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Quand la burqa passe à l'Ouest. Enjeux éthiques, politiques et juridiques
Koussens David ; Roy Olivier
PU RENNES
20,00 €
Épuisé
EAN :9782753528444
Une jupe, ce n'est qu'un bout de tissu" affirmait l'actrice française Isabelle Adjani alors qu'elle recevait en 2010 un prix pour sa prestation dans le film La journée de la jupe de Jean-Paul Lilienfeld. Un simple bout de tissu mais, poursuivait-elle, "qu'elle soit courte ou qu'elle soit longue, son symbole peut nous aider à gagner une bataille contre l'obscurantisme et contre la haine des femmes. Cette jupe, c'est justement l'anti-niqab. Cette jupe, c'est justement l'anti-burqa". Ce qu'Isabelle Adjani qualifie de simple bout de tissu se trouve investi d'une symbolique qui dépasse largement la banalité de ce vêtement ordinaire du quotidien. La jupe devient un symbole. Elle devient un rempart. Elle incarne les valeurs d'une société et se trouve opposée à cet autre bout de tissu, un bout de tissu extraordinaire cette fois: le "niqab", la "burqa", ou plus généralement le voile intégral. Le voile intégral est en effet porteur d'un contenu symbolique qui heurte certains principes moraux des sociétés occidentales. Longtemps associé au régime des talibans en Afghanistan ou à des pratiques radicales de l'islam en vigueur au Moyen-Orient, il représente une condition d'infériorisation insoutenable de la femme. C'est un bout de tissu à double épaisseur - culturelle et religieuse - qui suscite l'émoi et interroge la capacité des démocraties libérales à trouver des solutions juridiques et politiques légitimes et efficaces face à l'expression de convictions en porte-à-faux avec les valeurs de la majorité. Quelle place accorder aux droits fondamentaux face à la radicalisation de certaines pratiques religieuses? Le port du voile intégral nécessite-t-il des législations d'exception? Comment concilier la spécificité d'une identité culturelle partagée par tous avec la diversité des authenticités qui se rencontrent dans la sphère publique? Voilà autant de questions auxquelles cet ouvrage nous propose de réfléchir.
Affirmer que nous sommes au seuil d'une nouvelle époque dans l'étude scientifique du religieux au Québec serait sans doute exagéré. Quelques observations le suggèrent néanmoins : reconfigurations institutionnelles dont les effets demeurent difficiles à évaluer (fermetures de facultés et ouvertures de centres, écoles ou instituts), intérêt renouvelé pour l'objet religieux chez les universitaires qui n'identifient pourtant pas leurs travaux comme relevant des sciences des religions ou de la théologie, entrée en scène d'une génération de chercheurs ayant intégré un nouvel habitus professionnel (internationalisation des parcours, multiplication des publications, financiarisation de la recherche, etc.), actualité qui place certaines expressions du religieux au coeur des débats de société. Il y a là une situation à saisir et à comprendre. C'est cet objectif ambitieux que se sont fixé trente-neuf universitaires du Québec et d'ailleurs, en autant de thèmes qui tentent de circonscrire les transformations québécoises d'un champ d'études et de son objet religieux : évolution des institutions et des associations savantes, nouveaux enjeux épistémologiques, expressions socioreligieuses contemporaines, mises en comparaison internationales. Au terme de cet exercice en forme de bilan persiste une lancinante question : et si la fondation québécoise des sciences des religions demeurait inachevée ?
Koussens David ; Bucumi Guy ; Basdevant-Gaudemet B
N'est-il pas a priori incongru d'associer laïcité et protestantisme évangélique ? Si la dissonance semble en effet évidente, cette évidence mérite pourtant d'être mise en question. C'est à ce défi que répond cet ouvrage, bousculant les représentations préconstruites et révélant le rôle paradoxal d'accompagnement et de résistance que les protestants évangéliques ont joué dans les processus de sécularisation et de laïcisation de nombreux contextes nationaux (Suède, Mexique, France, Canada, Suisse, Liban, Brésil, Etats-Unis et Etats d'Afrique centrale). Comment les évangéliques ont-ils bénéficié de l'autonomisation des Etats modernes à l'égard d'Eglises établies pour mieux se développer ? Dans quelle mesure le renforcement d'Etats de droits protecteurs des droits et libertés leur a-t-il été favorable ? Et comment se positionnent-ils aujourd'hui par rapport à la dissociation accrue de la sphère religieuse et de la sphère civile ? Là sont quelques-unes des questions auxquelles cet ouvrage propose de réfléchir à partir de regards résolument pluridisciplinaires et transcontinentaux.
Au cours des débats sur la Charte des valeurs de la laïcité, qui ont animé le Québec d'août 2013 à avril 2014, la neutralité de l'Etat en matière religieuse et les conditions de sa mise en oeuvre ont été âprement discutées. Quels sont les enjeux autour desquels se cristallisent les tensions générées par l'application du principe de neutralité? Que font les Etats laïques en matière de régulation de la diversité religieuse pour établir des régimes de "reconnaissance" implicite? Et comment l'interaction entre acteurs religieux et Etat produit-elle des situations pratiques où ce principe est directement mis à l'épreuve? Ces questions ne se posent pas uniquement au Québec: des discussions similaires ont lieu dans d'autres contextes et appellent une mise en perspective de l'idée du Québec comme " société distincte ". Cet ouvrage donne un aperçu de la variété et de la complexité des trajectoires de la neutralité étatique pluraliste avec des études de cas ancrées dans différents espaces nationaux et des analyses issues des sciences sociales. humaines et juridiques.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.