rifts d'une partition musicale... Des états, des attitudes, des émotions. Chacun peut se les approprier et le nombre d'acteurs n'est pas limité. Pas de suite logique dans les textes, pas de noms de personnages. C'est là dans une forme brute pour que chacun puisse mettre son univers dessus. Véritables écritures contemporaines, ces Chroniques 2 font suite aux Chroniques des jours entiers, des nuits entières. Elles se répondent et constituent une matière vive pour de nouvelles formes théâtrales.