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Le chalet de la mémoire
Judt Tony ; Dauzat Pierre-Emmanuel
H D ORMESSON
18,00 €
Épuisé
EAN :9782350871578
LE CHALET DE MÉMOIREPour moi, le mot «chalet» évoque une image très précise. Il me fait penser à une petite pension de famille de Chesières, village passé de mode au pied de la station de ski très cotée de Villars, en Suisse francophone. Nous avons dû y passer les vacances d'hiver en 1957 ou 1958. Le ski - ou, dans mon cas, la luge - ne pouvait être bien mémorable. Je me souviens seulement de mes parents et de mon oncle crapahutant sur la passerelle verglacée et prenant les télésièges, passant la journée là-haut mais abjurant les lieux de plaisir de l'après-ski au profit d'une soirée paisible au chalet.Pour moi, ce fut toujours la meilleure partie des vacances d'hiver: les amusements répétitifs de la neige abandonnés en début d'après-midi pour de gros fauteuils, du vin chaud, de robustes repas de campagne et de longues soirées à décompresser au salon au milieu d'inconnus. Mais quels inconnus! Ce qui faisait la curiosité de la petite pensione de Chesières, c'était l'attrait qu'elle semblait exercer sur des acteurs britanniques miteux en villégiature dans l'ombre lointaine et indifférente de leurs camarades qui avaient mieux réussi, plus haut dans la montagne.Notre deuxième soirée là-bas, la salle à manger fut honorée d'une volée d'épithètes sexuelles qui fit se lever ma mère. Sans être étrangère à la mauvaise langue - elle avait été élevée à portée d'oreille des West India Docks - elle s'était hissée hors de sa classe jusque dans les limbes policés des salons de coiffure pour dames et n'avait pas l'intention d'exposer les siens à ces saletés.Mrs Judt se fit un devoir de se diriger vers la table des contrevenants et les pria de s'abstenir: il y avait des enfants. Comme ma soeur n'avait pas encore dix-huit mois, et que j'étais le seul autre enfant de l'hôtel, cette prière était vraisemblablement formulée pour mon bénéfice. Les jeunes comédiens - au chômage, conjecturai-je plus tard - responsables de l'éclat s'excusèrent aussitôt et nous invitèrent à les rejoindre pour le dessert.Ils formaient une joyeuse équipe aux yeux du gosse de dix ans qui voyait tout (et entendait tout) désormais au milieu d'eux. Tous étaient encore inconnus, même si d'aucuns étaient promis à un avenir illustre: Alan Badel, qui n'était pas encore l'éminent acteur shakespearien avec une respectable filmographie à son crédit {Chacal); mais par-dessus tout l'irrésistible Rachel Roberts, qui allait bientôt devenir l'iconique femme de la classe ouvrière revenue de ses illusions des plus grands films britanniques de l'après-guerre: Samedi soir, dimanche matin; Le Prix d'un homme (This Sporting Life) et Le Meilleur des mondes possibles (O Lucky Man!). C'est Roberts qui me prit sous son aile, me marmonnant des imprécations obscènes d'une voix de rogomme qui me laissa peu d'illusions sur son avenir, quoiqu'une certaine confusion sur le mien. Au cours de ces vacances, elle m'apprit le poker, divers tours de cartes et plus de grossièretés que je n'ai eu le temps d'en oublier.
Livre-manifeste incontournable, Contre le vide moral fournit les outils indispensables â l'élaboration d'une nouvelle forme de gouvernante. Fervent défenseur de l'héritage de la social-démocratie, Tony Judt y clame la nécessité de repenser l'Etat et en prône un rôle accru, qui ne menacerait pas nos libertés. En déplorant l'absence de considérations éthiques dans le débat public, il incite les prochaines générations â retrouver le sens du politique. Un testament intellectuel fulgurant et optimiste.
Judt Tony ; Dauzat Pierre-Emmanuel ; Taussig Sylvi
De nos jours, les bouleversements géopolitiques sont si brusques que nous les oublions avant d'avoir pu les comprendre. C'est comme si un siècle de débats, de politique internationale, d'affaires sociales et d'enthousiasme collectif n'avait jamais existé. Nous ne savons plus d'où nous venons. Si cette ignorance croissante de notre passé est regrettable, notre hantise du futur s'avère pire encore. Nous ne parvenons plus à nous inscrire dans une tradition. Nous négligeons le rôle des idées et la responsabilité des intellectuels. Dans, Retour sur le XXe siècle, Tony Judt ressuscite les principaux courants fondateurs du monde moderne (le communisme, marxisme, capitalisme) et combat cette ère de l'oubli. Il nous rappelle à quel point les idées sont déterminantes: pour notre ancrage dans le présent et notre projection dans l'avenir. Il dénonce cette volonté active d'oublier, plutôt que de se souvenir, de nier la continuité pour proclamer à chaque occasion la nouveauté. D'un souffle rare, cet essai est ponctué d'analyses éblouissantes qui nous entrainent dans un voyage unique, par sa richesse et sa profondeur, à travers notre passé.
Judt Tony ; Dauzat Pierre-Emmanuel ; Taussig Sylvi
Résumé : Cet ouvrage réunit les articles de Tony Judt parus de 1994 à 2006 dans The New Republic et The New York Review of Books. Tony Judt aborde les principaux événements de l'histoire contemporaine et convoque les grandes figures intellectuelles du XXe siècle (Arthur Koestler, Primo Levi, Hannah Arendt, Albert Camus...). Deux lignes de force se dégagent de ses textes : le rôle des idées et la responsabilité des intellectuels dans l'histoire, et la difficulté que nous avons à dégager un sens et à tirer des leçons du siècle dernier. "Nous sommes aujourd'hui prédisposés à voir dans le XXe siècle une ère d'extrêmes politiques, d'erreurs tragiques et de choix malencontreux ; une ère d'illusions dont nous serions aujourd'hui sortis. Mais ne nous abusons-nous pas ? Avec notre nouveau culte du secteur privé et du marché, n'avons nous pas purement et simplement inversé la foi d'une génération antérieure dans la "propriété publique" et "l'Etat" ou la "planification" ?"
Résumé : "J'espère avoir tracé quelques lignes directrices à l'intention de ceux, surtout des jeunes, qui essaient de formuler leurs objections à notre mode de vie. Mais cela ne suffit pas. En tant que citoyens d'une société libre, nous avons le devoir de jeter un oeil critique sur notre monde. Et si nous pensons savoir ce qui ne va pas, encore faut-il agir en conséquence. Les philosophes, suivant un mot célèbre, se sont contentés d'interpréter le monde de diverses manières ; il s'agit aujourd'hui de le changer". Livre-manifeste, Contre le vide moral fournit les outils indispensables à l'élaboration d'une nouvelle forme de gouvernance. Fervent défenseur de l'héritage de la social-démocratie, Tony Judt y clame la nécessité de repenser l'Etat et en prône un rôle accru, qui ne menacerait pas nos libertés. En déplorant l'absence de considérations éthiques dans le débat public, il incite les prochaines générations à retrouver le sens du politique. Un testament intellectuel fulgurant et optimiste.
Le protocole de la conférence de Wannsee est aujourd'hui considéré comme le symbole même de l'organisation calculée, froide et bureaucratique du génocide des Juifs d'Europe." Le 20 janvier 1942, la conférence de Wannsee réunit quinze dignitaires du IIIe Reich autour de la "question juive". Si toute la lumière n'a pu être faite autour de la tenue de cette rencontre, elle est considérée comme le point de bascule du régime nazi vers sa politique génocidaire. Selon Peter Longerich, deux visions s'y sont confrontées quant au sort des Juifs, celles de Himmler et de Heydrich. Révélant les tensions au sein de la direction de la SS et clarifiant les approximations qui entourent la rédaction du protocole de la conférence, l'historien s'attelle à en démonter le mythe et construit une lecture étayée des coulisses de ce moment charnière de la Seconde Guerre mondiale.
Véronique Gallo revient avec la plume qu'on lui connait, sincère, authentique, avec cette capacité à raconter la vie comme elle est, au plus près des ressentis des personnages. Kate a 20 ans dans les années 90 et fait face à l'entropie de ses sentiments. Sa vie semble effectivement répondre aux mêmes lois que la thermodynamique : tout système tend naturellement au désordre si l'on n'y prend pas garde. Alors elle choisit de se battre…
Rattraper le temps perdu Lise et Cerise n'ont en commun que la rime. Tout oppose la mère et la fille. D'ailleurs c'est simple, Lise voulait un garçon. A la mort d'Axel, mari et père adoré, les deux femmes se retrouvent en tête à tête, et se repoussent comme des aimants réfractaires. Mais une inconnue s'invite dans l'équation. Elle efface tout, même les ressentiments, et apporte d'inespérées retrouvailles. Car il n'est jamais trop tard pour s'aimer... Dans la famille Venoge, on se déchire avec panache. Pourtant, la tendresse est bien là, en embuscade, et lorsqu'elle s'engouffre enfin dans la brèche, elle transforme les années perdues en heures gagnées. Lorraine Fouchet nous l'affirme, le bonheur est réservé à tout le monde.
Ernst Kantorowicz (1895-1963) est considéré à la fois comme un spécialiste d'histoire de l'art, de théologie médiévale et de droit canonique, de philologie et de droit patristique, de littérature et de philosophie médiévales. Peut-être le doit-il d'abord à sa nature artiste. Sa biographie de Frédéric II de Prusse parue en 1927 est devenue un best-seller et Les Deux Corps du roi (publié en 1957), une expression de la science politique et du langage courant. Sa vie elle-même traverse les tragédies du siècle. Né dans une famille juive industrielle de Poznán, il débute en ardent nationaliste, engagé volontaire au service du Kaiser, blessé à Verdun, volontaire encore pour la lutte contre les spartakistes. C'est à ce titre qu'après la Première Guerre il est étroitement lié au Cercle de Stefan George — considéré alors comme le plus grand poète vivant — qui avait constitué autour de lui une sorte de secte fanatique d'antimodernisme et d'antirationalisme dévouée au culte du héros et à la recherche d'une Allemagne secrète et souterraine. Nationaliste conservateur, Kantorowicz s'engage pourtant dans la lutte antihitlérienne dès 1933, ce qui le conduit à refuser de prêter serment au régime nazi et donc à devoir démissionner de son poste universitaire en 1934. Il échappe de peu à la Nuit de cristal en 1938 et réussit à fuir, par l'Angleterre, aux Etats-Unis où il trouve un poste à Berkeley. Il s'y attache, fait école jusqu'à ce que le maccarthysme fasse de lui un des défenseurs de l'indépendance universitaire (à l'allemande), un des premiers intellectuels à refuser le serment de loyauté. Déchu de nouveau de son poste universitaire, il est accueilli à Princeton au sein de l'Institute for Advanced Study. Mais c'est sa personnalité qui rend Kantorowicz fascinant : cet érudit avait l'élégance d'un dandy, un charme personnel qui lui valait toutes les conquêtes, féminines et masculines. Il s'est lancé dans des liaisons brillantes avec l'aristocratie allemande et fut tout proche, sa vie durant, du grand historien d'art d'Oxford Maurice Bowra, autour de qui se pressait une cour d'esprits brillants.
En ces temps tumultueux, il est utile de lire — ou de relire — ce petit livre de Benjamin Stora. Dans un dialogue limpide avec le journaliste Thierry Leclère, Benjamin Stora nous interroge : comment se vivre comme descendant d'esclaves, ou encore comme fils ou fille de colonisés ? Ce choc des mémoires est-il une rumination vaine du passé ou, au contraire, une relecture "thérapeutique" de l'histoire ? Qu'est-ce qu'être Français, aujourd'hui ? Des sujets au coeur de notre actualité, suivis d'un récit âpre et mélancolique, Algérie 1954, qui relate les dernières heures, cruciales, de l'Algérie française. Une réflexion toujours aussi percutante.
Résumé : Une fois encore, comme hier à propos de la famille en Europe ou de la place de l'écriture dans notre civilisation, Jack Goody vient perturber la ronde des historiens emportés par leurs certitudes. A la question soulevée par l'anthropologue britannique, on devine déjà ce qu'argueront les esprits chagrinés par cette interpellation d'exigence : comparaison n'est pas raison. Or, c'est bien de cela qu'il s'agit. La question ? C'est le "vol de l'histoire", c'est-à-dire la mainmise de l'Occident sur l'histoire du reste du monde. A partir d'événements qui se sont produits à son échelle provinciale, l'Europe a conceptualisé et fabriqué une représentation du passé toute à sa gloire et qu'elle a ensuite imposée au cours des autres civilisations. Le continent européen revendique l'invention de la démocratie, du féodalisme, du capitalisme de marché, de la liberté, de l'individualisme, voire de l'amour, courtois notamment, qui serait le fruit de sa modernisation urbaine. Plusieurs années passées en Afrique, particulièrement au Ghana, conduisent Jack Goody à mettre aujourd'hui en doute nombre d'"inventions" auxquelles les Européens prétendent, sous les plumes de Fernand Braudel, Joseph Needham ou Norbert Elias notamment, alors que ces mêmes éléments se retrouvent dans bien d'autres sociétés, du moins à l'état embryonnaire. Economiquement et intellectuellement parlant, seul un écart relativement récent et temporaire sépare l'Occident de l'Orient ou de l'Afrique. Des différences existent. Mais c'est d'une comparaison plus rapprochée que nous avons besoin, et non d'une opposition tranchée entre le monde et l'Occident, au seul profit de ce dernier.
J'avais lu bien des fois, j'avais souvent raconté des récits de guerres et de batailles. Connaissais-je vraiment, au sens plein du verbe connaître, connaissais-je par le dedans, avant d'en avoir éprouvé moi-même l'atroce nausée, ce que sont pour une armée l'encerclement, pour un peuple la défaite ? " Apologie pour l'histoire ou Métier d'historien, 1942.