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Le Lai du cor et Le Manteau mal taillé. Les dessous de la Table Ronde
Koble Nathalie
ULM
20,30 €
Épuisé
EAN :9782728803477
Une parenté formelle et thématique relie Le Lai du cor et Le Manteau mal taillé, deux récits arthuriens en vers de la fin du XIIe siècle. Ceux-ci constituent les premières manifestations littéraires connues d'un motif célèbre, le test de fidélité, qui a traversé la littérature européenne en s'adaptant à tous les genres. Jusqu'à La Fontaine qui, dans La Coupe enchantée, en propose une ultime version, transposée pour le public de cour du Grand Siècle. Grâce à un objet magique -ici cor ou manteau -, cette épreuve rend visible, par le biais d'un détail révélateur les pratiques adultères de ceux ou celles qui s'y soumettent. Bien qu'un improbable vainqueur soit parfois récompensé, le scénario exploite surtout les divers ressorts du comique. Equivoques, déplacements de registre, références parodiques et scènes pornographiques dévoilent au lecteur les dessous de la société courtoise. Arthur, Gauvain, Perceval... : chacun est tour à tour pris au piège. La féerie, l'aventure et l'héroïsme côtoient la trivialité, la tromperie et le ridicule. Si l'univers arthurien impose des procédés d'écriture empruntés à la littérature romanesque des XIIe st XIIIe siècles, le traitement poétique du sujet est bien différent d'un texte à l'autre : la mise en regard des deux histoires permet de révéler le " jeu " sur lequel repose la création médiévale, où la réécriture contribue à ouvrir un espace littéraire propre à chaque ?uvre.
Edition bilingue établie, traduite, présentée et annotée par Nathalie Koble et Mireille Séguy. Dans notre mémoire littéraire, l?apparition des lais narratifs bretons a fait deux fois événement: pour les auditeurs du XIIe siècle, qui en ont fait un succès littéraire, déterminant ainsi la constitution d?un genre qui a fait école, mais aussi pour nous, lecteurs contemporains, qui n?avons cessé, depuis leur découverte, de les éditer, de les traduire, d?en commenter l?énigmatique attrait. En proposant de lire côte à côte les lais de Marie de France et plusieurs lais anonymes, le présent volume voudrait faire apparaître la cohérence d?un corpus constitué sur plusieurs décennies. Choisis pour la richesse des résonances qu?ils offrent avec les lais de Marie, les cinq lais anonymes ici présentés bénéficient d?une édition et d?une traduction nouvelles. Les lais de Marie de France ont été traduits d?après l?édition de Jean Rychner, entièrement revue.
Résumé : Ecrites en français dans les années 1270, probablement par un franciscain de Venise, les Prophéties de Merlin du pseudo-Richard d'Irlande couronnent près d'un siècle d'écriture en prose. Ce texte protéiforme, à l'image des "muances" qui caractérisent les apparitions de Merlin dans les romans du XIIIe siècle, réfléchit les tensions inhérentes à l'écriture des cycles romanesques. Le texte est placé sous le signe de la métamorphose : sa tradition manuscrite, sa composition, ses procédés d'écriture travestissent la forme romanesque et donnent naissance à un roman, décentré et instable, qui joue de l'effet de cycle pour ouvrir la fiction arthurienne à d'autres espaces littéraires. Dernier roman du Graal, le récit affiche ses principes d'écriture : la parole prophétique, omnisciente, est transmise par un dispositif fictionnel complexe qui assimile l'héritage de Robert de Boron et de ses successeurs. Pour transformer le discours prophétique en roman, le prosateur érige la mise en écrit des oeuvres de Merlin en aventure et fait mourir prématurément son protagoniste, "entombé" dans une montagne magique : la voix prophétique, intarissable, reste enfouie, recueillie par une multitude de personnages qui parcourent les forêts en quête du tombeau ou se pressent dans l'atelier d'écriture pour y continuer le livre posthume. Leurs errances croisent les aventures des chevaliers arthuriens, déstabilisés par la folie dans laquelle a sombré leur roi, Lin moment dessaisi de sa fonction centralisatrice au profit d'autres modèles de souverain, d'autres terres de fiction. En faisant mourir le "Prophète des Aventures", le romancier se libère d'un langage univoque et livre la fiction arthurienne à une multiplicité de points de vue, au risque d'en bouleverser l'harmonie. Rivales du maître défunt, les fées du royaume incarnent les enjeux poétiques du roman en prose : dans les Prophéties de Merlin, la passation de pouvoir du prophète aux fées, du singulier au pluriel, de l'omniscient au fragmentaire, de l'autorité à la rivalité, révèle que l'écriture romanesque est inséparable de la polyphonie et de l'excès et laisse entrevoir l'ombre inventive du compilateur.
La tradition poétique de la Saint-Valentin est d'origine courtoise. Née au XIVe siècle en temps de guerre, en Angleterre puis en France, elle est d'emblée bilingue : sous la plume de Chaucer, John Gower, Christine d'Orléans ou Christine de Pizan, elle transpose dans la langue poétique le désir et la difficulté de l'échange, souvent avec impertinence. La circonstance amoureuse fait de l'activité poétique le lien qui soude une communauté où chaque voix s'exerce à la variation, thématique et formelle, pour dire, dans les formes du temps, " je t'aime... ", ou bien " ... moi non plus ". Cette " formule valentine ", associée au rituel du calendrier et à la fête collective, a eu de beaux jours devant elle : en Angleterre, plus discrètement en France, chez les poètes américains les plus novateurs, la Saint-Valentin nourrit une tradition poétique à la mémoire discontinue, qui traverse les époques, les continents et les styles. La présente anthologie met au jour cette tradition dans ses deux langues de naissance, pour en souligner les lignes de force, des origines à aujourd'hui. Cette anthologie confronte et entrelace des formes vernaculaires et la poésie la plus novatrice du XXe siècle. " Conformément à une formule qu'auraient trouvée les troubadours, aimer, c'est le dire - en poésie, sinon en chanson : la lyrique médiévale, en posant l'équivalence parfaite du sentiment et du chant d'amour, fait non seulement de la déclaration le moteur par excellence du poème, mais donne à la tradition poétique une définition haute, concentrée sur l'exigence formelle. Se déclarer, c'est poétiquement (s') inventer : tel est le sens exact de la fine amour et de son joi, jeu et joie qui font avant tout de l'expérience amoureuse une source d'expérimentation formelle. " Cet ensemble de poèmes nous renvoie directement aux travaux de Jacques Roubaud sur les troubadours et la modernité. Il nous rappelle également que la métrique du Moyen Age est une source d'inspiration essentielle de bon nombre d'auteurs français contemporains. La traduction des textes, anciens et contemporains (pour la plupart inédits) s'efforce de mettre en valeur les expériences formelles et les énigmes qui sont en jeu dans ces valentines, pour en saisir l'art de la circonstance et le trait d'esprit.
Les seize textes réunis dans ce volume visent à aborder l'histoire des pouvoirs dans l'espace français au cours des deux derniers siècles du Moyen Age de façon à la fois variée et précise : historiographie, iconographie, lexicographie, approche quantitative des phénomènes, étude voire édition de textes didactiques et de documents d'ordre diplomatique ou administratif... Les différentes méthodes appliquées par les historiens récents du fait politique reçoivent ici application et illustration. Les exposés synthétiques voisinent à dessein avec les enquêtes menées autour d'une controverse ou d'une péripétie particulière. Figurent aussi bien les conceptions et les représentations des pouvoirs que les mécanismes qu'ils utilisent et les pratiques auxquelles ils ont recours. Sans doute le pouvoir des rois de France, sa nature, son exercice, occupent-ils la première place mais les réactions individuelles ou collectives de leurs sujets, leurs attentes et leurs craintes ont largement retenu l'attention, tandis que se trouve souligné le rôle déterminant des princes, qu'ils appartiennent ou non à la maison de France. Indissolublement liées, quelques questions majeures se posent à propos du royaume de France à la fin du Moyen Age : quels pouvoirs ses souverains étaient-ils en mesure d'exercer ? Quel type de gouvernement s'efforçaient-ils de promouvoir ? Quels contre-pouvoirs, quel autre modèle les princes pouvaient-ils ou souhaitaient-ils leur opposer ? A ces interrogations, des éléments de réponse sont fournis, à partir d'approches originales.
Cuore ("C?ur"), que les Italiens appellent couramment Le livre C?ur, a été le texte le plus lu en Italie entre sa publication en 1886 et la fin des années 1960. Reconstituant les multiples événements d'une année scolaire vécue par des enfants de Turin, il a connu une immense fortune littéraire avant de susciter chez certains intellectuels comme Umberto Eco une profonde et spirituelle aversion. Depuis sa traduction incomplète et approximative en 1892, on ne disposait d'aucune édition critique intégrale en français de ce livre, dont la portée pédagogique et politique pour l'Italie de la fin du XIXe siècle est comparable à celle du Tour de la France par deux enfants sous la IIIe République, et qui permet d'appréhender l'alchimie rêvée des vertus individuelles, civiques et patriotiques dans l'Italie libérale et bourgeoise une génération après son unification. Lire Le livre C?ur aujourd'hui, que l'on soit captivé ou irrité par l'abondance des bons sentiments qui s'y expriment, c'est d'abord vouloir retrouver une société où les apprentissages personnels prennent leur sens en incarnant une communauté nationale idéale.
Cauvet Marion ; Perrissin Fabert Baptiste ; Agliet
De nombreuses initiatives citoyennes de monnaies locales et complémentaires ont vu le jour à travers le monde en réaction à la crise des subprimes de 2007-2008 et à l'impuissance des gouvernements à prévenir la débâcle financière et économique qui a suivi. Ces initiatives veulent répondre à une incompréhension généralisée du fonctionnement du système monétaire et financier. Une quarantaine de monnaies locales sont aujourd'hui en circulation en France, autant sont en projet. Des milliers de citoyens ont choisi d'utiliser d'autres monnaies que la seule monnaie centrale pour effectuer leurs transactions et leurs échanges. Ce livre présente un panorama à la fois conceptuel et historique des expériences monétaires pionnières dans un monde en perpétuel mouvement. Après avoir exploré les réussites mais aussi les limites des modèles actuels de monnaies locales, il analyse les différents leviers qui peuvent permettre la montée en puissance de ces initiatives décentralisées afin qu'elles deviennent des vecteurs de la transition écologique et sociale des territoires.