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Lais bretons (XIIe-XIIIe siècle) : Marie de France et ses contemporains
Koble Nathalie
CHAMPION
24,00 €
Épuisé
EAN :9782745320704
Edition bilingue établie, traduite, présentée et annotée par Nathalie Koble et Mireille Séguy. Dans notre mémoire littéraire, l?apparition des lais narratifs bretons a fait deux fois événement: pour les auditeurs du XIIe siècle, qui en ont fait un succès littéraire, déterminant ainsi la constitution d?un genre qui a fait école, mais aussi pour nous, lecteurs contemporains, qui n?avons cessé, depuis leur découverte, de les éditer, de les traduire, d?en commenter l?énigmatique attrait. En proposant de lire côte à côte les lais de Marie de France et plusieurs lais anonymes, le présent volume voudrait faire apparaître la cohérence d?un corpus constitué sur plusieurs décennies. Choisis pour la richesse des résonances qu?ils offrent avec les lais de Marie, les cinq lais anonymes ici présentés bénéficient d?une édition et d?une traduction nouvelles. Les lais de Marie de France ont été traduits d?après l?édition de Jean Rychner, entièrement revue.
Résumé : Ecrites en français dans les années 1270, probablement par un franciscain de Venise, les Prophéties de Merlin du pseudo-Richard d'Irlande couronnent près d'un siècle d'écriture en prose. Ce texte protéiforme, à l'image des "muances" qui caractérisent les apparitions de Merlin dans les romans du XIIIe siècle, réfléchit les tensions inhérentes à l'écriture des cycles romanesques. Le texte est placé sous le signe de la métamorphose : sa tradition manuscrite, sa composition, ses procédés d'écriture travestissent la forme romanesque et donnent naissance à un roman, décentré et instable, qui joue de l'effet de cycle pour ouvrir la fiction arthurienne à d'autres espaces littéraires. Dernier roman du Graal, le récit affiche ses principes d'écriture : la parole prophétique, omnisciente, est transmise par un dispositif fictionnel complexe qui assimile l'héritage de Robert de Boron et de ses successeurs. Pour transformer le discours prophétique en roman, le prosateur érige la mise en écrit des oeuvres de Merlin en aventure et fait mourir prématurément son protagoniste, "entombé" dans une montagne magique : la voix prophétique, intarissable, reste enfouie, recueillie par une multitude de personnages qui parcourent les forêts en quête du tombeau ou se pressent dans l'atelier d'écriture pour y continuer le livre posthume. Leurs errances croisent les aventures des chevaliers arthuriens, déstabilisés par la folie dans laquelle a sombré leur roi, Lin moment dessaisi de sa fonction centralisatrice au profit d'autres modèles de souverain, d'autres terres de fiction. En faisant mourir le "Prophète des Aventures", le romancier se libère d'un langage univoque et livre la fiction arthurienne à une multiplicité de points de vue, au risque d'en bouleverser l'harmonie. Rivales du maître défunt, les fées du royaume incarnent les enjeux poétiques du roman en prose : dans les Prophéties de Merlin, la passation de pouvoir du prophète aux fées, du singulier au pluriel, de l'omniscient au fragmentaire, de l'autorité à la rivalité, révèle que l'écriture romanesque est inséparable de la polyphonie et de l'excès et laisse entrevoir l'ombre inventive du compilateur.
Résumé : Dans notre mémoire littéraire, l'apparition des lais narratifs bretons a fait deux fois événement : pour les auditeurs du XIIe siècle, qui en ont fait un succès littéraire ? déterminant ainsi la constitution d'un genre qui a fait école ? mais aussi pour nous, lecteurs contemporains, qui n'avons cessé, depuis leur découverte, de les éditer, de les traduire, d'en commenter l'énigmatique attrait. En proposant de lire côte à côte les lais de Marie de France et plusieurs lais anonymes, le présent volume voudrait faire apparaître la cohérence d'un corpus constitué sur plusieurs décennies. Choisis pour la richesse des résonances qu'ils offrent avec les lais de Marie, les cinq lais anonymes ici présentés bénéficient d'une édition et d'une traduction nouvelles. Les lais de Marie de France ont été traduits d'après l'édition de Jean Rychner, entièrement revue.
4e de couverture : Rédigé sur commande vers 1350 à l'occasion d'une promesse de mariage, ce roman chevaleresque destiné à une princesse est un témoin ambitieux de la littérature de la fin du Moyen Age. Nourri d'un idéal courtois mis en danger par la guerre, les rivalités politiques et les épidémies, le livre ne se contente pas de raconter une histoire d'amour, modelée sur tant d'autres : la poésie, la musique, la danse et la qualité des images y célèbrent une culture complète des sens, bien avant le très célèbre cycle de six tapisseries de La Dame à la Licorne, auquel il a sans doute servi d'inspiration. Il avance, autour de la figure rêvée de la licorne, devenue féminine, une image renouvelée de la féminité, en récit, en poésie et en images. Pour une jeune femme, ce livre-coffret se présentait autant comme un manuel de conduite éthique et érotique, que comme une promesse de divertissements secrets, pour égayer les heures passées dans les chambres aux tentures multicolores - non loin des rumeurs, et momentanément à l'abri des catastrophes du monde. Seule, ou avec un amant parfait, et pour le meilleur face au pire. Les amateurs de fantasy retrouveront tous les ingrédients qui ravissent l'imaginaire de bien des lecteurs d'aujourd'hui.Notes Biographiques : Texte anonyme, la traduction de Nathalie Koble, médiéviste, professeure à l'ENS, restitue toute la somptuosité de notre langue en cours de formation.
Une parenté formelle et thématique relie Le Lai du cor et Le Manteau mal taillé, deux récits arthuriens en vers de la fin du XIIe siècle. Ceux-ci constituent les premières manifestations littéraires connues d'un motif célèbre, le test de fidélité, qui a traversé la littérature européenne en s'adaptant à tous les genres. Jusqu'à La Fontaine qui, dans La Coupe enchantée, en propose une ultime version, transposée pour le public de cour du Grand Siècle. Grâce à un objet magique -ici cor ou manteau -, cette épreuve rend visible, par le biais d'un détail révélateur les pratiques adultères de ceux ou celles qui s'y soumettent. Bien qu'un improbable vainqueur soit parfois récompensé, le scénario exploite surtout les divers ressorts du comique. Equivoques, déplacements de registre, références parodiques et scènes pornographiques dévoilent au lecteur les dessous de la société courtoise. Arthur, Gauvain, Perceval... : chacun est tour à tour pris au piège. La féerie, l'aventure et l'héroïsme côtoient la trivialité, la tromperie et le ridicule. Si l'univers arthurien impose des procédés d'écriture empruntés à la littérature romanesque des XIIe st XIIIe siècles, le traitement poétique du sujet est bien différent d'un texte à l'autre : la mise en regard des deux histoires permet de révéler le " jeu " sur lequel repose la création médiévale, où la réécriture contribue à ouvrir un espace littéraire propre à chaque ?uvre.
Darwin Charles ; Tort Patrick ; Bernard Christiane
Patrick Tortavec la collaboration deClaude RouquetteUN VOILIER NOMMÉ DÉSIRUn coeur à marée hauteAu cours de la première quinzaine du mois d'août 1831, tandis que le jeune Charles Darwin, âgé d'un peu plus de 22 ans, fraîchement diplômé de Cambridge et converti à la géologie par son cher et respecté maître et ami John Stevens Henslow (1796-1861), se livrait à des études de terrain dans le nord du pays de Galles en compagnie d'un autre professeur de la même université, Adam Sedgwick (1785-1873) - ou bien l'avait déjà quitté pour rejoindre des camarades à Barmouth -, une lettre, écrite par un certain George Peacock (1791-1858), proche de ce dernier et mathématicien influent, parvint à Henslow. L'offre qu'elle contenait devait jouer dans la vie et la carrière de Darwin un rôle absolument décisif:George Peacock à J.S. Henslow [samedi 6 ou samedi 13 août 1831]Mon cher HenslowLe Capitaine Fitz Roy est sur le point de partir pour effectuer les relevés de la côte méridionale de la Terre de Feu, visiter ensuite de nombreuses îles de la Mer du Sud & revenir par l'Archipel indien: le vaisseau est équipé expressément à des fins scientifiques, combinées avec le relevé [,]: il fournira donc une occasion rare pour un naturaliste et ce serait un grand malheur si elle devait être perdue:On m'a proposé de recommander une personne appropriée pour partir à titre de naturaliste avec cette expédition; elle sera traitée avec tous les égards; le Capitaine est un jeune homme aux manières très avenantes (un neveu du duc de Grafton), d'un grand zèle dans sa profession et dont on parle avec une très haute estime; si Léonard Jenyns pouvait partir, quels trésors il pourrait rapporter avec lui à son retour, étant donné que le navire serait mis à sa disposition chaque fois que ses recherches le rendrait nécessaire ou souhaitable; faute d'un naturaliste aussi accompli, est-il une personne que vous pourriez recommander fortement: une personne d'une qualité telle qu'elle ferait honneur à notre recommandationRéfléchissez-y: ce serait une perte grave pour la cause de la science naturelle si cette belle occasion était perdue Le navire appareille vers la fin de septembre].Pauvre Ramsay! Quelle perte pour nous tous et particulièrement pour vousÉcrivez-moi immédiatement et dites-moi ce que l'on peut faire Croyez-moi | Mon cher Henslow | Très sincèrement vôtre | George Peacock.7, Suffolk Street | Pall Mall East[P.S.]Mon cher HenslowJ'ai écrit cette lettre samedi, mais c'était trop tard pour la Poste: Quelle magnifique occasion ce serait de former des collections pour nos musées: écrivez-moi immédiatement et veillez à ce que cette occasion ne soit pas perdueCroyez-moi | Mon cher Henslow | Très sincèrement vôtre |Geo Peacock 7, Suffolk St. |Lundi