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Trois contes allemands
Jurgenson Luba
PG DE ROUX
21,90 €
Épuisé
EAN :9782363710284
Eh oui, la langue a le pouvoir de raconter à notre place notrepassé, sans nul doute, mais je crains qu'elle n'ait aussi cetteemprise sur notre futur, c'est pourquoi il convient de bienchoisir la sienne. En vouant mes filles à l'anglais, je partais del'idée que les derniers cataclysmes vécus dans cette langueremontaient à la peste de Londres. (Ce sont peut-être meslacunes en histoire qui me font dire cela, mais le fait mêmeque ces lacunes puissent exister prouve que j'ai raison. Qui, denos jours, en parlant des catastrophes ayant secouél'Allemagne, penserait en premier lieu à la guerre de Trenteans?). En leur racontant mon histoire en anglais, jel'arrangeais de façon qu'elle entre dans le nouvel emballage. Aprésent, l'allemand suintait à travers les syllabes lisses quej'avais forgées..." Voici trois temps forts de l'Histoire qui nousentraînent du fond de la Poméranie de 1913 jusqu'au Berlin de1933, puis du New York des années 50 au Nuremberg de1946, en passant par le Saint-Pétersbourg de 1880 et leMoscou des années 90. Trois drames de la judéité qui sejouent sur la scène intime des mots, des noms et des accentsrefoulés.
Il y avait un homme qui chevauchait dans la taïga. On racontait à son sujet toutes sortes de légendes. On disait qu'il était capable de rester plusieurs jours sans manger et qu'il pouvait dormir dans la neige. On racontait que son cheval était magique, qu'il savait se rendre invisible et survoler les obstacles. Parfois, on croyait qu'il avait complètement disparu. Mais il réapparaissait toujours. On disait qu'une étrange musique faisait vibrer la taïga juste avant qu'il ne surgisse. On disait que cet homme avait tout connu, même la mort, mais que son cheval magique l'avait ranimé. On disait qu'il n'avait pas toujours été sauvage, qu'il avait, autrefois, vécu dans une grande ville. On disait qu'il savait parler aux arbres et que les animaux de la taïga lui obéissaient. On disait Voici son histoire. ".
Ce livre n'est pas un recueil de témoignages, encore moins une étude historique sur les camps. Parti d'un constat que l'indicible de l'expérience concentrationnaire a suscitune grande littérature, il aborde celle-ci par la médiation d'?uvres littéraires, notamment celles de Varlam Chalamov, Alexandre Soljenitsyne, Primo Levi, Robert Antelme, Imre Kertész, Tadeusz Borowski, et s'interroge sur les procédés que l'art du XXe siècle a élaborés, en Europe, pour saisir les manifestations extrêmes des États totalitaires communistes et nazis. Au-delà d'une réflexion politique, la littérature des camps révèle une tentative de penser cet état de conscience très particulier où l'homme, absent à lui-même, accède pourtant aux fondements de la vie. Trace matérielle de situations limites, les textes analysés permettent d'envisager une ontologie de l'univers concentrationnaire, mais aussi d'aborder la modernité à travers l'un des grands thèmes qu'elle affectionne, le refus de la représentation et, partant, à travers la question du vide, du néant. Ce dernier, paradoxalement garant d'un noyau irréductible de l'être, s'enracine dans le collectif, rappelant les grands textes mythiques du passé
Ce texte est né d'une envie de dire comment l'écriture et la traduction s'entrelacent et s'entrechoquent. Je suis partie d'une étrangeté propre à mon parcours : au lieu de ramener une culture autre "chez moi" , vers ma langue maternelle - le russe - je suis "sortie de chez moi" pour traduire vers ma langue d'adoption, le français. Cette "sortie" , qui était aussi une entrée dans la culture française, m'apparaît comme un déracinement fondateur, une hérésie, certes, mais hérésie est presque une anagramme de heureuse : il en faut pour tout travail sur la langue, sur le langage. Depuis quelque temps, des fragments de poèmes se glissent dans mes proses et parallèlement, j'ose traduire des vers d'auteurs qui me sont chers. Dans ce texte, je me suis donné la liberté de réfléchir au sens de ces accidents. Ils se sont toujours produits en rapport à un mouvement à travers la ville (en l'occurrence, Paris) : des miettes semées à travers ces déambulations pour ne pas retrouver le chemin". Luba Jurgenson
Les marins dénouent les cordes qui nous relient à la terre ferme. Ils courent pieds nus, le bas de leur galabeya coincé entre leurs dents, d'une bitte d'amarrage à une autre. Ils s'interpellent, des rires fusent, des noms, Ashraf, Mohammed. Ils jettent les bouts sur le pont. Le petit remorqueur auquel nous sommes attachés ronronne, la corde entre les deux bateaux se tend, nous nous écartons de la rive. [...] Nous quittons Esna. [...] Les deux voiles latines, rayées rouge et blanc, s'ébrouent, se gonflent d'air, grandissent encore. Le cordage qui nous relie au remorqueur est lâché. [...] Le voyage sur le Nil commence." Et le roman de remonter aux sources mêmes du récit... Gaia l'Ardéchoise grandie au coeur d'un village de pierre sombre, très jeune prise par le désir de voyager. Luis le brillant avocat new-yorkais, né au Mexique. Leurs chemins qui se croisent pour se nouer à Gurnah. Le début d'une formidable aventure humaine, portant témoignage à la fois fies soubresauts de l'histoire contemporaine et de l'indéfectible charme de l'Egypte.
Rien de mieux qu'un mot d'ordre, avait jugé le vieil excentrique, pour faire irruption dans le coeur d'un garçon, cette cire tendre que marque le doigt. Sans doute entendait-il trouver en l'adolescent timide qui les observait à la dérobée, lui et ses filles, l'étonnement nécessaire au premier de ses vices (au plus vif de ses plaisirs) : le goût du scandale. Et comme un que son panache empêche de penser jamais aux dégâts ni à la dépense, il avait jeté les deux soeurs en pâture sur le devant de la scène. La scène ? Le Paradis, un bar du continent, où le garçon travaillait comme serveur pour la saison d'été." Par goût de faire advenir ce qu'il redoute et pour se mettre face à ses propres contradictions, Jacques Dupréel invite l'étudiant épris de sa fille cadette à passer le mois d'août sur une ile étrangère, où lui et sa famille vivent parmi la population indigène. Désir de la chair et concupiscence de l'oeil... travaux pratiques.
Les histoires des vraies gens, on ne devrait pas les raconter autant à la légère." S'il y a bien une chose dont Ethel ne doute pas, c'est qu'elle est juive. Jusqu'au jour où Côme, son ami chercheur, lui montre en passant la photographie d'une adolescente disparue en 1944. Ethel y reconnaît sa grand-mère, Marie, mais non la croix bien chrétienne qui pend à son cou. Pourquoi sa merveilleuse grand-mère lui aurait-elle menti sur ses origines? Le désarroi de la jeune femme est d'autant plus fort que Marie, frappée d'Alzheimer, ne peut plus s'expliquer. Sous le choc, Ethel décide de mener l'enquête à la place de Côme. Une imposture qu'elle regrettera amèrement en découvrant ce que dissimule celle de Marie. Un récit sous haute tension et magistralement orchestré.
Comment se transforme-t-on en Chinois virtuel, penché en permanence sur son smartphone ? Comment devient-on Charlie ? Comment peut-on être Kim Kardashian ? Tantôt rebelle consentant, hurlant en boucle des slogans préenregistrés, façon karaoké, tantôt icône de la Toile, incarnation d'une success story qui prolifère sur les réseaux sociaux sans qu'on sache pourquoi au juste. C'est l'histoire d'une contagion, d'une lobotomisation générale, que nous raconte Jean-Louis Kuffer avec une rare et insidieuse férocité, dans le sillage de Philippe Muray ; célébrant la cour des miracles qui se croit à la pointe de l'humanité et illustre notre prétendue prospérité, avec ses auteurs-cultes, plasticiens de génie, polémistes au petit pied, parvenus, charlatans et bouffons de tout poil.