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Sortir de chez soi
Jurgenson Luba
CONTRE ALLEE
15,00 €
Épuisé
EAN :9782376650409
Ce texte est né d'une envie de dire comment l'écriture et la traduction s'entrelacent et s'entrechoquent. Je suis partie d'une étrangeté propre à mon parcours : au lieu de ramener une culture autre "chez moi" , vers ma langue maternelle - le russe - je suis "sortie de chez moi" pour traduire vers ma langue d'adoption, le français. Cette "sortie" , qui était aussi une entrée dans la culture française, m'apparaît comme un déracinement fondateur, une hérésie, certes, mais hérésie est presque une anagramme de heureuse : il en faut pour tout travail sur la langue, sur le langage. Depuis quelque temps, des fragments de poèmes se glissent dans mes proses et parallèlement, j'ose traduire des vers d'auteurs qui me sont chers. Dans ce texte, je me suis donné la liberté de réfléchir au sens de ces accidents. Ils se sont toujours produits en rapport à un mouvement à travers la ville (en l'occurrence, Paris) : des miettes semées à travers ces déambulations pour ne pas retrouver le chemin". Luba Jurgenson
Résumé : Ce livre est le fruit d'une longue expérience : celle de la lecture de Varlam Chalamov, écrivain majeur du XXe siècle qui fut aussi témoin d'une de ses réalités les plus sombres : le Goulag. Témoignage ? Oeuvre d'art ? Chalamov semble répondre par une formule fulgurante : " Ce qui devient grand dans l'art c'est ce qui, au fond, pourrait se passer d'art. " Saisir un tel acte de création dans son émergence est l'ambition de cet ouvrage qui n'élude pas la dimension subjective des interprétations proposées. Les " clefs " offertes par Chalamov n'ouvrent pas tout, pas tout de suite. Aussi cette lecture suit-elle les sentiers tortueux par lesquels l'oeuvre s'est construite. Elle épouse les détours, les va-et-vient d'une pensée à la chronologie bouleversée, au gré d'une mémoire fragmentée, censurée ; celle des camps.
Les systèmes totalitaires ont instauré un rapport spécifique à la création dont la finalité est le plus souvent son utilisation à des fins de propagande. Etudier les sept décennies de relations entre les écrivains et le pouvoir en URSS permet de cerner un processus culturel polyphonique au cours duquel les modalités de contrôle que l'Etat exerce sur la culture varient, tout comme les réponses des auteurs. La situation de persécution favorise-t-elle la naissance de nouvelles formes narratives, de nouveaux procédés discursifs? Quelles possibilités de résistance esthétique ou stratégies de contournement la langue littéraire offre-t-elle aux auteurs? Bref, comment l'Histoire travaille-t-elle au coeur de la littérature et comment la littérature travaille-t-elle au coeur de l'Histoire? Ces interrogations sur la culture des temps sombres sont ici abordées à partir de quelques destins exemplaires - Velemir Khlebnikov, Isaac Babel, Daniil Harms, louri Olecha, Vassili Grossman, Alexandre Soljenitsyne, Varlam Chalamov... - et du dialogue que les oeuvres entretiennent avec les courants artistiques du passé et contemporains. Elles traversent les différents modèles énonciatifs où les traces de la violence d'Etat - mais aussi des tentatives d'y échapper - se concentrent dans le corps de la littérature.
Eh oui, la langue a le pouvoir de raconter à notre place notrepassé, sans nul doute, mais je crains qu'elle n'ait aussi cetteemprise sur notre futur, c'est pourquoi il convient de bienchoisir la sienne. En vouant mes filles à l'anglais, je partais del'idée que les derniers cataclysmes vécus dans cette langueremontaient à la peste de Londres. (Ce sont peut-être meslacunes en histoire qui me font dire cela, mais le fait mêmeque ces lacunes puissent exister prouve que j'ai raison. Qui, denos jours, en parlant des catastrophes ayant secouél'Allemagne, penserait en premier lieu à la guerre de Trenteans?). En leur racontant mon histoire en anglais, jel'arrangeais de façon qu'elle entre dans le nouvel emballage. Aprésent, l'allemand suintait à travers les syllabes lisses quej'avais forgées..." Voici trois temps forts de l'Histoire qui nousentraînent du fond de la Poméranie de 1913 jusqu'au Berlin de1933, puis du New York des années 50 au Nuremberg de1946, en passant par le Saint-Pétersbourg de 1880 et leMoscou des années 90. Trois drames de la judéité qui sejouent sur la scène intime des mots, des noms et des accentsrefoulés.
Il y avait un homme qui chevauchait dans la taïga. On racontait à son sujet toutes sortes de légendes. On disait qu'il était capable de rester plusieurs jours sans manger et qu'il pouvait dormir dans la neige. On racontait que son cheval était magique, qu'il savait se rendre invisible et survoler les obstacles. Parfois, on croyait qu'il avait complètement disparu. Mais il réapparaissait toujours. On disait qu'une étrange musique faisait vibrer la taïga juste avant qu'il ne surgisse. On disait que cet homme avait tout connu, même la mort, mais que son cheval magique l'avait ranimé. On disait qu'il n'avait pas toujours été sauvage, qu'il avait, autrefois, vécu dans une grande ville. On disait qu'il savait parler aux arbres et que les animaux de la taïga lui obéissaient. On disait Voici son histoire. ".
D'une manière incroyablement subtile et intelligente, Amandine Dhée, en partant de sa découverte et de son expérience personnelle du désir, élargit le propos et acquiert par là-même une résonance universelle. C'est lucide et parfois grinçant. C'est beau et réjouissant aussi, cette ode à la liberté et cet appel à résister aux injonctions, quelles qu'elles soient.
A travers la destinée de Karel Novotny, employé de banque déporté à la place d'un homonyme communiste, Le Nuage et la Valse nous confronte à une vision kaléidoscopique et panoramique du nazisme et de la guerre. Les personnages de ce roman que le cours de l' Histoire liera entre eux ne sont pas héroïques, ou alors malgré eux, sans le savoir. Ils traversent la vie, ridicules, admirables, répugnants, tragiques. Et malgré l' apparente sécheresse de ton et le refus de tout pathos, une émotion latente traverse le récit. C'est la grande histoire arrachée au plus profond de la vie, cristallisée là, dans le microcosme des camps " Hélène Belletto-Sussel, traductrice.
Dotée d?une carte blanche dans le cadre des résidences « Mineurs d?un autre monde », Maylis de Kerangal prend un vol à destination de Kiruna et nous emmène en Laponie suédoise. Sur le mode du reportage littéraire, elle nous invite à la découverte de l?une des plus grandes exploitations minières encore en activité.
La traduction n'est pas seulement mon travail alimentaire. C'est mon métier, et je suis attachée à ce mot avec tout ce qu'il connote de soin, de savoir faire, de travail minutieux sur la trame de l'écrit. La traduction est mon métier, elle a forgé ma personnalité, y compris en tant qu'autrice ; j'écrirais sans doute autre chose et autrement, si je ne passais pas une partie de mon temps à traduire depuis deux langues étrangères, si j'étais ancrée dans une seule langue, une seule culture, un seul territoire. Cesser de traduire, ce serait renoncer à ce qui m'a faite telle que je suis.