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Pour une sociologie de l'environnement. Environnement, société et politique
Kalaora Bernard ; Vlassopoulos Chloé
CHAMP VALLON
24,00 €
Épuisé
EAN :9782876739161
L'environnement est de plus en plus médiatisé dans la société française contemporaine. Pour autant un hiatus existe entre cette présence médiatique et la place qu'il occupe dans les sciences humaines et sociales. Seul un petit nombre de chercheurs, sociologues, politistes, juristes, historiens, pour certains engagés, ont fait de la question environnementale leur thème de prédilection sans jamais toutefois réussir à mobiliser leurs communautés respectives. Cette résistance des sciences sociales à se saisir de cette question apparaît comme une spécificité française liée aux préjugés scientifiques, aux découpages institutionnels et aux conflits disciplinaires. L'environnement y est considéré comme un domaine relevant des sciences biologiques, climatiques, écologiques, géomorphologiques et non des sciences sociales. En partie, ces raisons expliquent sa relégation au rang d'objet périphérique. Rien de tel dans les pays anglo-saxons où l'environnement a dans les sciences sociales une place majeure comme processus dynamique d'interaction entre des facteurs naturels et sociaux Cet ouvrage explore les causes à l'origine de cette relégation de l'environnement en France et les difficultés à faire valoir son existence dans la recherche sociologique et dans l'espace public. Ses auteurs explorent les arcanes de la construction sociale et politique de l'environnement, fouillant les coulisses de la recherche, des ministères et des grands corps d'Etat pour comprendre ce particularisme français et les conséquences tant cognitives que pratiques qui en découlent. Unique en son genre, ce livre est un outil indispensable à tous ceux, étudiants, chercheurs, experts, décideurs, qui s'interrogent sur les relations entre Société, Politique et Environnement.
La forêt n'échappe pas aux déterminismes sociaux, elle est le reflet des styles et modes de vie, de l'air du temps. Le public y vient moins pour rencontrer la nature que pour y retrouver les marques de son environnement social, de ses rêves, de ses nostalgies. Les loisirs apparaissent d'excellents révélateurs des valeurs d'une société .Si durant les "trente glorieuses" régnaient la consommation de biens et le plaisir d'acquérir, aujourd'hui, l'accroissement des richesses économiques et symboliques ne peut plus être le seul déterminant d'une bonne vie. L'empathie avec la nature, la soumission à son égard, sont les nouveaux idéaux qui renvoient à une éthique fondée sur la reconnaissance des droits de la nature et non plus du droit à la nature. Sommes-nous à la veille de l'avènement d'une culture environnementaliste ? La forêt ne serait-elle plus seulement un support de pratiques de consommation mais un espace fréquenté pour ses attributs écologiques ? L'adhésion à ces valeurs implique-t-elle une modification en profondeur des comportements ou n'est-elle qu'un effet passager de la mode verte ? Du musée vert à la forêt-écosystème, cet ouvrage montre combien les modes de fréquentation de la forêt reflètent l'esprit du temps et racontent l'évolution des valeurs d'une société.
Au tournant du siècle, dans les régions de montagne, des agents de l'administration forestière prennent conscience des implications économiques et sociales de leur mission sylvicole. S'inspirant des travaux sociologiques de Le Play et de son Ecole dont ils partagent l'idéologie de paix sociale, ils forgent pour les besoins de leur pratique des méthodes d'analyse originales et élaborent des stratégies de développement. Véritables experts sociaux, ils proposent et mettent en oeuvre des moyens d'action pour concilier la conservation des forêts et la sauvegarde des sociétés pastorales. Loin des universités où Durkheim et ses disciples élaborent la sociologie abstraite, ces praticiens chercheurs, à l'épreuve des hommes et des faits, expérimentent une sociologie concrète préfigurant par bien des aspects les pratiques actuelles d'économie sociale.
Le XIXe siècle marque un tournant dans l'histoire de l'administration forestière et des relations entre agriculture et forêt. Il s'accompagne d'un renforcement du pouvoir du corps forestier avec la création de l'Ecole forestière de Nancy et la promulgation du Code forestier de 1827 qui vont renouveler et rationaliser l'action des agents forestiers sur le territoire national. Dans cet objectif, l'administration des eaux et forêts va normaliser ses modes de recrutement interne et ses modalités d'intervention en étendant son emprise et son influence sur la société civile pour l'adapter aux nouveaux enjeux, tant sociaux qu'économiques et environnementaux. Cet ouvrage, bien que se référant à une histoire passée, nous interpelle sur les changements contemporains de la représentation sociale des forêts, notamment écologique, et de la protection dont on voit déjà apparaître les prémisses.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Résumé : L'histoire de la clandestinité intrigue, tant sont nombreuses les zones d'ombre, parfois artificiellement entretenues, et les pages méconnues, tandis qu'une poignée de clandestins a su polariser la curiosité du public et des historiens. Mais cette histoire est-elle seulement possible ? Chaque chapitre de ce livre, à sa manière, répond par l'affirmative, en retraçant la trajectoire d'un groupe politique, d'un mouvement structuré, avec une fortune variable, dans la dissimulation et par la pratique de l'illégalité. Contrairement à une impression première, les sources les plus diverses permettent d'en brosser une histoire incarnée, une histoire de l'intérieur, sans négliger pour autant le domaine des fantasmes que la lutte clandestine suscite immanquablement. Il s'agit là d'une conviction partagée par les auteurs, la compréhension de la clandestinité en politique se doit d'articuler, d'une part, les représentations propres aux mondes clandestins, qui, malgré leur diversité, peuvent être rassemblées dans l'expérience de cette lutte radicale et secrète, avec, d'autre part, les images de la lutte clandestine qui circulent à l'extérieur des groupes, que ce soit celles diffusées par le pouvoir ou les médias ou bien celles qui se développent au sein de la société et des différents mouvements sociaux. A travers l'exploration de la clandestinité comme modalité d'action politique, cet ouvrage expérimente une comparaison entre différents mouvements politiques dont les spécialistes dialoguent d'ordinaire trop peu ? anarchismes, résistances, mouvements révolutionnaires ou anticoloniaux ? en montrant l'existence de problématiques communes malgré les différents contextes. Il ambitionne également de fournir des clés pour comprendre la persistance de la menace clandestine, toujours actuelle, mais qui plonge ses racines dans une histoire longue et multiforme.
La période qui voit le passage de la ville de l'Ancien Régime à la ville haussmannienne ou haussmannisée semble bien connue et les conditions de cette transformation ont été largement analysées. Schématiquement, on considère que le milieu urbain s'assainit tout au long du XIXe siècle, passant de la stagnation miasmatique encouragée par les activités artisanales à la dynamique industrielle symbolisée par la rectification urbaine qui associe percée, aménagement du réseau viaire, nettoiement généralisé de l'espace public grâce aux égouts et à la distribution de l'eau, renouvellement de l'air grâce aux grands mouvements urbains, humains et économiques. Cet ouvrage aborde la ville du point de vue de deux acteurs qui ont joué un rôle fondamental dans les transformations du milieu urbain : le médecin et l'ingénieur, en mettant en avant la cohérence et surtout les limites de leurs approches respectives, traduites par les dysfonctionnements connus par le milieu. Pour ce faire, l'auteur adopte un point de vue original, celui du sol et du sous-sol urbains, par opposition à l'air et à l'eau qui sont considérés depuis plus d'un siècle comme les principaux vecteurs de l'environnement et de la salubrité. L'évolution du milieu urbain, principalement étudiée dans le cas de Paris, révèle les limites des transformations mises en ?uvre au XIXe siècle. L'imperméabilisation du sol, la production de boues, les effets de l'assainissement ou le paludisme urbain traduisent l'échec (certes relatif) et les effets pervers du projet hygiéniste. En définitive, le milieu urbain échappe rapidement à la science.
En janvier 1589, alors que la France subit sa huitième guerre de Religion entre catholiques et protestants, Jacques de La Guesle, procureur général au parlement de Paris, dénonce les effets désastreux de la division religieuse aux représentants des trois états réunis au château de Blois. Elle n'a apporté que désordres, confusions, démolitions d'églises. Pour le haut magistrat, la dissension religieuse est un glaive à deux tranchants qui pénètre jusque dans la moelle des os. Les années de la fin du règne de Henri II voient s'accélérer la rupture reli- gieuse entre catholiques et protestants. En témoignent les arrêts criminels rendus par le parlement de Paris, cour souveraine qui rend la justice au nom du roi. Ils sont un observatoire privilégié, sorte de caisse de résonance de leur époque. Ils offrent la possibilité de suivre presque au jour le jour les violences et les affrontements toujours plus intenses entre catholiques et réformés. L'enquête débute en 1555, pour s'achever sur la paix d'Amboise en mars 1563, soit les huit années qui précèdent la première guerre de Religion et qui l'englobent aussi. Se distinguent trois phases différentes : une politique de répression menée par Henri II jusqu'à sa mort accidentelle en 1559, la recherche de conciliation menée en 1560 et 1561, puis l'éclatement de la guerre en mars 1562 et ses effets. L'activité criminelle de la plus haute cour de justice du royaume montre qu'en matière de religion la politique royale est souvent hésitante, parfois volontariste, et qu'elle finit par se heurter à l'opposition des sujets, laquelle entraîne l'inapplication des lois et le développement de la violence. Quant à la justice du roi, son légalisme pétri de modération tente de conjurer une réalité qui ne veut pas s'encombrer de scrupules juridiques. Cette étude révèle à quel point la Réforme protestante a ébranlé la France ainsi que la monarchie. Elle aide à nous convaincre de l'importance du danger que constitue la résurgence de la violence au nom de la religion.