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Étude sur les masques. Récit
Kharitonov Mark Sergueevitch
FAYARD
23,45 €
Épuisé
EAN :9782213601175
Gleb Skvortsov écrit une étude sur les masques, leur histoire, leur sens philosophique. Il apprend par une bribe mystérieuse d'article de journal l'existence d'un artiste, prénommé César, qui fait collection de masques dans sa masure de banlieue. En fait, César a un don magique pour se rappeler les moindres détails, et en particulier, les traits des visages humains dans leur immense variété. Avant même de les avoir rencontrés, il connaît les masques de l'humanité, un peu comme un artiste de nô japonais. Gleb, fasciné par ce don, introduit l'" artiste en masques " dans le milieu de ses amis moscovites... Sous le charme de ce récit se cachent d'inquiétantes interrogations : Le masque est-il individuel ? Peut-il y avoir des masques collectifs, des masques pour un million d'hommes ? Le masque est-il l'idée absolue du visage ? Né en 1937, l'écrivain moscovite Mark Kharitonov est sorti sous les feux de la rampe avec l'attribution du premier Booker Prize russe, en décembre 1992. Sont parus chez Fayard : la trilogie "une philosophie provinciale ", Un mode d'existence, Les Deux Ivan et une journée en février. A propos de " Une philosophie provinciale " : " Une oeuvre puissamment mystérieuse. " (Claire Devarieux, Libération) " Quelle simplicité, queLle humanité, que de poésie et de pittoresque ! En somme, que de beauté ! " (Christian Combaz, Le Figaro)
Résumé : Le narrateur, un adolescent maladif, arrive avec ses parents dans une ville dont l'accès est strictement réglementé. La rumeur dit qu'on y élabore un aliment secret capable d'apporter le bonheur à l'humanité. Dans cette atmosphère énigmatique, la vie qui pour les autres reste naturelle, ordinaire, semble au narrateur chose absurde et complètement insensée. Son imagination projette ses propres interprétations et permet à son esprit ultrasensible de détecter dans la réalité quelque chose d'insoupçonné par ceux qui se croient doués de sens et de raison. " Sans l'imagination, écrit l'auteur, que pourrions-nous vraiment savoir de nous-mêmes ? " On retrouve dans ce texte l'atmosphère magique et suffocante de la prose romanesque de Kharitonov. Toujours renouvelé et toujours aux prises avec le surnaturel incrusté dans notre nature, l'écrivain ne cesse d'intriguer et de subjuguer, tressant la grande tradition gogolienne avec des éléments de science-fiction et ses propres envoûtements.
Les deux Ivan sont le tsar Ivan IV le Terrible et un simple d'esprit qui se rencontrent dans un monde tout gluant de terreur, où les bourreaux, les chiens, les gens d'armes, les bandes de pillards ou d'enfants voleurs de Moscou, qui ont appris d'emblée à vivre avec la terreur, composent un tissu humain compact, haut en couleur et profondément poétique. Kharitonov manie le coloris historique comme une pâte de rêve, love son récit dans les psychologies frustes et anxieuses d'autrefois, dont celle du tsar qui, entre beuveries et massacres, court les monastères pour soulager son âme. Ces esclaves de boue, qu'Ivan pétrit à son aise, dont il détruit les pauvres isbas pour se faire un chemin de bois à travers les marais, sont comme hallucinés ; ils ont, comme des chiens, goûté au sang humain et contracté une sorte de rage. Mirages et sortilèges sont magnifiquement ourdis dans le récit. Ivan finit par ressentir tout ce peuple et cet espace dévasté de son pays comme son propre corps. Monté par les échafaudages au sommet de la cathédrale aux sept bulbes qu'il fait ériger près du Kremlin, il voit l'espace s'ouvrir béant, il distingue Kazan et l'Oural, la mer et les vaisseaux, l'abîme et les marais, cependant qu'un ouvrier, pris de terreur en apercevant le tsar à cette hauteur prodigieuse, tombe dans le vide. Maître des hommes, Ivan l'est aussi de la mémoire, il dicte l'histoire à son diacre, se fait relire les chroniques de ses guerres. Le Khan tatar parvient aux portes de la capitale de bois et d'or, incendie les premiers quartiers de Moscou, puis, changeant d'avis, s'éclipse, cependant que l'autre Ivan, Ivan l'imbécile, berce un enfant enflé par la faim et extrait de sa chapka un oiseau magique qui ne renaît que lorsque apparaît sur terre " un martyr dément susceptible de se mettre en quête de mémoire et de sens ". Sans jamais disserter, fidèle à sa poétique de la magie, Kharitonov est aussi un quêteur de sens : que signifie tant de tourment sur les terres arides de l'histoire humaine ? Né en 1937, traducteur de Thomas Mann et d'autres auteurs allemands, Kharitonov est sorti sous les feux de la rampe avec l'attribution du premier Booker Prize russe, en décembre 1992. Déjà parus chez Fayard : Prokhor Menchoutine, Netchaïsk, suivi de Ahasvérus, la Mallette de Milachévitch et Un mode d'existence.
Anton Lizavine, chercheur littéraire, retrouve dans les archives de la petite ville de Netchaïsk le dossier d'un philosophe local, Milachévitch, disparu dans les années trente. Milachévitch ne disposait en guise de papier que de papillotes pour enrober les bonbons, sur lesquelles il griffonnait des pensées très fragmentaires, presque " présocratiques ", qu'Anton, fasciné, va tenter de reconstituer. Bribes philosophiques ou triviales, paradoxes liés à l'actualité, simples mots à réutiliser, Milachévitch accompagne de ses rébus une intrigue mouvementée, mi-fantastique, mi-policière, mais qui recèle aussi tout le tragique de l'époque stalinienne. Que penser si notre organisation de l'esprit n'est pas la seule possible et si la succession des nombres est conventionnelle ? Entre la montagne de papillotes du philosophe et la montagne des faits et gestes qui créent une vie, ou une époque, Anton devine un lien mouvant et secret. Bientôt, les lignes des destins du Maître de la Philosophie et de son disciple se croisent et s'entrecroisent : ici quête d'une femme mystérieuse, rentrée d'émigration, et enfermement dans une de ces villes hallucinées par la famine où, en 1933, on ne laissait pas entrer les morts vivants venus de la campagne ; là recherche d'une autre femme, la fille de Prokhor Menchoutine, la muette, devenue fille de salle à l'hôpital, dérision des hommes, et qui échouera sans doute chez les fous. Nous sommes à Moscou ce que Jérusalem est à Rome, dit une autre des papillotes. Tous les chemins mènent à nous. Paris ? c'est à quelle distance de nous ? Cinq mille verstes ? Dieu, quelle province ! Maître du leurre stylistique, Kharitonov rénove en virtuose la tradition gogolienne et, dans son croisement de filigranes mystérieux, pose les questions des fins dernières de l'homme, " ce mince écoulement d'encre, cet assemblage de lettres ". Né en 1937, traducteur de Thomas Mann et d'autres auteurs allemands, Kharitonov est sorti sous les feux de la rampe avec l'attribution du premier Booker Prize russe, qui lui a été décerné, en décembre 1992, pour la Mallette de Milachévitch. Déjà parus chez Fayard : Prokhor Menchoutine et Netchaïsk, suivi de Ahasvérus.
Le littérateur Anton Lizavine vient deux fois par semaine donner des cours à Netchaïsk, petite ville où se déroula la féerie de Prokhor Menchoutine. Nous retrouvons le chapeau du magicien au " musée " du père d'Anton, et sa fille, Cendrillon métamorphosée mais frappée de mutisme histérique, dans la demeure de Kostia le trompettiste, hurluberlu de province qui multiplie les inventions inutiles. Quant à Anton, il est déjà sur les traces du philosophe provincial, Milachévitch, qui deviendra le héros du troisième tome de cette trilogie. Au fond de chacun de nous se cache un rêve de " province " : nous vivons, tout comme Anton, à l'angle de la rue Nékrassov (la poésie) et de la rue Campanella (l'utopie). Anton développe sa philosophie en compagnie d'un rêveur un peu dérangé, Sivers, rencontré dans le train. Sivers lui dévoile l'existence d'une eau-de-vie qui fait disparaître des photographies ceux qui la boivent : une apothéose de la discrétion, quintessence même de la province... Entre la séance aux bains publics avec un petit journaliste énigmatique, l'enterrement de son père puis la lecture de ses archives, Anton se sent mis à nu et, devenu adulte, il commence à brûler de la tension qui est la vie vraie, la vie intense et cachée, celle de Netchaïsk. Ahasvérus met en scène le père de l'étudiant Sivers, vieux collectionneur de livres et grimoires, qui dialogue avec un acteur inquiétant. Le grimoire qu'ils examinent et dont ils lisent des bribes, mystérieuses comme la vie, est l'oeuvre du Juif errant, elle-même une errance d'écriture. " Heureux celui qui a des réserves d'éternité ", nous disent ces deux textes qui, sous couvert de conte, parlent d'art, de rêve et d'un certain code génétique du monde. Né en 1937, traducteur de Thomas Mann et d'autres auteurs allemands, Kharitonov est sorti sous les feux de la rampe avec l'attribution du premier Booker Prize russe, en décembre 1992. Déjà parus chez Fayard : Prokhor Menchoutine et la Mallette de Milachévitch.
Carnages. Des millions de morts dont le décompte pourrait avoisiner celui des victimes de toutes les guerres depuis 1945. Qui en parle? Qui s?intéresse à ces « carnages incompréhensibles »? Rwanda, Kivu, Sud-Soudan, Somalie, Darfour? Invoquer la folie des hommes ne fournit aucune clé d?interprétation; et l?on ne peut pas se contenter de regarder l?Afrique sous le seul angle des Droits de l?homme ou de la Françafrique.Étonnamment, ces conflits majeurs n?ont jamais été appréhendés dans leur globalité. Qui ont été les soutiens, voire les promoteurs de toutes ces guerres? Quels intérêts ont-elles servis? À contre-courant de tout ce qui s?écrit sur l?Afrique, Pierre Péan expose les logiques stratégiques qui visent à remodeler l?Afrique, et dont les « dégâts collatéraux » ont été d?une ampleur inédite et tragique.Il nous révèle ainsi les dessous du Grand Jeu africain des puissances occidentales et les affrontements feutrés entre elles. Après la chute du mur de Berlin, les États-Unis, aidés notamment de la Grande-Bretagne et d?Israël, ont décidé d?étendre leurs aires d?influence sur le continent africain, en réduisant notamment le pré carré français. L?instauration du nouvel ordre mondial y a été d?autant plus profonde que l?Afrique est devenue un des principaux terrains du « choc des civilisations » qui a installé, avant le 11-Septembre, l?Est africain dans l?espace conflictuel du Proche-Orient. Les regards braqués sur le Grand Moyen-Orient n?ont pas vu que le Soudan était devenu pour Israël et pour les États-Unis un pays potentiellement aussi dangereux que l?Iran: il fallait donc « contenir » et diviser le plus grand pays d?Afrique.Les États-Unis, le Royaume-Uni, Israël, la France, le Canada, la Belgique et plus récemment la Chine ont été les belligérants fantômes de ce conflit. Il est temps que l?on tire au clair les responsabilités des uns et des autres. Pierre Péan est écrivain et enquêteur. On lui doit notamment Une jeunesse française: François Mitterrand (Fayard, 1994), La Face cachée du Monde (avec Philippe Cohen, Mille et une nuits, 2003); Noires fureurs, blancs menteurs (Mille et une nuits, 2005), Le Monde selon K (Fayard, 2009).
Le commissaire Gradenne prend froid dans l?hiver du Jura. A la manière de Maigret, enquête « grippée », gendarmes trop « pressés » comme ce corps broyé par la machine?Quelle idée aussi de confier à des officiers de marine à la retraite le renflouement d?une usine, dans ce « port de mer » sous la neige, au milieu des forêts!Vous reprendrez bien de cette Morteau, mijotée dans la potée de la veille, accompagnée d?un Poulsard?? Avec un Comté de plus de dix-huit mois, on vous recommande ce jeune lieutenant de 30 ans d?âge sans beaucoup d?affinage à la PJ, mais avec du? nez, avisé et goûteux!
En 2014, la victoire électorale des nationalistes hindous, remportée en grande part grâce au populisme de leur leader, Narendra Modi, a fait basculer l'Inde dans la démocratie ethnique. Les tenants du sécularisme, des militants politiques aux universitaires en passant par les organisations non gouvernementales, ont été mis au pas. Cibles traditionnelles des nationalistes hindous, les membres des minorités religieuses - les chrétiens et les musulmans en particulier - ont été relégués au rang de citoyens de seconde zone. Non seulement leur mise à l'écart au sein des institutions indiennes - y compris les assemblées élues - est sans précédent, mais ils sont victimes de violences et d'une police culturelle visant tant leurs pratiques religieuses que leurs activités économiques. Cette transformation de la scène politique indienne s'explique par le pouvoir que le mouvement nationaliste hindou, fondé dans les années 1920, a acquis au fil du temps - au plan électoral comme sur le terrain, à travers l'infiltration systématique de l'appareil d'Etat et un dense réseau de militants actifs sur les réseaux sociaux. En retraçant la montée en puissance de Narendra Modi dans son Etat du Gujarat dès les années 2000, puis à l'échelle du pays, Christophe Jaffrelot livre une analyse saisissante de l'essor du national-populisme au sein de la plus grande démocratie du monde.
Josy Eisenberg est rabbin et anime "A bible ouverte" et "La source de vie" sur France 2. Il a notamment publié Le Judaïsme pour les nuls (First, 2009). Adin Steinsaltz, rabbin et mathématicien, a reçu le prix Israël pour son commentaire des deux Talmuds.