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Sigmund Freud Benedictus de Spinoza. Correspondance (1676-1938)
Juffé Michel
GALLIMARD
24,50 €
Épuisé
EAN :9782070178766
Voici une correspondance peu banale. Début 1670, à trente-huit ans, Spinoza (exclu de sa communauté depuis qu'il a vingt-trois ans) publie, anonymement, son Traité des autorités théologiques et politiques. Ce livre est iconoclaste. Il montre que la Bible est de source humaine, que les miracles sont des manières de parler, que les prophètes sont plus doués de convictions et d'imagination que de raison ; que Moïse lui-même n'est pas l'auteur de la Torah et que, si Dieu lui parle " face à face ", c'est une figure de style, car Dieu n'est pas une personne qui pourrait s'adresser à une autre personne. Tout porte à croire que Freud ne connaissait guère Spinoza. Il en parle très rarement. Lorsqu'on lui demande, en 1932, de contribuer à un ouvrage pour le tricentenaire de la naissance de Spinoza, il décline l'invitation : il n'est pas qualifié. En 1934, Freud écrit ce qui deviendra L'Homme Moïse et la religion monothéiste, livre publié l'année de sa mort, en 1939. Il s'attaque aux fondements de la religion. Romain Rolland l'incite à lire, ce qu'il fait, le Traité des autorités théologiques et politiques. Pourtant, aucune allusion à Spinoza dans L'Homme Moïse, alors que tous deux partagent nombre d'idées essentielles et controversées. D'où l'idée de Michel Juffé d'écrire cette correspondance, de faire se parler et s'expliquer les deux grands hommes sur ce qui les sépare et les réunit. Au début de ces seize lettres, Freud a quatre-vingts ans et deux ans et demi à vivre et voit venir la tempête qui va s'abattre sur l'Europe. Le désir de savoir ce que Spinoza aurait pensé de son Moïse le décide à lui écrire, à deux-cent-soixante ans de distance. Spinoza est enchanté et lui répond. Lui, n'a plus qu'un an à vivre. Ils n'ont plus rien à perdre, plus rien à gagner, d'où leur très grande sincérité. Ils sont curieux jusqu'à la passion, et ils vont s'obliger réciproquement à être clairs et à aller plus loin. Chacun cherche à faire comprendre à l'autre de quoi il retourne et cela donne une lecture vivante, mouvementée, souvent drôle sans rien de complaisant, émouvante à la fin. Un glossaire des auteurs cités termine l'ouvrage.
Résumé : La science positive et objective ne nous est pas d'un entier secours lorsque nous cherchons à nous comprendre les uns les autres. C'est que loin d'agir rationnellement nous sommes agités par de multiples passions, que nous savons mal discipliner. Un autre savoir est pourtant là, abondant, disponible. Dans les contes, les récits héroïques, les fables, les légendes et les mythes qu'enfants nous aimions entendre et lire. Ils nous disent comment nous sommes liés les uns aux autres et comment se tissent ces liens. Sans calcul et sans schéma mais en nous invitant à suivre des intrigues. A les relire, nous découvrons que toutes nos actions s'inscrivent dans un jeu de reconnaissance fort complexe, qui se déroule dans un temps (celui des filiations) et dans un espace (celui des dépendances) entièrement humains. Nous y rencontrons trois manières d'être ensemble, auxquelles on peut donner les visages de l'Ogre, du Justicier et du Sage. A méconnaître ce qui les constitue, ce qui les unit et ce qui les sépare, nous avons toutes les chances, comme nous le montre l'implosion de bien des sociétés que l'on croyait civilisées, de retomber dans l'auto-desctuction.
Si les maux qui frappent l'ensemble de la biosphère ne font que s'aggraver, ce n'est pas que l'effet de l'empire de la marchandise et de l'avidité du capitalisme. La volonté de toute-puissance - et le cortège de destructions qu'elle engendre - est plus ancienne et plus tenace : elle commence avec les monuments géants que conçurent des civilisations au Ille millénaire avant notre ère, pour y loger des dieux inventés pour justifier leurs ambitions. Si nous voulons faire exister un humanisme écologique, au lieu de nous leurrer avec la croissance verte et autres trompe-l'oeil, nous devons combattre les idéologies de "l'exception humaine" - spiritualistes ou matérialistes - et la rage de posséder et de spolier qui se répand comme une épidémie mondiale. Si nous voulons protéger et mettre en valeur notre bien commun - la Terre et tous ses habitants -, nous devons engager une profonde réforme de nos croyances, de nos institutions et de nos modes de vie, en commençant par trouver notre véritable place au sein de la Nature.
Sigmund Freud commença par repérer l'origine psychique et traumatique des névroses, puis brouilla la piste en recherchant une fantaisiste hérédité lointaine du "complexe nodal" des névroses, et habilla l'ensemble par la légende d'Œdipe, qu'il réduisit au "complexe d'Œdipe", celui d'un enfant prédisposé à l'inceste et au parricide. Pourtant les écrits de Freud révèlent, souvent à son insu, que ce sont les parents qui attentent à la "vie d'âme" de leurs enfants. Leur désir de survivre par eux, leur peur de l'échec et de la mort, la revanche qu'ils voudraient prendre sur leurs malheurs hantent l'âme enfantine, la possèdent d'autant plus aisément que les enfants sont désireux de se confier à leurs parents, de les imiter, de leur faire plaisir. La légende d'Œdipe, convoquée par Freud pour prouver les sentiments hostiles et fusionnels des enfants, montre pourtant le contraire : Laïos et Jocaste sont coupables d'avoir fait ensemble ce fils, qui portera et perpétuera les malheurs de ses ancêtres. Elle nous apprend que les fautes sont transmises de génération en génération jusqu'à la catastrophe finale, si rien ne met fin à la possession. Cette chasse aux revenants logés dans l'âme des enfants doit devenir la tâche principale d'une psychanalyse rénovée, débarrassée de ses souffrances infantiles - souffrances qui ont, entre autres erreurs, remplacé les sentiments par des pulsions. Tâche difficile et éprouvante, car les revenants en question sont des sentiments malheureux et leur mise à jour fait aussi mal à l'analyste qu'à l'analysant - mais c'est un mal dont sortira un bien.
Le chant qu'entonne le choeur de nos dirigeants est celui de la croissance illimitée de la puissance. Cette démesure est profondément néfaste. Ne pouvons-nous renoncer à l'hégémonie d'un type de puissance ? La "décroissance" n'est qu'un palliatif. L'humanité, fragile et inventive, est capable de contribuer à cette immense variété de modes de vie, de formes de solidarité, de voies de création, de moyens de s'enrichir, qui se combinent et se fertilisent mutuellement... à l'infini.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.