Velemir Khlebnikov (1885-1922), poète et prosateur, est l'une des figures majeures de l'avant-garde russe. Il a participé à la fondation du mouvement futuriste russe, puis s'en est écarté. C'est un inventeur, un expérimentateur du langage poétique : le "président du globe terrestre" ! Roman Jakobson, l'un des précurseurs du structuralisme, le connaissait personnellement, et voyait en lui "le plus grand poète mondial du siècle actuel". Jeune homme (1904-1907), il poursuit la passion de son père ornithologue et participe à plusieurs expéditions ornithologiques au Daghestan et dans l'Oural. Ses premiers écrits poétiques importants datent de la même époque. La guerre russo-japonaise a aussi eu une influence importante sur lui ("Nous nous sommes jetés dans l'avenir dès 1905".) ; et il est en quête de trouver "la loi principale du temps" . Il se rapproche des symbolistes et des acméistes, publie dans des revues, fonde en 1910 son propre groupe "budetliane" (mot à mot : "habitants du il sera"). Son style se caractérise par une radicalité syntaxique et par nombre de néologismes. Le groupe grandit et comprend notamment les poètes Vladimir Maïakovski et Alekseï Kroutchenikh, et les peintres David Bourliouk, Natalia Gontcharova... Après la Première Guerre mondiale et la révolution de 1917 (qu'il avait prédite dans son premier livre poétique, cinq ans auparavant : "Ne faut-il pas s'attendre à la chute de l'Etat en 1917 ? "), il écrit autant qu'il voyage, se rend en Ukraine, passe une année en Perse, et meurt de tuberculose à l'âge de 36 ans. Le livre comprend un choix d'une quarantaine de poèmes écrits entre 1908 et 1922, année de la mort de Khlebnikov. Certains d'entre eux sont inédits, sinon introuvables. Si la dimension expérimentale de l'oeuvre (création de nouveaux mots, de mots composés à partir de formes linguistiques et non linguistiques, libre association...) est présente dès le premier poème du recueil, ce dernier n'en est pas moins constitué de poèmes-manifestes, "scientifiques" (références mathématiques, ornithologiques, astronomiques), philosophiques, folkloriques (chansons), ainsi que biographiques (poèmes "narratifs" évoquant la famine, l'errance, son séjour en Perse, sa rencontre avec l'Asie)... Velemir Khlebnikov préservait ses manuscrits écrits dans l'urgence et dans l'errance dans une taie d'oreiller. Ouvrage bilingue comportant des dessins et photographies.
Résumé : Une enquête extraordinaire sur l'homme d'affaire le plus riche de Russie et l'histoire secrète du régime d'Eltsine. Une fresque contemporaine qui se lit comme un thriller. Collusion entre pouvoir et groupes mafieux, guerre des gangs, scandales touchant le président Eltsine et son entourage, mise à sac des richesses du pays par des entrepreneurs sans scrupule - les célèbres " oligarques " - ou par les groupes criminels : la Russie est aujourd'hui considérée comme l'un des pays les plus corrompus de la planète... Comment est-on passé du communisme soviétique au " capitalisme russe " ? À la suite d'une longue enquête dans les milieux politiques et financiers de la Russie ainsi que dans le Milieu tout court, Paul Klebnikov est parvenu à brosser un tableau saisissant de réalité de la carrière de Boris Berezovski. Cet homme, devenu le premier milliardaire russe, est aussi celui qui a organisé le financement de la réélection d'Eltsine avant de télécommander celle de Vladimir Poutine... Parallèlement au récit ahurissant de son ascension, Klebnikov nous donne à voir la chute inexorable d'un régime entre les bras de la pègre.
Khlebnikov déclare son grandiose projet de conquête du monde par une parole artistique résolument tendue vers le futur. Contemporain des grandes mutations scientifiques, l'artiste moderne s'arroge le rôle du divin et omnipotent démiurge, prétend manifester la totalité de l'être, transcende les genres habituels du discours artistique. L'autobiographie à peine esquissée se change en cosmographie, la confession lyrique en épopée universelle et la prose d'art s'absorbe dans le discours numérique, expression immédiate de la structure intelligible de l'Histoire.
Résumé : La révolution a eu lieu. Elle a entamé radicalement le siècle. En mai 1919, Khlebnikov quitte Moscou, une petite valise à la main : "Je vais dans le Midi, c'est le printemps." Il part vers l'un des points les plus brûlants de la guerre civile, l'Ukraine. L'errance va durer plus de trois ans et le mènera autour de la Caspienne, en Azerbaïdjan, au Daghestan, en Perse, puis de nouveau en Russie. Il sera emporté par la misère et la gangrène à Santalovo, un village du Nord, près de Novgorod. La valise a fait place à une légendaire taie d'oreiller dans laquelle il entasse ses manuscrits, poèmes, proses, lettres, feuilles parfois volées ou envolées, qui accueille aussi son sommeil. Il écrit dans l'urgence, dans l'obscurité, dans la maison des fous, au profond de la faim, des abris de fortune, devant des feux de camp où s'échangent pain et poème, pain et immortalité.
Monteiro João César ; Gallon Olivier ; Delgado Pie
Pour la première fois en France, se trouvent réunis dans un livre un ensemble de textes du cinéaste portugais João César Monteiro, disparu en février 2003. Il aura laissé une vingtaine de films, entre 1968 et 2003. "Cinéaste" vient-il précisément d'être dit, s'agissant aussitôt de l'adjoindre à "écrivain" : ce que cet ouvrage démontrera sans peine. D'une exigence poétique, éthique, autant que politique, João César Monteiro est égal à lui-même : rigoureux excentrique (en dehors du centre), il donne tout autant du fil à retordre que de la tendresse ; une implacable franchise, du plus drôle au plus grave.