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Iran. La jeunesse démocratique contre l'État prédateur
Khosrokhavar Farhad
FAUVES EDITIONS
21,00 €
Épuisé
EAN :9791030204667
La mort de Mahsa Amini, le 16 septembre 2022, a provoqué en Iran une vague de contestation sans précédent, devenue depuis insurrection. Venu fissurer et souligner la déconnexion totale du régime avec sa société, ce mouvement de révolte a révélé l'illégitimité d'un Etat de non-droit et le refus de sa jeunesse à ployer sous son joug. Prisonnier d'une vision théocratique, anti-occidentale, antimoderne et antidémocratique, sans ancrage dans la réalité culturelle du pays, l'Iran gronde de griefs aussi politiques et économiques qu'écologiques. Sans compter, sur le plan anthropologique, cette "joie de vivre" que revendique le mouvement, en complète contradiction avec une conception mortifère de l'existence qui promeut le martyre comme idéal de vie. Cependant, en dépit de la répression massive qui s'abat sur la société iranienne depuis plus de quatre décennies, malgré la mainmise totale du régime sur les institutions et les médias, force est de reconnaître l'échec de la République islamique à embrigader et asservir la société, notamment la jeune génération. Eclairant le mouvement à la lumière d'une nouvelle subjectivité iranienne, de l'évolution de la République islamique et, enfin, de ses échecs, Farhad Khosrokhavar décrypte les particularités d'un mouvement où la jeunesse en particulier les femmes est à l'avant-garde. Une analyse critique et détaillée des composantes du système pour comprendre le paradoxe de l'Iran : une société de plus en plus sécularisée et un Etat de moins en moins en mesure d'en comprendre l'évolution.
Ce travail entend proposer une interprétation anthropologique de la révolution islamique en Iran. Comment les thématiques révolutionnaires se sont-elles transcrites dans un idiome islamiste, comment les formes de mobilisation sociale ont-elles pu se définir dans un registre religieux ? Ces phénomènes ne se limitent nullement au cas iranien même si la spécificité chiite ne doit pas être perdue de vue. Dans de nombreuses régions où l'islam est la religion dominante, des processus similaires sont en oeuvre qui donnent un sens révolutionnaire à l'islam et un sens islamique à la révolution. Des mots d'ordre comme l'unité révolutionnaire, la prise de conscience politique, la libération du joug d'un pouvoir oppressif, la lutte contre l'injustice sociale et le rejet de l'Occident se traduisent aisément selon l'idiome islamiste en faisant appel à l'unité d'une communauté musulmane mythique, à la "justice" islamique, à la djihad, à la lutte contre les "orgueilleux" (mostakbérin) et au combat contre la Superbe mondiale (estékbâré djahâni, l'équivalent islamiste de l'impérialisme). La conscience des jeunes acteurs révolutionnaires est en même temps le siège d'un appel à la modernité qui devient, en pleine crise révolutionnaire, la surenchère dans la radicalisation jusque dans la mort (on aspire au martyre). Ces faits s'inscrivent dans un malaise urbain qui, par sa perpétuation après la révolution, contribue à saper la légitimité de l'islamisme révolutionnaire. Des sentiments comme la peur ou des motifs comme "faire la révolution ensemble" s'en trouvent profondément transformés chez les jeunes. L'anthropologie de la révolution iranienne rend intelligible, jusque dans leur différence, des mouvements comme l'islamisme radical en Algérie ou dans d'autres régions où cette forme de mobilisation a le vent en poupe.
Résumé : Le jihadisme est un fait social total, résultant de facteurs urbains, sociaux, anthropologiques, politiques, mais aussi psychopathologiques. De l'Europe à l'Amérique du Nord, en passant par l'Australie et l'Afrique du Nord, Farhad Khosrokhavar a analysé les situations "jihadogènes" qui favorisent la radicalisation. Son enquête au coeur des cellules terroristes, dans les villes et les banlieues, révèle les points communs entre ces candidats occidentaux au jihad - adolescentes et adolescents, jeunes à problèmes psychosociaux, convertis et recruteurs - mais aussi leur incroyable diversité... Dans cet état des lieux complet, fruit de dix ans de recherche, l'auteur décrypte l'environnement et le profil de plus d'une centaine de jihadistes occidentaux pour comprendre l'origine de leur haine et le moteur de leur passage à l'acte. De cette formidable somme de faits et de témoignages ressort un constat sans appel : le succès du jihad chez les jeunes met en lumière la crise de nos démocraties, en quête de sens et de savoir-vivre ensemble. Cette crise est profonde, ses conséquences risquent d'être durables.
C'est au sein d'une jeunesse frustrée, façonnée par une modernisation intolérante et une consommation inaccessible, qu'il faut chercher le groupe actif des révolutionnaires qui porta Khomeiny au pouvoir et lui confia un rôle de substitution. L'intervention du clergé est marquée par ce contexte social. Pour l'auteur de ce livre, il est essentiel de distinguer le discours de rejet de l'Occident qui accompagne le processus révolutionnaire du refus de la modernité. Prenant ses distances avec la thèse qui tend à présenter les ingénieurs islamistes comme l'élément le plus important du changement politique, Farhad Khosrokhavar insiste sur le rôle des intellectuels de second rang issus des paysans "dépaysannés". Il lie l'évolution du mouvement au vécu de ses acteurs : il les a longuement interrogés dans les premières années de la révolution. Ce travail de sociologue est aussi une réflexion sur la révolution, où les rêves occupent une place prépondérante avant de se transformer en cauchemars. Il aidera à mieux comprendre les dynamiques à l'oeuvre dans l'Iran des années 80 mais aussi dans d'autres pays d'islam, comme le Maghreb ou l'Egypte.
Nous sommes confrontés depuis le 11 septembre 2001 au terrorisme islamique. Si l'Occident s'entend sur la nécessité de le combattre, force est de constater qu'on ne sait rien de ceux qui nous prennent pour cible, à New York, Madrid ou Londres. Rien de leurs vraies motivations, hormis ce qu'ils en disent sur Internet ou dans des documents posthumes. Rien de leur représentation d'eux-mêmes, ni du monde telqu'ils le voient. Pour la première fois, des membres d'Al-Qaïda se révèlent dans leur vérité et leurs combats. A partir d'entretiens librement consentis dans les prisons françaises, FarhadKhosrokhavar dresse le portrait de ces nouveaux "fous d'Allah". On découvre à travers ces confidences la diversité de leurs parcours, mais aussi la culture de la mort et les nouvelles formes de haine qui habitent ces fanatiques del'Apocalypse. Un document exceptionnel.
Un prénom rien que pour lui. Un prénom si rare et si joli qu'il n'aura pas besoin d'ajouter systématiquement son nom de ramille pour se faire reconnaître. Un prénom comme un patronyme, c'est une chance en plus dans la vie. Au fil de ces pages, vous allez vous promener au milieu de plus de 4 000 prénoms en passant d'un univers à l'autre.. Vous aurez la surprise de voir que des prénoms pouvant paraître importables ne le sont plus du tout quand ils sont portés. Des thèmes vous inspireront, des images vous accompagneront. Ecoutez vos émotions, vibrez, projetez vous. Voyez plus loin que le bébé. Imaginez le tel que vous voudriez qu'il soit plus tard, et dénichez le prénom qui l'aidera à devenir celui-là. Pourquoi un prénom ne serait-il qu'un prénom, alors qu'il y a tant de jolis mots ? Dune, Vinci, Moïz, Atlas Vulco, Véronèse, Pacha, Eliaz, Grenadine, Coco, Mielle, Joly, Ouragan, Bonbon, Méroflède, Nénuphar, Jean-Fleur, Mauve... Un catalogue de plus de 4000 prénoms excentriques, poétiques, fantaisistes, dynamiques, ludiques, romantiques, exotiques... Tous joliment inventés ou rêvés, pour que chacun trouve le sien !
Emmanuel Argo a été témoin de l'évolution extraordinaire de l'histoire de l'Afrique du Sud, quand le destin de cette nation, porté par des hommes de conviction et un leader charismatique, a basculé de l'injustice vers la démocratie. Interrogé par le journaliste Philippe Matie, il raconte tout à la fois les situations exceptionnelles comme les anecdotes vécues auprès des dirigeants de l'ANC, et particulièrement auprès de Nelson Mandela, prix Nobel de la paix en 1993.
Marc La Mola a été flic. Pas fonctionnaire de police, mais flic de ces hommes persuadés de suivre le bon chemin alors que tous étaient contraints de s'en éloigner pour accroître leur efficacité, sous la pression d'une hiérarchie carriériste, obnubilée par des chiffres et des statistiques. Marc et ses "frères d'armes" ont contourné la loi car il ne pouvait pas en être autrement. Ils ont traîné sur le terrain, la nuit, dans des voitures cabossées ; ils ont inventé leurs propres règles, leurs propres méthodes pour parvenir à leurs fins, toujours la même : interpeller des voyous. Affecté au sein d'une circonscription délaissée des pouvoirs publics, il raconte toutes ces années passées dans sa voiture de patrouille, dans des zones de non-droit, à flirter dangereusement avec la loi par seul devoir de servir une société malade. Un récit âpre, noir et pourtant criant de vérité, dans un univers fait de coups de feu, de coups de poing et de coups au moral.
Au crépuscule de sa vie, Françoise d'Origny fait revivre des mondes aujourd'hui disparus, décrits avec verve. Sur un rythme soutenu les anecdotes se suivent - rocambolesques souvent, graves parfois, toujours surprenantes - illustrant les étapes inattendues d'un parcours qui semblait pourtant écrit d'avance. A sa suite, le lecteur cheminera de l'avant-guerre à l'exode et l'Occupation puis de Cambridge à Florence. Il l'accompagnera dans les mondanités parisiennes comme dans les forêts de Sologne ou la brousse africaine, des chaleurs équatoriales aux neiges de Sibérie. En marge de toutes les conventions, la mémoire des épreuves dominées, Françoise d'Origny, avec son oeil d'artiste, affirme ici sa vraie noblesse : la liberté.