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L'urbanisme par les modes de vie. Outils d'analyse pour un aménagement durable
Kaufmann Vincent ; Ravalet Emmanuel
METISPRESSES
32,00 €
Épuisé
EAN :9782940563500
Confrontées aux défis écologiques et aux impératifs qu'ils exigent, les politiques publiques aspirent à placer la durabilité au centre de nos préoccupations quotidiennes. Les différentes incitations mises en oeuvre peinent cependant à vaincre l'inertie que leur opposent nos modes de vie. La consommation d'énergie par ménage augmente, l'étalement urbain se poursuit et les distances de déplacement ne cessent de croître. Un tel manque d'efficacité tient avant tout à une compréhension imparfaite des personnes, de leurs pratiques et des motifs qui les sous-tendent. Il montre que l'adaptabilité des citoyens face aux politiques qui visent à orienter leurs choix est trop souvent sous-estimée. Peut-on intervenir sans comprendre les raisons, parfois intimes, qui sont à l'origine des pratiques de mobilité, des formes de consommation ou encore des choix résidentiels ? Le présent ouvrage propose un état des lieux des recherches autour de la question des modes de vie à partir d'enquêtes originales et récentes portant sur l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, les Etats-Unis, la France, l'Italie, la Grande-Bretagne, le Japon, la Suisse et la Turquie. Il vise à mettre en évidence l'ampleur et la variété des connaissances nécessaires à l'urbaniste pour concevoir des politiques d'aménagement plus compréhensives et plus réflexives.
Dans de nombreuses agglomérations européennes, les pouvoirs publics cherchent à limiter l'usage de l'automobile en milieu urbain. Cette volonté se traduit généralement par l'amélioration de l'offre de transports publics, mais elle se heurte à des difficultés insoupçonnées. Le développement d'une offre de transports publics performante ne suscite pas les reports d'usage ou reports modaux attendus. L'expérience montre que l'amélioration des transports publics attire certes de nouveaux usagers, mais pratiquement pas d'automobilistes. Le présent ouvrage analyse les logiques d'action sous-jacentes aux pratiques de mobilité quotidienne et allie ainsi questionnements pratique et théorique. Si l'intérêt pratique d'analyser les obstacles au rapport modal est évident cette problématique comporte aussi des enjeux théoriques. Elle repose en effet sur le postulat que l'acteur individuel fonde ses pratiques quotidiennes de transport sur la base d'un choix économique rationnel. Ainsi, la question du report modal constitue une opportunité d'analyser et de discuter les pratiques quotidiennes de transport, et par là même d'aborder certaines dimensions des modes de vie. Ce livre s'adresse à la fois aux chercheurs et praticiens des services publics et privés travaillant dans le domaine des transports urbains ainsi qu'à tous ceux concernés par la problématique urbaine.
Comment les médias ont-ils contribué, par leur présence comme par leur absence, à configurer la vie d'un personnage longiligne, né Suisse alémanique et devenu, Dieu sait pourquoi, un spécialiste de littérature française, alors que celle-ci n'était peut-être pas son genre ? Quel rôle les livres, les caméras, les enregistreurs, la télévision, les bandes dessinées et les mégaphones ont-ils joué dans sa vie ? Comment devient-on critique littéraire ? Cette question est au centre d'une autoanalyse dont le sérieux n'est hélas pas certain. Le fil conducteur en est l'histoire de la voix de l'auteur, ou plus exactement celle de ses extinctions, de ses défaillances et de ses absences. En effet, si celui-ci a pu rêver de devenir une voix, il secouait de bonne grâce, car le panégyrique n'est pas son tort, que telle n'était pas sa vocation. Le destin du critique littéraire est-il d'être voué à la secondarité ? Ne vient-il pas, par définition, après ceux qui ont su imposer leur voix, toujours trop tard ? Et de quoi tirerait-il alors quelque orgueil sinon de son aptitude à la dérision ? Car c'est là ce qu'il a eu de meilleur.
L'imaginaire médico-religieux : un chapitre méconnu de l'histoire de la littérature moderne. De Balzac à Guibert, de Michelet à Leiris, en passant par Zola, Huysmans, Artaud et tant d'autres, un tel imaginaire a configuré les conceptions les plus diverses de la littérature et de l'art. Portraits de l'écrivain en clinicien, en anatomiste de la société, en guérisseur, ou encore en patient, digne de compassion : dans leur variété, ces figures renvoient à une problématique inséparablement médicale et religieuse. On suit ainsi les avatars littéraires d'un très vieux ménage à trois : l'artiste, le médecin, le prêtre. Pacifique, dit-on, dans les temps anciens (celui des chamans par exemple), ce ménage est devenu problématique et conflictuel chez les modernes. II est traversé de divergences, d'exclusions, d'alliances des uns aux dépens des autres, de neutralisations et de retrouvailles. La littérature moderne n'est certes pas identifiable au médical, ni au religieux, mais elle s'y confronte comme à autant de tenaces altérités. Toute son histoire en suscite et en défait les croyances. Ménage à trois, donc : mais avec scènes de ménage...
Il y a, au c?ur du geste épistolaire, une fondamentale équivoque, que les écrivains ont souvent exploitée. La lettre favorise, dit-on, la communication et la proximité; mais elle peut aussi disqualifier toute forme de partage et produire une distance, un éloignement, nécessaires à l'avènement de l'?uvre. Les pratiques épistolaires examinées ici sont donc considérées comme autant de laboratoires installés aux frontières de l'écriture poétique. On y passe, par exemple, des scènes d'amour de Flaubert et de Kafka aux scènes financières de Baudelaire, des condoléances et des bulletins de santé de Proust aux emportements d'Artaud, des saluts de Mallarmé aux confidences de Valéry, ou encore aux prospections immobilières de Rilke. A travers les usages les plus divers de la lettre se dessine ainsi une sorte de généalogie de quelques-unes des expériences les plus significatives de la littérature moderne.
De nombreux auteurs ont mis au jour les conditions qui ont conduit à penser autrement la ville au tournant des années 1900: un savoir qui se forme au carrefour de plusieurs disciplines, l?adoption de nouvelles méthodes de gestion par les personnels administratifs, la création de nouveaux cadreslégislatifs, les actions d?un milieu réformateur qui conduisent au renouvellement des pratiques et du métier. Mais, très peu d?entre eux se sont intéressés aux dispositifs matériels par lesquels s?est élaborée une pensée, se sont formés des concepts et se sont légitimées des démarches. Enrico Chapel s?attache à l?un d?entre eux: la statistique graphique. En suivant une approche sociohistorique, il montre que l?urbanisme naît de deux fascinations: celle du désordre urbain, étroitement lié à l?essor de la ville industrielle et des échanges capitalistes, et celle du nombre. L?auteur montre que la statistique graphique devient un outil incontournable pour nombre d?architectes au nom d?une analyse exacte, voire scientifique du phénomène urbain, ainsi que la condition de possibilité d?un projet spatial qui se veut objectif et prédictif à la fois.
Mauro Carbone est Professeur de Philosophie (spécialité: Esthétique) à la Faculté de Philosophie de l'Université Jean-Moulin Lyon 3, ainsi que membre senior de l'Institut Universitaire de France.