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A la recherche d'une humanité durable
Juffé Michel
L'HARMATTAN
21,50 €
Épuisé
EAN :9782343157191
Si les maux qui frappent l'ensemble de la biosphère ne font que s'aggraver, ce n'est pas que l'effet de l'empire de la marchandise et de l'avidité du capitalisme. La volonté de toute-puissance - et le cortège de destructions qu'elle engendre - est plus ancienne et plus tenace : elle commence avec les monuments géants que conçurent des civilisations au Ille millénaire avant notre ère, pour y loger des dieux inventés pour justifier leurs ambitions. Si nous voulons faire exister un humanisme écologique, au lieu de nous leurrer avec la croissance verte et autres trompe-l'oeil, nous devons combattre les idéologies de "l'exception humaine" - spiritualistes ou matérialistes - et la rage de posséder et de spolier qui se répand comme une épidémie mondiale. Si nous voulons protéger et mettre en valeur notre bien commun - la Terre et tous ses habitants -, nous devons engager une profonde réforme de nos croyances, de nos institutions et de nos modes de vie, en commençant par trouver notre véritable place au sein de la Nature.
Sigmund Freud commença par repérer l'origine psychique et traumatique des névroses, puis brouilla la piste en recherchant une fantaisiste hérédité lointaine du "complexe nodal" des névroses, et habilla l'ensemble par la légende d'Œdipe, qu'il réduisit au "complexe d'Œdipe", celui d'un enfant prédisposé à l'inceste et au parricide. Pourtant les écrits de Freud révèlent, souvent à son insu, que ce sont les parents qui attentent à la "vie d'âme" de leurs enfants. Leur désir de survivre par eux, leur peur de l'échec et de la mort, la revanche qu'ils voudraient prendre sur leurs malheurs hantent l'âme enfantine, la possèdent d'autant plus aisément que les enfants sont désireux de se confier à leurs parents, de les imiter, de leur faire plaisir. La légende d'Œdipe, convoquée par Freud pour prouver les sentiments hostiles et fusionnels des enfants, montre pourtant le contraire : Laïos et Jocaste sont coupables d'avoir fait ensemble ce fils, qui portera et perpétuera les malheurs de ses ancêtres. Elle nous apprend que les fautes sont transmises de génération en génération jusqu'à la catastrophe finale, si rien ne met fin à la possession. Cette chasse aux revenants logés dans l'âme des enfants doit devenir la tâche principale d'une psychanalyse rénovée, débarrassée de ses souffrances infantiles - souffrances qui ont, entre autres erreurs, remplacé les sentiments par des pulsions. Tâche difficile et éprouvante, car les revenants en question sont des sentiments malheureux et leur mise à jour fait aussi mal à l'analyste qu'à l'analysant - mais c'est un mal dont sortira un bien.
Résumé : La science positive et objective ne nous est pas d'un entier secours lorsque nous cherchons à nous comprendre les uns les autres. C'est que loin d'agir rationnellement nous sommes agités par de multiples passions, que nous savons mal discipliner. Un autre savoir est pourtant là, abondant, disponible. Dans les contes, les récits héroïques, les fables, les légendes et les mythes qu'enfants nous aimions entendre et lire. Ils nous disent comment nous sommes liés les uns aux autres et comment se tissent ces liens. Sans calcul et sans schéma mais en nous invitant à suivre des intrigues. A les relire, nous découvrons que toutes nos actions s'inscrivent dans un jeu de reconnaissance fort complexe, qui se déroule dans un temps (celui des filiations) et dans un espace (celui des dépendances) entièrement humains. Nous y rencontrons trois manières d'être ensemble, auxquelles on peut donner les visages de l'Ogre, du Justicier et du Sage. A méconnaître ce qui les constitue, ce qui les unit et ce qui les sépare, nous avons toutes les chances, comme nous le montre l'implosion de bien des sociétés que l'on croyait civilisées, de retomber dans l'auto-desctuction.
Heidegger a prétendu "dépasser" Nietzsche, qui, selon lui, est le dernier des métaphysiciens. En réalité, sous couleur d'une philosophie radicalement nouvelle - et qui ne se réclame que de Parménide et d'Hölderlin -, Heidegger transforme celle-ci en une pseudo- méditation sur l'Etre et sur l'Humain (le Dasein, l'être-là). Or, ce n'est qu'un retour à une théologie raciale, intolérante, clivante, dont son antisémitisme n'est qu'une facette. Nietzsche, se libérant d'une pesante tradition, qui entraîne au mépris de la vie et conduit à l'autodestruction, montre la médiocrité de la "pensé Heidegger" et la fausseté de son interprétation de l'oeuvre nietzschéenne. En particulier, il montre que la conception du temps chez Heidegger est une apologie de la "mortalité" d'où la "vitalité" - qu'il juge animale - est absente ou dépréciée. Nietzsche, réduisant Heidegger à un piètre penseur, fait oeuvre de salubrité publique.
Ce livre, composé de douze épisodes, qui peuvent être lus chacun pour soi, a été conçu ? et en bonne partie " testé " en groupe ? pour aider le lecteur à entrer dans le cercle des amis de Spinoza.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.