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Poèmes politiques
Kahn Jean-François
FAYARD
22,45 €
Épuisé
EAN :9782213025643
Quel est le pari que je tente ? Montrer d'abord que la poésie peut de nouveau être lue. Ensuite, qu'elle peut se libérer de l'ésotérisme et de l'élitisme. Enfin, qu'elle peut de nouveau véhiculer un discours explicite ! Qu'elle est en quelque sorte une forme toujours moderne permettant de dire, à côté de l'essai, du roman, du pamphlet, de la biographie, éventuellement la même chose mais d'une autre façon. Et, pour cela, j'ai voulu dépasser les polémiques archaïques et subalternes sur le classicisme, le néo-classicisme, le vers libre, la poésie en prose, la chanson. La poésie est un tout qui englobe toutes ses composantes d'hier, d'aujourd'hui, de demain... Comme la musique. Ce qui est moderne, c'est ce que nous avons à dire, et qui justement intègre parfois trop de complexité, de contradiction, d'interrogation pour être enfermé dans une prose carrée et sèche. En ce sens, en cette période de gigantesque remise en question, la politique tout naturellement redevient poésie... Pour le reste... J. -F. K.
Le communisme fut un immense mensonge qui engendra en réaction de multiples autres mensonges à travers le monde. Utopie réalisée, le communisme a suscité l'émergence de régimes totalitaires antagonistes : fascisme, nazisme, juntes militaires, intégrismes religieux, qui ont rivalisé dans la manipulation de l'opinion et des élite. Selon l'auteur, "Le communisme était une réalité falsifiée à laquelle on ne parvint à répondre que par une contre-falsification de cette même réalité. Dès lors, tout le débat idéologique s'organisa autour de leurres (...). Une gigantesque tromperie feignit, pendant soixante-dix ans, de dialoguer avec un foisonnant conglomérat d'illusions". Plus tard, l'effondrement de l'Empire soviétique a entraîné dans sa chute à peu près tout ce qui s'était défini et positionné en référence à lui : socialisme réel, nassérisme, arabisme, tiers mondisme, fédérations artificielles (Tchécoslovaquie, Yougoslavie), etc. Le communisme chinois ne sauva sa tête qu'en se reniant et en livrant des régions entières à l'économie de marché la plus sauvage. L'auteur renoue ainsi avec sa thèse d'un précédent ouvrage, selon laquelle toute révolution est vouée à l'échec car la nature préfère l'évolution (le réformisme) aux disruptions. Le parallèle soviétique avec la Révolution française est en effet frappant : "après Staline, on eut Khroutchev (Thermidor), Gorbatchev (le Directoire), un Eltsine botté (Bonaparte) et le retour des tsars". Autocensure et ressassement du communisme pour ne pas avoir à penser l'après-communisme, se combinent avec la croyance commode que les mécanismes de marché annoncent la fin de l'Histoire, pour nous dispenser de prendre nos destinée en mains. L'auteur nous adjure de nous réveiller pour sauter du XIXe siècle au XXIe siècle, exorcisant au passage l'abominable XXe, "siècle du mensonge". Mais il faudrait pour cela des réformistes inspirés et courageux, dont il se demande où ils ont bien pu passer... -- Pierre Bonnaure --
1er juin 1885. Paris enterre Victor Hugo. Le presque tout Paris, avec ses gloires vivantes, ses humbles. Les uns royalistes, républicains, les autres anciens communards, fils de Gavroche, d'autres encore héritiers d'Esméralda et de Quasimodo. "De haut, cela eût paru un ahurissant patchwork de velours et de crin. De mousse et de chiendent", écrit en ouverture de son pavé hugolien Jean-François Kahn. À vrai dire, ces funérailles rassemblant les classes sociales et les idées est à l'image d'un écrivain qui ne manqua pas d'évoluer toute sa vie. D'abord pair de France, monarchiste, académicien, puis défenseur des Communards, s'inscrivant contre la peine de mort, rêvant l'internationale des peuples... C'est bien cette évolution et cet écartèlement qui sont racontés ici, avec force lyrisme. En 1984, Jean-François Kahn livrait L'Extraordinaire Métamorphose de Victor Hugo, entre 1847 et 1851. Ce texte est ici repris, précédé d'"un révolutionnaire", revenant sur les traces d'un homme rarement satisfait, toujours en lutte, porté par ses rêves et ses idéaux humanistes. Aujourd'hui à la tête de l'hebdomadaire Marianne, Jean-François Kahn avait lancé (également) en 1984 L'Événement du jeudi, reprenant en partie le titre que Victor Hugo fonda en juillet 1848, L'Événement. Cette correspondance des titres révèle la fascination de Kahn pour Hugo, explique le ton d'une biographie tout entière dans l'éloge et l'apologie. --Céline Darner
« Chiche! Je prends le risque. Ce livre est d?abord un défi. A ceux, à tous ceux qui n?ont cessé de me reprocher d?avoir « dit », sous prétexte qu?ils n?ont pas osé ou voulu « dire ». J?en appelle aujourd?hui à leur honnêteté et à celle de tous les futurs lecteurs de ce livre. Toutes les pièces du dossier sont là. A eux de juger. Qui avait raison? Car, ce n?est pas Nicolas Sarkozy qui est le principal responsable. Avec ses qualités et ses défauts, il est ce qu?il est. Et ce qu?il est a toujours été transparent. Tout était d?emblée sur la table. S?il y a une responsabilité, elle est collective. Comment a-t-on pu accepter ça? Et pourquoi? Ce livre fera hurler certains. Tant mieux. Il est fait pour ça. Pour faire réagir. » J. F Kahn
Un an après l'invasion et l'occupation de l'Irak, après une guerre juridiquement indéfendable, moralement injustifiable, politiquement ingérable, où en sommes-nous? Aucune trace d'armes de destruction massive, des élections libres ajournées, des attentats quasi quotidiens... Catastrophe en un mot, dont nous aurons du mal à nous remettre. Hier encore, la cause démocratique restait vierge. Aujourd'hui, le fascisme, sous sa forme intégriste, prétend prendre en charge la révolte des humiliés, pendant que les nouveaux maîtres du monde, les tenants du "camp de la guerre", sont parvenus, au nom de la démocratie, à asseoir un pouvoir impérialiste et oppresseur. Oppression démocratique contre résistance antidémocratique: imagine-t-on le choc qu'induit une telle inversion?Jean-François Kahn analyse ici la dérive intellectuelle et idéologique qui a conduit à cette guerre absurde, soumet à l'épreuve des faits les discours extravagants qui l'ont justifiée, prend la mesure du naufrage de nos valeurs et du raz-de-marée qu'elle a provoqué. Et montre comment un certain discours néo-conservateur d'aujourd'hui n'est plus que le retournement d'un certain discours stalinien d'hier.
Résumé : Il s'appelle Sainte-Marie-du-Mont, village posé au bord de la Manche, à la base de la presqu'île du Cotentin. C'est le personnage de ce livre. La plage est commode. En l'an 900, le Viking Vieul Aux Epaules y jeta ses drakkars. Dix siècles plus tard, l'Américain Eisenhower lança sur elle ses barges ; depuis, on la nomme Utah Beach. Juché sur la colline, le bourg essuie depuis toujours les tempêtes magistrales : guerre de Cent Ans, guerres de religion, révolutions, occupations... Il n'est pratiquement pas d'événement majeur qui n'ait laissé sa trace sur ce coin de bocage enclavé dans ses haies, de sorte que la chronique communale ne cesse de renvoyer à l'histoire de France. Mais aujourd'hui comme hier, les gens d'ici vivent à leur pas, car l'Histoire est peu de chose, au bout du compte, auprès des histoires qui tissent la trame des jours ordinaires.
Résumé : C'était une ville étrange qui, pareille à une créature préhistorique, paraissait avoir surgi brusquement dans la vallée par une nuit d'hiver pour escalader avec peine le flanc de la montagne. Tout, dans cette ville, était ancien et de pierre, depuis les rues et les fontaines jusqu'aux toits des grandes maisons séculaires, couverts de plaques de pierre grise semblables à de gigantesques écailles. On avait de la peine à croire que sous cette puissante carapace subsistait et se reproduisait la chair tendre de la vie. Oui, c'était une ville tout ce qu'il y avait d'étrange. Quand on marchait dans la rue, on pouvait par endroits, en étendant un peu le bras, accrocher son chapeau à la pointe d'un minaret. Bien des choses y étaient singulières et beaucoup semblaient appartenir au royaume des songes. Préservant à grand mal la vie humaine dans ses membres et sous sa carapace de pierre, elle ne lui en causait pas moins bien des peines, des écorchures et des plaies, mais quoi de plus naturel, puisque c'était une ville de pierre et que son contact était rugueux et glacial. Non, ce n'était pas facile d'être enfant dans cette ville-là.
Le nouveau monde de l'oncle Henry La fin de la guerre froide semblait déboucher sur un monde simplifié: au centre, une Amérique victorieuse et sans rivale, seule superpuissance capable de dicter son ordre mondial et de diffuser partout son mode de vie et ses valeurs. La magistrale leçon d'histoire et de diplomatie d'Henry Kissinger détruit cette illusion: l'Amérique, prévient celui qui a inspiré pendant près de dix ans sa politique étrangère, va devoir réformer profondément sa vision du monde et ses méthodes d'action, sous peine de se réfugier à nouveau dans un isolationnisme aussi dangereux qu'illusoire. Il lui faudra évoluer dans un système complexe d'équilibre des forces, une notion avec laquelle elle est justement en "délicatesse". Cette révision déchirante concerne d'abord le rêve américain de sécurité collective: incarné pendant près d'un siècle par Woodrow Wilson, l'architecte de la paix de Versailles, il se nourrit de grands principes (l'autodétermination), de volonté de coopération, de partage des valeurs (américaines) et du respect du droit international. Cette doctrine prenait le contre-pied d'une conception européenne qui avait dominé les affaires internationales pendant près de trois siècles avant de s'effondrer. Richelieu, Metternich et Bismarck avaient inventé les concepts d'Etat-nation et de souveraineté, dans un équilibre où chacun, toujours prêt au conflit, se déterminait selon son intérêt national et sa marge de manoeuvre. Or la doctrine wilsonienne n'est plus pertinente, et le nouvel ordre "ressemblera davantage aux systèmes étatiques des xviiie et xixe siècles qu'aux schémas rigides de la guerre froide". Il comprendra cinq ou six grandes puissances - les États-Unis, la Chine, la Russie, le Japon, l'Europe (si elle est unie) et peut-être l'Inde -, entre lesquelles s'établira un jeu mouvant. Et l'ancien conseiller des princes conclut sa grande fresque en suggérant à Bill Clinton de s'intéresser "au style de Bismarck". Les solutions les plus inventives, affirme-t-il, consisteront à "construire des structures mixtes, en chevauchement", fondées sur des principes, des préoccupations de sécurité, ou des intérêts économiques communs. Mais le rodage de ce système, dit-il, "prendra sans doute plusieurs décennies"... --Vincent Giret--
Carnages. Des millions de morts dont le décompte pourrait avoisiner celui des victimes de toutes les guerres depuis 1945. Qui en parle? Qui s?intéresse à ces « carnages incompréhensibles »? Rwanda, Kivu, Sud-Soudan, Somalie, Darfour? Invoquer la folie des hommes ne fournit aucune clé d?interprétation; et l?on ne peut pas se contenter de regarder l?Afrique sous le seul angle des Droits de l?homme ou de la Françafrique.Étonnamment, ces conflits majeurs n?ont jamais été appréhendés dans leur globalité. Qui ont été les soutiens, voire les promoteurs de toutes ces guerres? Quels intérêts ont-elles servis? À contre-courant de tout ce qui s?écrit sur l?Afrique, Pierre Péan expose les logiques stratégiques qui visent à remodeler l?Afrique, et dont les « dégâts collatéraux » ont été d?une ampleur inédite et tragique.Il nous révèle ainsi les dessous du Grand Jeu africain des puissances occidentales et les affrontements feutrés entre elles. Après la chute du mur de Berlin, les États-Unis, aidés notamment de la Grande-Bretagne et d?Israël, ont décidé d?étendre leurs aires d?influence sur le continent africain, en réduisant notamment le pré carré français. L?instauration du nouvel ordre mondial y a été d?autant plus profonde que l?Afrique est devenue un des principaux terrains du « choc des civilisations » qui a installé, avant le 11-Septembre, l?Est africain dans l?espace conflictuel du Proche-Orient. Les regards braqués sur le Grand Moyen-Orient n?ont pas vu que le Soudan était devenu pour Israël et pour les États-Unis un pays potentiellement aussi dangereux que l?Iran: il fallait donc « contenir » et diviser le plus grand pays d?Afrique.Les États-Unis, le Royaume-Uni, Israël, la France, le Canada, la Belgique et plus récemment la Chine ont été les belligérants fantômes de ce conflit. Il est temps que l?on tire au clair les responsabilités des uns et des autres. Pierre Péan est écrivain et enquêteur. On lui doit notamment Une jeunesse française: François Mitterrand (Fayard, 1994), La Face cachée du Monde (avec Philippe Cohen, Mille et une nuits, 2003); Noires fureurs, blancs menteurs (Mille et une nuits, 2005), Le Monde selon K (Fayard, 2009).