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CAUSALITE ET LOIS DE LA NATURE
KISTLER
VRIN
35,00 €
Épuisé
EAN :9782711614226
La philosophie des sciences de l'empirisme logique avait discrédité la causalité comme étant un concept du sens commun irrémédiablement vague et confus, pour lui substituer le concept d'explication scientifique. Cependant, dans nombre de théories contemporaines, notamment en philosophie de l'esprit et du langage, le concept de causalité continue à jouer un rôle de premier plan. Ce livre montre qu'il est possible de concevoir la causalité d'une manière compatible avec des connaissances scientifiques contemporaines. La relation causale fondamentale a lieu entre événements en fonction de la transmission d'une quantité déterminée d'une grandeur conservée ; mais ce qui rend vraie une explication causale, ce n'est pas seulement une relation causale entre deux événements, mais une relation de " responsabilité causale ". Le concept de loi de la nature qui intervient dans cette analyse s'avère fructueux non seulement dans le cadre de la causalité, mais aussi pour l'éclairage qu'il permet d'apporter à la philosophie des sciences.
Russell Bertrand ; Keil Geert ; Kistler Max ; Laud
Le concept de causalité continue de faire l'objet d'un débat riche et controversé. Dans l'article dont nous publions une traduction remaniée, Russell donne, en 1912, de nouveaux arguments puissants en faveur de la thèse selon laquelle la causalité n'a pas sa place dans une conception du monde qui se veut respectueuse de la science : il faut l'abandonner au profit des lois de la nature. A de nombreux penseurs du XXe siècle, le remède de Russell a semblé pire que le mal qu'il était censé soigner, à savoir la confusion engendrée par le concept de causalité. Ils se sont donc employés à justifier son bien-fondé, en en proposant une analyse compatible avec la pratique de l'explication dans les sciences. Selon une première approche, la relation causale est ce qui fait l'objet d'une explication scientifique. Les articles de Keil, Schaffer et Kistler présentent au lecteur francophone la richesse d'un débat qui, pour l'essentiel, est mené en langue anglaise. Le modèle de la réduction de la causalité à l'explication s'est avéré inadéquat, dans la mesure où il a des conséquences incompatibles avec notre intuition. Les propositions alternatives d'analyse ne manquent pas. Pour les uns, la causalité peut être ramenée à une " dépendance contrefactuelle " si la cause n'avait pas existé, l'effet n'aurait pas existé non plus. Pour d'autres, la causalité se réduit à une augmentation de probabilité : l'effet est plus probable lorsque la cause est présente que lorsqu'elle est absente. Pour d'autres encore, la causalité est essentiellement liée à l'action, de telle sorte que son noyau est la relation d'un moyen à une fin. Finalement, certains analysent la causalité en termes d'un mécanisme par lequel la cause transmet quelque chose, notamment de l'énergie, à l'effet. Keil défend une version de l'analyse contrefactuelle, tout en expliquant que seule notre capacité d'agir nous permet d'évaluer les conditionnels contrefactuels pertinents. Après avoir examiné à la fois les vertus explicatives et les difficultés rencontrées par les différentes analyses, Schaffer conclut par une aporie aucune théorie ne s'accorde avec ensemble de nos jugements causaux intuitifs. Kistler propose une analyse du concept de causalité à deux composantes, l'une correspondant à l'aspect mécanique de transmission, l'autre à la dépendance en vertu de lois de la nature. Il montre que, à condition de réviser certains de nos jugements intuitifs notamment dans le cas de la causalité " négative ", on peut rendre justice à la grande majorité des jugements Causaux. A partir d'une reconstruction de l'histoire de la réflexion sur la causalité - notamment chez Hume, Kant et Cassirer-, Laudisa montre que les empiristes logiques Schlick, Reichenbach et Carnap partagent avec les néo kantiens l'idée que la construction des théories scientifiques nécessite le recours à des principes non empiriques. M. K.
Barrau Aurélien ; Gyger Patrick ; Kistler Max ; Uz
Résumé : Et si notre Univers n'était qu'un parmi d'autres ? Cette idée d'univers multiples, envisagée pourtant depuis l'Antiquité, n'est entrée que récemment - et avec fracas - dans le champ de la science. L'hypothèse fascine, mais elle n'en est pas moins dérangeante : comment se formeraient ces mondes invisibles ? Peut-on tester et réfuter leur existence ? Une telle hypothèse est-elle vraiment scientifique ? Ouvrir la porte aux mondes possibles de l'astrophysique, de la philosophie et de l'imaginaire, c'est montrer qu'il y a une multiplicité de " manières de faire des mondes"...
Depuis l'avènement de la philosophie moderne au XVIIe siècle, les dispositions ont traîné une réputation sulfureuse : notions obscures, elles faisaient obstacle à une compréhension rationnelle de la nature. Attribuer à l'opium la disposition de faire dormir ou vertu dormitive, ne donne, disait-on, qu'une explication redondante, donc vide, de l'endormissement causé par l'ingestion d'opium. La philosophie des sciences du XXe siècle a ajouté ses propres raisons de bannir les prédicats de disposition (soluble, inflammable, ductile, fragile, etc.) d'une langue bien formée : aucun critère observable ne semble en effet pouvoir fonder l'attribution de solubilité dans l'eau à un objet qui ne s'y trouve jamais plongé. Le présent ouvrage se propose de montrer qu'au contraire, le recours aux dispositions est indispensable dans la plupart des explications, des plus ordinaires aux plus conformes au canon de la rigueur scientifique. Peut-on analyser les prédicats de disposition au moyen d'outils logiques nouveaux, tels que les conditionnels contrefactuels ? Quel est le rapport entre une disposition telle que la solubilité d'un morceau de sucre et sa base sous-jacente, en l'occurrence la structure cristalline du sucre ? Les dispositions peuvent-elles aider à expliquer pourquoi certaines lois de la nature ont des exceptions ? La mécanique quantique attribue-t-elle des dispositions aux particules élémentaires ? C'est à ces questions et bien d'autres que le présent ouvrage voudrait apporter des réponses.
Gnassounou Bruno ; Kistler Max ; Hüttemann Andreas
Résumé : D'un homme, on dit qu'il est grand, mais aussi irascible; du cuivre qu'il est rouge, mais aussi malléable et fusible à 1084 °C. La philosophie redécouvre aujourd'hui que notre monde ne compte pas seulement des propriétés manifestes, mais aussi des potentialités, capacités, puissances, vertus et autres dispositions. Pendant longtemps, ces qualités furent impitoyablement bannies des discours scientifique et philosophique pour leur obscurité ou leur trivialité : à quoi sert-il de dire que l'opium endort parce qu'il possède une vertu dormitive ? La notion de disposition céda la place à la notion de loi, enregistrement de régularités dans la succession d'événements. Ce volume veut rendre témoignage de l'intérêt nouveau que la notion de " disposition " suscite chez les philosophes contemporains. Les textes ici présentés ont le souci commun d'en défendre la cohérence et de montrer que nos explications causales peuvent difficilement s'en passer. Quel rapport la notion de pouvoir entretient-elle avec celle de loi ? Une disposition se réduit-elle au mécanisme physique qui la sous-tend ? La relation entre un pouvoir et son exercice est-elle logique ou causale ? Voici quelques-unes des questions auxquelles cet ouvrage tente d'apporter des réponses.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.