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Zanguézi. Edition bilingue français-russe
Khlebnikov Vélimir ; Mignot Yvan
L'INVENTAIRE
30,00 €
Épuisé
EAN :9782355970511
Velimir Khlebnikov (1885-1922), poète hors norme, écrit Zanguezi, poème-pièce, "surnarration" , à la fin de sa vie. Zanguezi est le nom du héros, prophète, alter ego de son créateur. Contemporain de la révolution russe, révolution non seulement politique mais aussi artistique, Velimir Khlebnikov est, parmi les novateurs, celui qui, sans doute, dynamite le plus le langage pour créer un monde nouveau. Mathématiques, astronomie, philosophie, ornithologie, tout sert à celui qui se veut "président du globe terrestre" pour façonner sa "langue des oiseaux, poésie stellaire" , dans laquelle il n'est pas de mots, mais des mouvements, pas de chapitres, mais des surfaces. En 2020, on célébrait le 135e anniversaire de la naissance de Velimir Khlebnikov. A cette occasion, l'atelier de Boris Trofimov, à Moscou, réalisait une édition de Zanguezi, en russe et en anglais, visant à reproduire graphiquement le rythme du poème. Nous reprenons cette composition graphique en russe et en français.
Khlebnikov déclare son grandiose projet de conquête du monde par une parole artistique résolument tendue vers le futur. Contemporain des grandes mutations scientifiques, l'artiste moderne s'arroge le rôle du divin et omnipotent démiurge, prétend manifester la totalité de l'être, transcende les genres habituels du discours artistique. L'autobiographie à peine esquissée se change en cosmographie, la confession lyrique en épopée universelle et la prose d'art s'absorbe dans le discours numérique, expression immédiate de la structure intelligible de l'Histoire.
Velemir Khlebnikov (1885-1922), poète et prosateur, est l'une des figures majeures de l'avant-garde russe. Il a participé à la fondation du mouvement futuriste russe, puis s'en est écarté. C'est un inventeur, un expérimentateur du langage poétique : le "président du globe terrestre" ! Roman Jakobson, l'un des précurseurs du structuralisme, le connaissait personnellement, et voyait en lui "le plus grand poète mondial du siècle actuel". Jeune homme (1904-1907), il poursuit la passion de son père ornithologue et participe à plusieurs expéditions ornithologiques au Daghestan et dans l'Oural. Ses premiers écrits poétiques importants datent de la même époque. La guerre russo-japonaise a aussi eu une influence importante sur lui ("Nous nous sommes jetés dans l'avenir dès 1905".) ; et il est en quête de trouver "la loi principale du temps" . Il se rapproche des symbolistes et des acméistes, publie dans des revues, fonde en 1910 son propre groupe "budetliane" (mot à mot : "habitants du il sera"). Son style se caractérise par une radicalité syntaxique et par nombre de néologismes. Le groupe grandit et comprend notamment les poètes Vladimir Maïakovski et Alekseï Kroutchenikh, et les peintres David Bourliouk, Natalia Gontcharova... Après la Première Guerre mondiale et la révolution de 1917 (qu'il avait prédite dans son premier livre poétique, cinq ans auparavant : "Ne faut-il pas s'attendre à la chute de l'Etat en 1917 ? "), il écrit autant qu'il voyage, se rend en Ukraine, passe une année en Perse, et meurt de tuberculose à l'âge de 36 ans. Le livre comprend un choix d'une quarantaine de poèmes écrits entre 1908 et 1922, année de la mort de Khlebnikov. Certains d'entre eux sont inédits, sinon introuvables. Si la dimension expérimentale de l'oeuvre (création de nouveaux mots, de mots composés à partir de formes linguistiques et non linguistiques, libre association...) est présente dès le premier poème du recueil, ce dernier n'en est pas moins constitué de poèmes-manifestes, "scientifiques" (références mathématiques, ornithologiques, astronomiques), philosophiques, folkloriques (chansons), ainsi que biographiques (poèmes "narratifs" évoquant la famine, l'errance, son séjour en Perse, sa rencontre avec l'Asie)... Velemir Khlebnikov préservait ses manuscrits écrits dans l'urgence et dans l'errance dans une taie d'oreiller. Ouvrage bilingue comportant des dessins et photographies.
Résumé : La révolution a eu lieu. Elle a entamé radicalement le siècle. En mai 1919, Khlebnikov quitte Moscou, une petite valise à la main : "Je vais dans le Midi, c'est le printemps." Il part vers l'un des points les plus brûlants de la guerre civile, l'Ukraine. L'errance va durer plus de trois ans et le mènera autour de la Caspienne, en Azerbaïdjan, au Daghestan, en Perse, puis de nouveau en Russie. Il sera emporté par la misère et la gangrène à Santalovo, un village du Nord, près de Novgorod. La valise a fait place à une légendaire taie d'oreiller dans laquelle il entasse ses manuscrits, poèmes, proses, lettres, feuilles parfois volées ou envolées, qui accueille aussi son sommeil. Il écrit dans l'urgence, dans l'obscurité, dans la maison des fous, au profond de la faim, des abris de fortune, devant des feux de camp où s'échangent pain et poème, pain et immortalité.
Un manifeste anti-uniformisation, anti-masses, anti-consommation, anti-bourgeois, anti-yuppies, anti-tout! L?auteur ne se contente toutefois pas de dénoncer, il donne aussi des indications de survie. Le lecteur n?aura donc plus aucune excuse: il saura ce qu?il convient de savoir pour être un snob achevé mais aussi, et surtout, pour être lui-même.
Décembre II, le petit roi ventripotent, n'est pas plus haut que trois pouces, et si gros, qu'il ne peut plus boutonner son manteau de velours rouge. Autoritaire - il n'est pas roi pour rien -, rouspéteur, il surgit, à tout instant, dans la vie solitaire du narrateur auquel il dicte ses quatre volontés. Ils ont ensemble de longues conversations. Chacun raconte ce qui se passe dans son pays. Pour l'un, le bureau, les jours qui se ressemblent tous. Pour l'autre, les nounours en sucre, les étoiles qui deviennent des rois et une profusion de boîtes à rêves, qu'on ouvre, le soir, en s'endormant... Le narrateur est mélancolique, le petit roi, guilleret. Il a de quoi: chez lui, on naît déjà grand, puis on rapetisse, l'enfance est au bout de la vie et la vie n'a pas de fin. Le petit roi sait aussi comprendre, compatir, et sa logique est imparable: inversons la nuit et le jour, et le rêve deviendra réel! Comment entrer dans son royaume ? Il suffit de fermer les yeux et de se faire tout petit... Avec ce " petit prince " revu et corrigé, s'ouvre un univers peuplé de machines-à-sauver-les-caniches, de poètes ralentisseurs-de-circulation et de dragons bleus pétaradant au milieu des embouteillages. Tout ce que nos yeux ordinaires ne nous permettaient plus de voir...
Dubien Arnaud ; Pauchet Sophie ; Radvanyi Jean ; C
Pour la première fois depuis leur existence, les Regards de l'Observatoire n'ont pu paraître en 2020. On comprend aisément pourquoi : nous étions au coeur de la pandémie et aurions été dans l'incapacité de faire un point sérieux sur la gestion de cette crise sanitaire en Russie, ses conséquences économiques, politiques et sociales. Aujourd'hui, la situation se décante et l'on y voit plus clair. Par ailleurs, sur le plan international, plusieurs événements ont envenimé des relations déjà tendues entre la Russie et l'Europe et, plus généralement, entre la Russie et l'Occident. Le temps est donc venu, pour les Regards de l'Observatoire, de poursuivre ce qui correspond à leur ambition première : donner l'analyse la plus complète possible de la situation en Russie et des relations de ce pays avec la France et le monde.