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Le sentiment fugace de l'éternel suivi de Géographie du chaos
Judice Nuno ; Bonneville-Humann Béatrice ; Humann
CORLEVOUR
20,20 €
Épuisé
EAN :9782372090094
Qu'attendent du ciel ces statues ? Celles d'hier, tronquées et mutilées, et celles d'aujourd'hui, dans l'écho de pierre où un fleuve souterrain se meut encore, traînant les images noires auxquelles le jaillissement d'une source rendra l'ultime lumière ? Je partage avec elles une attente de paysage ; et le ciel, dans la verticalité des désirs humains, garde le bleu pour les oiseaux tardifs, qui préparent les grands voyages de l'automne. L'air répand sa pureté dans les champs restants ; et les yeux des statues reflètent l'abîme de cette mer qu'on ne voit pas, avec son immensité illuminée par la plainte des marées. Je les prends par la main, et je mène cette procession d'aveugles au bord de la falaise. Le temps existe-t-il encore ? Dans quelle autre vie le comptons-nous, additionnant les instants, jusqu'à entendre le rire de ces lèvres qui s'est estompé dans l'érosion du marbre perdant l'arôme de l'amour ?
Nuno Júdice est né en 1949 en Algarve, au sud du Portugal. Mais Lisbonne, où il fit ses études, est son lieu mental, ville de poésie insinuante et de spéculations sans fin. Dès son premier recueil paru en 1972, A noçao de poema, il mêle étrangement une théorie de l'acte poétique à un lyrisme très personnel, ce qui éclaire sans doute la fascination qu'exerce cette oeuvre majeure de la littérature portugaise contemporaine. L'apparente simplicité de la langue y est sans cesse contestée par la syntaxe inattendue des images et par un murmure confus d'émotions qui cherchent une impossible maîtrise. Cette anthologie (1975-2015), composée par Manuela Júdice, semble révéler le filigrane d'une oeuvre qui a parfois pris les formes enténébrées de la chute, de l'abîme et de la mort. Ce motif ici dévoilé, c'est la figure - ou le nom - de l'amour. Magnifiquement traduit par le poète Max de Carvalho, ce recueil où la sensualité imprègne toute chose et où le désir suit les humeurs de la mer, nous révèle le versant solaire d'une quête obstinée de l'unité perdue.
L’énigme du poème rejoint l’énigme de l’univers. Nuno Júdice prolonge le projet de Mallarmé qui était d’en donner une explication orphique. La femme s’invite dans le poème parce qu’elle est le lien entre les deux énigmes. Chez l’auteur, le temps et l’espace sont reconstruits au profit de l’énergie amoureuse par opposition au temps qui nous est compté et par conséquent à la mort. Nous citerons cette phrase d’Álvaro de Campos : " Nous avons tous deux vies : la vraie, celle que nous rêvons dans l’enfance, que nous continuons de rêver, adultes, sur fond de brouillard ; la fausse, celle que nous partageons avec les autres, la vie pratique, la vie utile où l’on finit dans un cercueil". (Dactylograhie). Sortir du temps qui nous est imparti, Nuno Júdice le fait par la reconstruction du temps à travers les mythes qui sont par essence et par vocation intemporels. En somme, l’amour est le seul acte de résistance à la condition humaine. La nouveauté chez Nuno Júdice est d’offrir une géométrie variable de l’acte amoureux, une architecture lumineuse qui résisterait au temps et qui célébrerait l’amour et le poème.
Résumé : Il y a, en fait, un vertige dans l'évolution littéraire de cette période (1870/1970), qui passe par la première rupture avec le romantisme entreprise par les réalistes, continue avec l'aventure brève et incomprise du modernisme, et préserve, malgré l'obstacle de la police et de la censure, l'esprit de liberté pendant les quarante-huit ans qu'a duré la dictature salazariste, de 1926 à 1974. Il y a dans ce long processus la recherche d'une identité européenne qu'il n'a pas toujours été facile de concilier avec l'idée d'Empire héritée du temps des Découvertes. Nuno Judice
Plazenet Laurence ; Damour Franck ; Rocquet Claude
C'est un atelier de conte, une école, un jeu, un alambic de fables, cela ressemble à un bouquet de feu d'artifice fugace comme l'étincelle jaillie d'un choc de silex, à une pluie de confettis jetée en l'air, un arc-en-ciel formant un cercle irisé avec l'eau sur laquelle l'arche céleste et diaprée se reflète. C'est une arche d'histoires qui ne cessent de naître et de s'entrecroiser. Est-ce une troupe de conteurs, ou un seul conteur, et dans sa tête une foule de conteurs ? Cela revient au même. En toi, le rêve relance sa navette, ses balles de jongleur, une barque dérive et rame. A vol d'oiseau, le fleuve et ses ruisseaux, son réseau de ruisseaux, est un grand arbre, de sève, de rêve.
Plazenet Laurence ; Rastoin Marc ; Kéchichian Patr
Quand je parlerais toutes les langues des hommes, et le langage des anges mêmes, si je n'ai point la charité, je ne suis que comme un airain sonnant, ou une cymbale retentissante. Et quand j'aurais le don de prophétie, que je pénétrerais tous les mystères, et que j'aurais une parfaite science de toutes choses ; quand j'aurais encore toute la foi possible, jusqu'à transporter les montagnes, si je n'ai point la charité, je ne suis rien. Et quand j'aurais distribué tout mon bien pour nourrir les pauvres, et que j'aurais livré mon corps pour être brûlé, si je n'ai point la charité, tout cela ne me sert de rien. La charité est patiente ; elle est douce et bienfaisante ; la charité n'est point envieuse ; elle n'est point téméraire et précipitée ; elle ne s'enfle point d'orgueil ; elle n'est point dédaigneuse, elle ne cherche point ses propres intérêts, elle ne se pique et ne s'aigrit de rien, elle n'a point de mauvais soupçons ; elle ne se réjouit point de l'injustice ; mais elle se réjouit de la vérité ; elle supporte tout, elle croit tout, elle espère tout, elle souffre tout. La charité ne finira jamais.
Boissoudy François-Xavier de ; Zanotti-Sorkine Mic
Reine de ruches, char de feu, toi femme qui touches et qui transmets, centre de gravité joyeuse, mère anti-possessive, tu défies la peur et la brûles sous le souffle de Dieu. L'aurait-on oublié ? La confiance et l'audace sont deux vertus qui s'enfantent au baptême où l'Esprit est donné sans mesure, et pourtant tous les chrétiens n'en sont pas pourvus, signe que tu dois être là, petite Marie, pour donner la main au grand courage endormi. Michel-Marie Zanotti-Sorkine
Il vint ensuite vers ses disciples, et les ayant trouvés endormis, il dit à Pierre : Quoi ! Vous n'avez pu veiller une heure avec moi ? Veillez et priez, afin que vous ne tombiez point dans la tentation ; l'esprit est prompt, mais la chair est faible. Le gouverneur leur ayant donc dit : Lequel des deux voulez-vous que je vous délivre ? Ils lui répondirent : Barabbas. Pilate leur dit : Que ferai-je donc de Jésus, qui est appelé Christ ? Ils répondirent tous : Qu'il soit crucifié. Le gouverneur leur dit : Mais quel mal a-t-il fait ? Et ils se mirent à crier encore plus fort, en disant : Qu'il soit crucifié. Pilate voyant qu'il n'y gagnait rien, mais que le tumulte s'excitait toujours de plus en plus, se fit apporter de l'eau, et se lavant les mains devant le peuple, il leur dit : Je suis innocent du sang de ce juste.