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Judice Nuno ; Bonneville-Humann Béatrice ; Humann
CORLEVOUR
16,85 €
Épuisé
EAN :9782372090377
Le vent qui apaise. Le vent qui est entré dans la vie a ouvert toutes les portes afin que l'âme puisse aller sans hésitation ni retard. Il a traversé devant moi avec son souffle de feu, et a fait surgir de rien le vertige qui entraîne au fond, et pousse de nouveau vers le bleu. J'ai fermé toutes les portes pour qu'il n'entre pas mais le vent a ressurgi de moi, et sa fureur m'a libéré de mon propre sol ; il a blessé le vide avec ses ongles avides d'un désir de terre inassouvi. Et j'ai serré dans mes bras ton abandon, ton corps ouvert dans la floraison d'une offrande. J'ai senti ton sexe dans la germination des images, et j'ai laissé tes mains chercher le moût du vent, et le pousser vers tes lèvres. Je l'ai vu se détacher de leur bord, comme des bourgeons d'un vieux fruit, et le jus courir sur tes seins et ouvrir le cours des sens. Une lumière encore est restée pour dévoiler un tourbillon de présages, me rassurer à l'ombre des arbres, et le chant lointain d'une fontaine nous a suivi avec insistance de son rythme sur fond de feuillage.
Le fait d'écrire un poème n'a en soi rien de mystérieux, surtout pour ceux qui ont l'habitude du commentaire critique et de l'étude littéraire. C'est quelque chose qui accompagne l'histoire de l'homme, et qui, si on veut une explication approximative, est lié à la démarche humaine vers le sacré ou l'absolu. Ce qui est toujours étrange, cependant, est qu'un ensemble de mots prenne finalement ce sens entier et, tout de suite, commence à exister dans une dimension libre de toute contrainte, à commencer par celle de celui qui l'a écrit. C'est une sensation qui appartient à la même famille qu'aux émois de la naissance, de toutes les naissances - et que, dans le langage littéraire, on ne trouve avec cette plénitude que dans le poème". Nuno Júdice.
Résumé : Il y a, en fait, un vertige dans l'évolution littéraire de cette période (1870/1970), qui passe par la première rupture avec le romantisme entreprise par les réalistes, continue avec l'aventure brève et incomprise du modernisme, et préserve, malgré l'obstacle de la police et de la censure, l'esprit de liberté pendant les quarante-huit ans qu'a duré la dictature salazariste, de 1926 à 1974. Il y a dans ce long processus la recherche d'une identité européenne qu'il n'a pas toujours été facile de concilier avec l'idée d'Empire héritée du temps des Découvertes. Nuno Judice
Biographie de l'auteur Né à Mexilheira Grande, en Algarve (Portugal), en 1949, Nuno Judice étudie la philologie romane, en particulier la littérature médiévale ibérique. Auteur d'une uvre très vaste, traduite en plusieurs langues, il demeure essentiellement poète ; plusieurs de ses recueils ont été traduits en langue française.
Qu'attendent du ciel ces statues ? Celles d'hier, tronquées et mutilées, et celles d'aujourd'hui, dans l'écho de pierre où un fleuve souterrain se meut encore, traînant les images noires auxquelles le jaillissement d'une source rendra l'ultime lumière ? Je partage avec elles une attente de paysage ; et le ciel, dans la verticalité des désirs humains, garde le bleu pour les oiseaux tardifs, qui préparent les grands voyages de l'automne. L'air répand sa pureté dans les champs restants ; et les yeux des statues reflètent l'abîme de cette mer qu'on ne voit pas, avec son immensité illuminée par la plainte des marées. Je les prends par la main, et je mène cette procession d'aveugles au bord de la falaise. Le temps existe-t-il encore ? Dans quelle autre vie le comptons-nous, additionnant les instants, jusqu'à entendre le rire de ces lèvres qui s'est estompé dans l'érosion du marbre perdant l'arôme de l'amour ?
John Henry Newman, né à Londres en1801 et mort en 1890, est un théologien et écrivain britannique, converti au catholicisme en 1845. Etudiant à l'Université d'Oxford, il est ordonné prêtre anglican. Ses travaux sur les Pères de l'Eglise le conduisent à analyser les racines chrétiennes de l'anglicanisme et à défendre l'indépendance de sa religion face à l'Etat. Ainsi naît le Mouvement d'Oxford, dont John Newman est l'un des principaux acteurs. Ses recherches et sa conception de l'Eglise l'amènent à se convertir au catholicisme, qu'il voit comme la confession la plus fidèle aux racines du christianisme. C'est au cours de cette période qu'il écrit son célèbre poème Lead, kindly Light. Il part pour l'Irlande afin de fonder une université catholique à Dublin, à la demande des évêques de ce pays. Pour mieux faire comprendre sa conception de l'éducation et de la science, il donne un cycle de conférences : L'Idée d'université, avant de démissionner en 1857 à cause du manque de confiance de la part des évêques irlandais face à son entreprise. Sa conversion au catholicisme est incomprise et critiquée par ses anciens amis anglicans. Il est aussi regardé avec méfiance par une partie du clergé catholique anglais du fait de ses positions considérées comme très libérales. En réaction à des calomnies, John Newman décrit sa conversion au catholicisme dans Apologia Pro Vita Sua. Cet ouvrage change la perception des anglicans à son égard et accroît sa notoriété. L'incompréhension suscitée par la proclamation du dogme de l'infaillibilité pontificale conduit Newman à défendre l'Eglise et la place primordiale de la conscience dans sa Lettre au duc de Norfolk. Sa conception de la conscience sera en partie développée lors du Concile Vatican II. Il écrit par la suite la Grammaire de l'assentiment, qui se veut une défense de la foi face au développement du positivisme. Théologien reconnu, il est l'une des figures majeures du catholicisme britannique, avec Thomas More, Henry Edward Manning et Ronald Knox. Il a exercé une influence considérable sur les intellectuels catholiques, notamment les auteurs venus de l'anglicanisme. Ses oeuvres, dont la Grammaire de l'assentiment et l'Apologia Pro Vita Sua, sont une référence chez des écrivains tels que G K Chesterton, Evelyn Waugh ou Julien Green, mais aussi pour des théologiens et des philosophes comme Avery Dulles, Erich Przywara et Edith Stein, qui a traduit en allemand son ouvrage L'Idée d'université.
Ce recueil de poèmes retrace les étapes d'une réconciliation. A l'origine se trouve l'expérience anéantissante du vide et de l'obscur, guidée par la lecture de Jean de la Croix et de maître Eckhart, de Bataille et de Cioran. Les premiers textes sont les traces laissées par un naufrage mystique, les témoins d'une expérience intérieure ravageuse. C'est à partir des tessons verbaux laissés par celle-ci que s'engage alors la reconquête des mots et du monde. Alors peut se clore "l'âge obscur". La quête de réconciliation prend ensuite la forme d'une eulogie retraçant le cheminement de marcheurs découvrant la beauté cabossée du monde. Travail de mémoire et déploiement du verbe avec, au bout du sentier, la reconquête des mots, "en plein vent". Si l'expérience du vide n'est pas une solution, la recherche d'une langue permet de résister aux ombres et de déshumilier la parole.
L'ambition de cet essai ? Dresser les enjeux d'une oeuvre majeure, ses lignes de force, ses points de fuite, sa perspective. Les auteurs grecs et romains, les poètes du Moyen-Age et de la Renaissance, mais aussi les écrits fondateurs de Shakespeare, de Baudelaire et de Rimbaud, tous ont été sollicités par Yves Bonnefoy dans sa quête inlassable de la "vérité de parole". Stéphane Barsacq propose de suivre cette "Odyssée de la conscience poétique, dont l'objet est la saisie de l'esprit par lui-même", et qu'Yves Bonnefoy a interrogée jusqu'à son dernier souffle dans un désir ardent de trouver le vrai lieu où se tenir vivant.