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Les brigadistes suisses au Nicaragua (1982-1990)
Kadelbach Thomas
AP FRIBOURG
24,70 €
Épuisé
EAN :9782940715138
Petit pays d'Amérique centrale, le Nicaragua, dans les années 1980, est le nom d'un symbole : engagé dans un processus révolutionnaire qui souhaite en finir avec la misère, il se heurte à l'intransigeance des puissants. Partout dans le monde, des centaines de milliers de personnes militeront pour assurer la survie à ce que la révolution des pauvres incarne avant tout : l'espoir en un monde meilleur et plus juste. Parmi eux, les brigadistes suisses : quittant pour quelque temps le bien-être étouffant de leur pays, ils tentent d'apporter une aide concrète à des gens qui en ont besoin tout en écoutant leurs histoires. Construisant des écoles, des ponts et des maisons d'habitation, collaborant à la récolte du café et travaillant dans les champs, ils se solidarisent avec un projet dont ils partagent les idéaux politiques et connaissent peu à peu ce qui, au Nicaragua, est omniprésent : la pauvreté et la guerre. Comment vivent-ils leur engagement ? Quels sont ses objectifs et quel pourrait être, en termes d'efficacité, mais aussi à un niveau individuel, le bilan de la solidarité active avec la révolution sandiniste ? Désireux de répondre à ces questions, le présent ouvrage offre pour la première fois une vue d'ensemble complète du mouvement brigadiste et de ses activités. Recourant à de nombreux fonds d'archives inédits, il passe en revue les différents types de brigades constitués par la solidarité suisse et tente d'approcher leur réalité au fil des engagements. Se révèle alors, grâce à une enquête par questionnaire et à de nombreux témoignages oraux récoltés, le vécu quotidien parfois dramatique des volontaires suisses au Nicaragua. Histoire vue d'en bas, cette étude met en lumière un rêve partagé qui, aujourd'hui, apparaît comme un chapitre essentiel de la solidarité internationale du XXe siècle.
Fin 2004, la présence culturelle suisse à l'étranger se trouve soudain au centre de l'intérêt public. Au Centre culturel suisse à Paris, l'artiste Thomas Hirschhorn présente son exposition Swiss-Swiss Democracy qui suscite l'indignation de nombreux parlementaires car les symboles nationaux y sont, d'après eux, malmenés. En conséquence, Pro Helvetia se voit sanctionnée par le parlement qui coupe un million de francs dans son budget. Un retour sur l'histoire de la présence culturelle suisse à l'étranger atteste que les conflits mis en évidence par l'exposition Hirschhorn apparaissent bien plus tôt. Créée à la veille de la Seconde Guerre mondiale pour renforcer "l'esprit suisse", Pro Helvetia, faisant siens les préceptes de la défense spirituelle, contribue durant l'après-guerre à la diffusion d'une image traditionnelle de la Suisse. Dès les années 1960 cependant, la fondation culturelle accorde une place toujours plus importante à la création contemporaine, et l'idée que la présence à l'étranger ne signifie pas forcément une subordination de la culture au discours identitaire du moment commence à se profiler. Recourant à de nombreux fonds d'archives inédits, le présent ouvrage aborde la question actuellement très débattue de l'image de la Suisse à l'étranger sous l'angle peu connu et original du rayonnement culturel. Les expositions d'art, tournées de concerts et de théâtre, émissions radiophoniques et films dressent le portrait d'un pays désireux de s'ouvrir au monde tout en restant attaché à son statut particulier. En même temps, ils témoignent de la place ambiguë et souvent précaire de la culture dans un dispositif institutionnel marqué par les impératifs de la promotion économique et touristique.
La Ligue marxiste révolutionnaire est intimement liée aux contestations politiques suisses des années 1970 et son organe, La Brèche, a marqué par ses écrits mordants toute une génération, membres ou non de la LMR. Grâce à des archives inédites de militants de la première heure, ce travail permet de reconstituer le processus de contestation au sein du POP vaudois qui mènera à la création de la LMR en automne 1969. Cette enquête palpitante retrace également les origines des sections en Suisse romande et au Tessin et analyse les structures et le fonctionnement de l'organisation trotskiste. La politique d'information et de publications de la LMR est abordée par une étude systématique de La Brèche qui souligne, non sans quelques surprises, l'évolution de certains thèmes sensibles (antimilitarisme, féminisme, écologie). Cette analyse fournit également des données extrêmement riches sur la vie et la stratégie de l'organisation, prise aux confluents de la réalité suisse et des contingences idéologiques. Dans la dernière partie de son ouvrage et sur la base d'une vingtaine d'interviews, Benoît Challand propose une lecture originale de la vie militante au sein de la LMR. Recrutement, qualité de la formation politique, flux et reflux des sections, succession d'une première et deuxième générations de membres, surcharges militantes, actions clandestines : autant de thèmes abordés ici qui jettent une nouvelle lumière sur cette organisation souvent entourée d'un halo de mystère. Le souci constant de comprendre et de faire comprendre la vie interne de la LMR est peut-être le trait le plus novateur de cette recherche. L'ouvrage, rédigé dans un style vif et concis, ouvre de nouvelles perspectives sur l'histoire du temps présent et espère susciter un écho dans d'autres études consacrées aux mouvements politiques organisés dans la Suisse contemporaine.
François Mauriac, évoquant la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC) française, parlait d'un "extraordinaire miracle de Grâce". A la lumière de cette affirmation et des multiples études réalisées en France et en Belgique, il a paru utile et urgent de faire l'histoire de la JOC suisse à ses origines, pour dégager le caractère original et les réalisations de ce mouvement d'Action catholique spécialisé. La JOC est appréhendée non seulement comme mouvement ouvrier catholique, mais aussi comme un ferment présent au coeur de l'Eglise confrontée à la modernité. Au-delà d'une analyse des faits historiques, ce mémoire cherche à donner la place qui leur convient aux acteurs de cette aventure, aux militantes et aux militants que la JOC a préparés à une vie engagée spirituellement et socialement. Cet ouvrage se veut donc aussi un essai de biographie collective. Enfin, marqués par la formidable épreuve sociale que furent les années de l'entre-deux-guerres, les débuts de la JOC suisse révèlent les déséquilibres et les crises accompagnant l'intégration de la classe ouvrière à la société contemporaine.
Canton rural, Fribourg, sous la République chrétienne, vit néanmoins sa propre révolution industrielle, entraînant avec elle son inévitable contingent d'ouvriers. Ceux-ci ont-ils conscience de leur appartenance à une classe sociale ? Luttentils pour leur émancipation ? Désireux de répondre à ces questions, Pierre Jenny met en lumière un pan d'une autre histoire fribourgeoise, celle des premiers militants de gauche. Parmi eux, un homme : Joseph Meckler. Issu du prolétariat rural, il arrive à Fribourg en 1855. Après deux ans et demi d'école, il entre comme manoeuvre aux chemins de fer, poste qu'il occupera toute sa vie. Sensible aux idées de la Première Internationale, il décide de réagir à la précarisation du prolétariat et se lance dans le militantisme politique. Anarchiste, socialiste, syndicaliste, correspondant ou conférencier, cet ouvrier sera de tous les combats avec un seul objectif en tête : l'émancipation des travailleurs. En cadeau au jeune parti socialiste de Fribourg, il lègue ses mémoires de militant, si précieuses pour l'historiographie et pourtant longtemps oubliées. Le livre de Pierre Jenny offre une plongée passionnante dans le microcosme ouvrier fribourgeois au tournant du 20e siècle. Par de minutieuses recherches dans les archives ouvrières, la presse de l'époque et grâce au manuscrit de Meckler, il dépeint les balbutiements de ces premiers militants. Surveillés, encadrés, ceux-ci sont souvent malmenés, aussi bien par les conservateurs qui craignent de voir leur ville se teinter de rouge, que par les anciens alliés radicaux, mécontents de constater qu'une partie de leur électorat s'affranchit de la tutelle bourgeoise. Ces militants de la première heure peinent à trouver une cohésion. Ce n'est qu'en 1905 que le parti socialiste émerge de cette nébuleuse de sociétés ouvrières et prend en mains les destinées de la gauche fribourgeoise qu'on peut déjà qualifier de plurielle. Un siècle plus tard, Joseph Meckler et ses mémoires entrent dans l'histoire.
1895, sous l'ère de la République chrétienne, le canton de Fribourg assiste à la création de la Communauté Israélite de Fribourg (CIF) par un petit nombre de coreligionnaires. Destinée à réunir la population juive locale, cette structure répond tant à une volonté d'encadrement religieux dûment organisé qu'à des attentes identitaires. D'une fonction essentiellement liée au culte à son origine, elle diversifie peu à peu ses activités jusqu'à satisfaire des exigences culturelles et sociales. Fortement indépendante et ne suscitant que peu l'intérêt de la part de la société fribourgeoise au départ, la CIF s'installe de manière toujours plus affirmée dans son environnement. Au cours du XXe siècle, son unité et sa spécificité font d'elle le pilier reconnu du judaïsme cantonal. Cependant, son insertion dans le milieu cantonal n'est pas sans embûches. L'antisémitisme latent et les charges qui pèsent sur elle ne sont qu'un avant-goût des responsabilités endossées et des souffrances endurées durant la Deuxième Guerre mondiale. En rupture avec cette époque douloureuse, les années cinquante amorcent un processus d'harmonisation, lent mais progressif, avec le milieu ambiant. Les autorités civiles et religieuses fribourgeoises en viennent à la considérer comme une interlocutrice fiable, les différentes communautés israélites suisses la tiennent pour leur homologue, enfin l'opinion publique respecte son mode de vie spécifique. En 1990, l'octroi du statut de droit public à la CIF scelle officiellement sa reconnaissance au niveau cantonal. C'est l'histoire contemporaine et inédite de cette minorité que retrace l'auteure à partir des sources communautaires, des archives cantonales, ainsi que des événements liés à la vie juive. Construit selon une chronologie thématique, l'ouvrage de Anne-Vaia Fouradoulas ne manque pas d'explorer des questions importantes, telles que le rapport à l'Etat d'Israël, le statut de la femme ou les différentes facettes identitaires de la CIF. Il en ressort un portrait vivant et évolutif de cette communauté.