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Lucian Freud
Klébaner Daniel
IDES CALENDES
21,40 €
Épuisé
EAN :9782825802403
Il faut partir de cette vérité que ce n'est pas le corps humain qui intercepte la lumière mais la lumière qui l'intercepte : le capte à son encontre. Une clarté venue des bords de la terre, non pas la lumière immédiate du jour, en détermine la pondération. Le corps se donne par ce jour captateur venu de l'horizon, qui exerce pour façonner les contours charnels un démenti originel. Car le corps humain doit sauvegarder sa cohésion face à ce qui cependant la constitue. Dans tels dessins de Michel-Ange, le corps n'apparaît pas dans la lumière, mais celle-ci délimite son élan arrêté, matérialisant sa défaite annoncée. Ils sont la scène originelle dont se souviendra la peinture de Lucian Freud. La lumière n'est pas ici le médium d'un corps chuchoté dans la granulosité éparse des dessins de Seurat, ou bien ces corps de Bonnard où la chair de la nudité est faite d'écharpes soyeuses et humides, colorées, qui viennent s'appliquer sur nos paupières comme le baume de nos jours. Mais sous le coup de cette captation de la lumière qui semble rendre un verdict, l'intimité des nus de Lucian Freud s'oriente vers le radical extérieur, bien qu'ici même dans une singularité si pénétrante. Face au nu portraituré par Lucian Freud, le regard éprouve la condition du corps humain exposé. De la pièce où tel corps est assis, ou étendu sur un lit, le contemplateur s'élève en pensée vers les nuages, en imagine la fuite aveuglante et obtuse sur la ligne d'horizon, leur présence au-delà de l'espace clos du tableau. L'écrivain et essayiste Daniel Klébaner étudie des maîtres anciens et de la modernité, tels que Poussin, Hélion, Arp, Soutine, Rauschenberg pour ce qu'ils nous révèlent d'inouï sur la condition humaine
Je veux parler d'un art où l'homme trouve l'éclat dans le terne, l'audace dans la prudence, la pérennité dans le précaire, l'excellence dans le quelconque". Voilà définies admirablement par l'auteur les trois parties composant son recueil de proses. La voix humaine, le haïku japonais, la nature morte dans les gravures de Morandi en sont les thèmes, exposés avec une science rare de l'économie et du fugace, médités avec une passion profonde pour la litote et le resserrement de l'expression. L'exploration nue de la voix, sur laquelle s'ordonne l'art ombrageux et réservé du luth, du clavecin, de la viole au XVII ? siècle en France, la forme brève du poème japonais, les objets suggérés laconiquement dans l'oeuvre de Morandi, finissent par couvrir cet ouvrage volontairement pudique du plus riche réseau de pensées qui soit, prolongé par autant de reflets et d'échos éclatants.
Quel rapport entre la couleur et la honte ? Histoire de pudeur et de vergogne, de jouissance et de repli, jeu de miroirs entre la vue et son absence, relevant d'une esthétique toute baroque prise au piège d'une syntaxe apparemment limpide qui ne s'accorde, ici ou là, que le plaisir bref d'une tournure ou d'un mot ancien.
Explorant ici, dans une suite de brefs récits, les mystères de Versailles, Daniel Klébaner se livre à ce propos à une ré? exion sur l'art "classique" et tout ce qu'il recèle de trouble.
Méditation poétique et critique sur deux oeuvres majeures d'Anish Kapoor, Marsyas et Memory, cet essai littéraire est ponctué par des "séquences" ou "fusées" au sens baudelairien du terme. D'où le propos rayonne vers d'autres réalisations de l'artiste. Le chant. le souffle, l'espace sacrificiel, la mémoire rendent sensible ce que l'oeuvre de Kapoor nous fait connaître de la condition humaine. Sous-tendu par des liens à la source hindouiste, une des racines d'Anish Kapoor, l'écrit de Daniel Klébaner est étayé par des analyses critiques liées à l'histoire de l'art, une mise en regard du Marsyas de Kapoor avec le Supplice de Marsyas du Titien, par exemple. ou une réflexion sur le monochrome et la couleur, convoquant Yves Klein, Morris Louis...
Dictionnaire des Peintres de L'Ecole de Paris 1945-1965 Lydia Harambourg L'Ecole de Paris compte parmi les grands chapitres de l'histoire de l'art du XXe siècle. Ce terme, apparu dans les années vingt sous la plume d'André Warnod pour désigner une situation spécifique à la capitale, foyer de création incontournable, à la fois aimant et réflecteur auprès de la communauté artistique internationale, a été reconduit après la deuxième guerre mondiale. En 1945, Paris est toujours ce "phare" qui attire les artistes des quatre coins du monde, venus y chercher la liberté de création et la reconnaissance à partir d'un engagement irréversible. Le terme sera conservé, repris par les critiques qui parleront de la "Nouvelle école de Paris", ou encore de la "Seconde école de Paris", puisque rien ne peut lui être comparé, mais aussi pour éviter l'écueil d'un amalgame ambigu. Si le mot école n'est pas à prendre ici dans son acceptation littérale, il revêt dans les années cinquante, une signification insigne de la liberté d'expression vécue conjointement dans ces années de combat, par les artistes et par les critiques engagés à défendre la figuration ou l'abstraction. Ces années pionnières qui voient l'émergence de l'abstraction lyrique, rivale de l'abstraction géométrique, plus radicales entre elles qu'envers une figuration qui ne cède pas sur son terrain, sont riches de conquêtes plastiques, d'affirmations de personnalités aujourd'hui reconnues internationalement. Chaque faction, chaque courant esthétique a ses représentants, ses thuriféraires qui se retrouvent dans les salons nés après la guerre : salons de Mai, des Réalités Nouvelles, des Peintres Témoins de leur Temps, Comparaisons, Ecole de Paris, vitrines irremplaçables de l'art vivant. Entre 1945 et 1965 la scène artistique française connaît un dynamisme qui explique cette diversité stylistique, cette cohabitation d'expressions pour de nouvelles avancées dans une histoire de l'art autant faite de ruptures, que de continuités. Il est temps de replacer les faits dans leur réalité historique. C'est la mission que l'auteur s'est imposée. A partir des documents contemporains étudiés, des archives consultées enrichis, des nombreux entretiens de l'auteur avec les artistes, protagonistes, acteurs et témoins de cette époque, cet ouvrage scientifique s'impose comme le témoignage unique de vingt années de peinture à Paris. A partir de textes biographiques et monographiques consacrés à chacun des peintres qui ont fait de Paris le carrefour de l'art ouvert sur le monde, le Dictionnaire des Peintres de L'école de Paris, 1945-1965, est à ce jour un livre sans équivalent, qui prend acte de la vitalité de la vie artistique à Paris et de ses peintres, certains célèbres, d'autres en phase d'une reconnaissance désormais historique. MISE A JOUR 2010 par Clotilde Scordia 850 artistes cités 447 notices d'artistes avec illustrations 536 pages, 170 x 225, couleur, isbn 978-2-8258-0241-0 CHF 150. 00 prix de vente ? 99. 00 parution Mai 2010 Editions ides et calendes évole 19 ch 2001 neuchâtel tél : + 41 (0) 32 725 38 61- fax : + 41 (0) 32 725 58 80 www. idesetcalendes. eu - info@idesetcalendes. eu
Ce livre, l'un des rares en français consacrés à cet auteur majeur, aborde les grandeurs et les secrets d'une oeuvre qui ne cesse de résonner dans le monde d'aujourd'hui, abandonnant derrière elle la petite musique d'une fascinante mélancolie. Le 1er juin 1938, une tempête s'abat sur Paris, faisant une victime : Ödön von Horváth, né 37 ans plus tôt, tué par une branche que le vent arrache alors qu'il sort d'un cinéma. La fin tragique de cet écrivain fauché en plein élan est à l'image de textes qui ne cessent de nous interroger et dont les titres semblent à eux seuls une profession de foi poétique : Casimir et Caroline, Légendes de la forêt viennoise, Foi amour espérance, Don Juan revient de la guerre, Nuit italienne... Enfant de la Mitteleuropa, attaché à sa langue comme à une patrie, Horváth assiste avec stupeur à la montée des nationalismes et des extrémismes, lui pour qui le dialogue est sans doute l'essence de l'humanité. C'est par l'écriture en général, par le théâtre surtout qu'il témoigne des injustices, des scandales, des lâchetés, mais aussi des beautés qu'il découvre. Son oeuvre, à nulle autre comparable, est faite de fulgurances poétiques, d'ambiances et de mouvements, de lumières et de couleurs. Développant un art du fragment et de la fresque dramatique, il dessine le destin d'êtres, de femmes en particulier, saisis dans les convulsions d'une société déboussolée : celle de l'Europe qui vacille au bord de toutes les abîmes.
C'est à Barbizon, petit village situé à l'orée de la forêt de Fontainebleau, qu'allait s'épanouir au XIXe siècle un art essentiellement nouveau en France: le paysage. L'essor prodigieux du pleinairisme et le triomphe de l'impressionnisme ont longtemps rejeté dans l'ombre ceux qui en furent les précurseurs. Ce sont les peintres de Barbizon qui affranchirent définitivement le paysage des paralysantes conventions académiques. Jean Bouret, écrivain et éminent critique d'art, est l'auteur d'ouvrages consacrés notamment à Degas, Picasso, Toulouse-Lautrec ou encore Le Douanier Rousseau, Dans cet ouvrage abondamment illustré, il retrace l'histoire de ce groupe de peintres qui, longtemps décriés pour leurs audaces, finirent par faire école. Situant les peintres dans le contexte politique, social et artistique de leur temps, il dresse le bilan de ce qui fit l'originalité de ce grand mouvement de révolte et de libération. Finalement, en rappelant la postérité directe et indirecte de Barbizon, et le retentissement international de sa "mystique", l'auteur souligne l'importance capitale de ce mouvement dans l'évolution de l'art moderne.