Ces contes proviennent des monarchies wolof (Jolof, Waalo, Kajor, Baol) qui régnèrent au Sénégal du XIIIe jusqu'au début du XXe siècle. On peut diviser ce long temps en trois périodes. Nos contes renvoient donc à telle ou telle période, selon son éthique et sa vision du monde. Le système lamanal : les lamanats étaient des communautés sédentaires constituées par des lignages ou des clans. Leur organisation tournait autour de la terre, de la famille et du sacré. A la tête de chaque groupe, se trouvait un lamane, patriarche qui répartissait les terres, percevait les redevances et assurait la fertilité par des offrandes aux divinités ancestrales. L'ère ceddo (tieddo) : à partir du XVIe siècle, le Kajoor, le Waalo et le Baol commencent à sortir du giron du Jolof pour devenir des entités autonomes régies par des monarques. Dans ce contexte d'amplification de poussée almoravide, de razzia, de la traite négrière, "le pouvoir était au bout du fusil" (Mao Tse Toung). "Plier le genou devant le prêtre et le prophète apparaît vil et indigne au guerrier et à l'aristocratie" (Max Weber). L'islamisation : du XVIIe au XIXe siècle, la traite négrière déstabilise en profondeur les sociétés sénégambiennes. L'islam présent dans cette région de l'Afrique (Tekrour) depuis le Xe siècle va prendre de plus en plus d'importance dans la défense des populations face aux négriers. Le projet maraboutique visa la restauration des valeurs morales et sociales.
Certains racontent même que Sogolon fut enceinte pendant dix-sept ans, mais c'est sûrement exagéré. D'autres disent que son bébé sortait de son ventre pour aller chercher du bois, puis retournait y dormir. Ce qui est sûr, c'est que lorsqu'il se décida à sortir pour de bon, le ciel s'obscurcit en plein jour, le tonnerre gronda, les éclairs fulgurèrent et la pluie inonda la savane en pleine saison sèche... Ainsi les griots africains racontent-ils la naissance de Soundiata, fils d'un petit roi et d'une femme-buffle, fondateur au XIIIe siècle de l'empire du Mali.
Autant les contes africains ont été explorés, commentés, interprétés, autant s'est-on trop souvent contenté de recueillir les mythes du Continent noir, sans se risquer à les analyser. Le mythe de création bambara, les Dieux d'eau dogon, les divinités du Vaudou ont fait l'objet de descriptions extrêmement détaillées et l'on s'est arrêté là. Rares en effet sont les chercheurs, comme Luc de Heusch, ou Bonaventure Mve Ondo, qui se sont penchés sur la logique du mythe, ses causes, son fonctionnement, sa ou ses fonctions. Le travail que fit Lévi-Strauss pour les Amérindiens, et Dumézil pour les Indo-Européens, n'a pas été accompli pour l'Afrique. Et certes, ce présent ouvrage n'a aucunement l'ambition d'en tenir lieu ! mais plus modestement d'amorcer la recherche sur les mythes par un questionnement minimum, et de commencer par des mythes plus simples que ces grands récits cosmogoniques ou religieux ; ainsi nous traiterons de mythes de migration, de fondation de royaume, de fondation de culte localisé. Apprendre à interroger un mythe, au lieu de le chasser de l'Histoire, comme une légende parasite. Savoir que tout mythe cache une expérience, des intérêts particuliers ou collectifs, un drame ou un conflit, bref des faits importants qu'il n'est pas question d'oublier, et qu'on enferme dans la capsule du mythe, pour voyager à travers l'espace et le temps. Ainsi de Seth au Bida de Wagadou, du Tyamaba peul au Mboose sérère, nous voyagerons sur les sentiers peu fréquentés des mythes, à travers les siècles, à travers Ghâna, Tekrour, Waalo et Djolof, Segou, Baol et Saloum. Cet ouvrage rend compte de vingt ans de recherches ethno-littéraires sur des mythes ouest-africains en suivant la piste de l'eau et du serpent..., il contient aussi des textes peuls et wolof.
L'EPOPEE BAMBARA DE SEGOU Voici la plus célèbre des épopées africaines, après Soundiata. Elle évoque les rois et les événements qui ont marqué les 18 et 18e—siècles sur les territoires assujettis au royaume de Ségou dont l'hégémonie suivit celles du Manding et du Songhay. L'épopée en retrace les épisodes hauts en couleurs, pleins d'action, de héros bien typés, de situations glorieuses ou émouvantes, tragiques ou poétiques. C'est un des plus beaux textes littéraires du genre épique mondial. L'ouvrage ici publié est la première " intégrale " de cette geste. Il comporte douze épisodes qui furent traduits de récits bambara enregistrés entre 1964 et 1971 auprès de six griots différents. Depuis, d'autres versions ont été recueillies par des chercheurs comme Adama Konare, J. Bazin, G. Dumestre, D. Conrad, Ch. Bird, Kalilou Tira pour ne citer que les principaux. Ces récits sont clamés sur un ton plus élevé que celui de la narration ordinaire, et scandés par un rythme musical.
Senghor, inaugure son rôle de promoteur des Lettres africaines, avec un coup d'éclat: c'est en 1948 la publication de l'Anthologie de la Nouvelle poésie nègre et malgache, avec la célèbre préface de Sartre, Orphée Noir, qui présentait les poètes de la Négritude. Il devint président du Sénégal et donna sa mesure en tant que mécène des Lettres africaines... Césaire, Moi Laminaire, s'est confié, livré sur sa poésie, sur la valence des mots, vecteurs de forces inaccessibles à lui par d'autres voies, périodes de bonheur où le poète voltige dans une jonglerie verbale dont il a le secret, et qui fait songer à Nietzsche, à son apologie de la danse... Mais cet état de grâce n'est pas permanent, tant s'en faut et souvent, le poète se heurte à l'incapacité d'un dire. Les mots le trahissent et sont des grandsfagots de mots qui s'écroulent dans un coin. Ils évoquent les fantômes, conjurent ses monstres et lui rendent l'oxygène dont les miasmes quotidiens le privent." Biographie de l'auteur Professeur à l'Université de Dakar et chercheur à l'IFAN. Après avoir enseigné au Cameroun, Mme Kesteloot-Fongang est depuis 25 ans au Sénégal. Elle a publié, entre autres, la première thèse sur lesécrivains noirs en 1963 qui a établi les principauxjalons du Mouvement de la Négritude. Son Histoire de la littérature négro-africaine (Karthala, 2001) comme son Anthologie Négro-africaine (Hachette, 1968-1993) font autorité pour aborder ce domaine encore mal connu du patrimoine littéraire mondial.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.