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Géométrie variable
Judice Nuno
VAGAMUNDO
18,00 €
Épuisé
EAN :9782953622812
L’énigme du poème rejoint l’énigme de l’univers. Nuno Júdice prolonge le projet de Mallarmé qui était d’en donner une explication orphique. La femme s’invite dans le poème parce qu’elle est le lien entre les deux énigmes. Chez l’auteur, le temps et l’espace sont reconstruits au profit de l’énergie amoureuse par opposition au temps qui nous est compté et par conséquent à la mort. Nous citerons cette phrase d’Álvaro de Campos : " Nous avons tous deux vies : la vraie, celle que nous rêvons dans l’enfance, que nous continuons de rêver, adultes, sur fond de brouillard ; la fausse, celle que nous partageons avec les autres, la vie pratique, la vie utile où l’on finit dans un cercueil". (Dactylograhie). Sortir du temps qui nous est imparti, Nuno Júdice le fait par la reconstruction du temps à travers les mythes qui sont par essence et par vocation intemporels. En somme, l’amour est le seul acte de résistance à la condition humaine. La nouveauté chez Nuno Júdice est d’offrir une géométrie variable de l’acte amoureux, une architecture lumineuse qui résisterait au temps et qui célébrerait l’amour et le poème.
Qu'attendent du ciel ces statues ? Celles d'hier, tronquées et mutilées, et celles d'aujourd'hui, dans l'écho de pierre où un fleuve souterrain se meut encore, traînant les images noires auxquelles le jaillissement d'une source rendra l'ultime lumière ? Je partage avec elles une attente de paysage ; et le ciel, dans la verticalité des désirs humains, garde le bleu pour les oiseaux tardifs, qui préparent les grands voyages de l'automne. L'air répand sa pureté dans les champs restants ; et les yeux des statues reflètent l'abîme de cette mer qu'on ne voit pas, avec son immensité illuminée par la plainte des marées. Je les prends par la main, et je mène cette procession d'aveugles au bord de la falaise. Le temps existe-t-il encore ? Dans quelle autre vie le comptons-nous, additionnant les instants, jusqu'à entendre le rire de ces lèvres qui s'est estompé dans l'érosion du marbre perdant l'arôme de l'amour ?
Le mythe est une notion bien présente dans l'oeuvre de Nuno Júdice. Il a jadis travaillé sur les mythes fondateurs de l'identité portugaise, et d'une manière plus générale, il nourrit beaucoup sa poésie de la mythologie gréco-latine. Le livre Le Mythe d'Europe nous invite à la croisée des chemins, dans cet espace-temps où la mythologie côtoie le quotidien. Cet ouvrage commence par des poèmes où se mélangent le quotidien et le rêve, le fantastique et l'amour - "L'amour est une sombre vocation" - dans un lyrisme coutumier au poète. Ensuite, la longue partie au titre éponyme rappelle ce que Júdice a pu écrire jadis, en 2000, dans La Revue des Deux Mondes : "Il est parfois difficile de séparer dans le texte littéraire, la réalité de cette charge mythique qui accompagne les événements historiques et les bouleverse, ou leur attribue une charge surnaturelle" . Ainsi, dans Le Mythe d'Europe, on peut penser que la figure de l'aimée côtoie les figures féminines de la mythologie gréco-latine, et notamment celle, énigmatique et polymorphe, d'Europe. Mais on peut surtout penser que le poème se ressource à ces origines énigmatiques afin de questionner l'indigence culturelle de l'imaginaire de l'Europe contemporaine.
Marie Renée Bisquay-Le Mestric est née en 1943, à Pont-Aven, sa ville de prédilection depuis toujours, et dont elle emprunte régulièrement les sentiers de l?inspiration. Depuis longtemps, elle amasse dans ses tiroirs de belles pages d?écriture d?une langue poétique qui inscrit les faits et les jours, mêlant les genres et les formes, l?hier, l?aujourd?hui. Fermé pour inventaire est le premier texte publié de l?auteur.
Un conte philosophique plein d'humour sous la plume d'un grand poète portugais, accompagné, sagement, par les images, belles et subtiles, d'un doux rêveur.
Le crépuscule du matin éclot souffle l’embrasement ténu et blanc en plein vol sur la ligne d’horizon. Et par-dessus les limpides et très pâles lumières urbaines, il allume les miroirs des salines : quatre eaux font trembler le matin. À l’arrière de la maison, derrière nous le clapotis humide des oiseaux fragiles qui détissent l’ombre. À tes côtés le corps de celui qui t’invite au matin du monde. « Dans ces théâtres du temps, où l’on est acteur de hasards en un temps vécu comme discontinu, il y a une place, dans la poésie de Manuel Gusmao, pour les temps de la terre et de la maison, entre équinoxes et solstices, entre l’amour, les livres, la maladie ; et également pour les temps de l’Histoire et du grand monde. Et, contre toute attente devant l’état de ce monde, quand le poème fait coïncider ces « temps constellés », ainsi que le poète les évoque, en lui naît la joie de la vision, cette difficile construction de la joie qui est toujours le revers ou le pli d’une douleur. Dans sa solitude radicale, le poème ne clame pas au désert : le poème appelle afin que quelqu’un accoure, et « le monde n’a de cesse d’aller au lieu de rencontre ». (extrait de la préface p9)
C'est marée descendante, Max Et déjà c'est l'eau douce Qui reprend le dessus Des dessous de l'Odet, Ta rivière-mère, Ton fleuve bien à toi Où tu aurais sans doute aimé Comme un Rimbaud farceur Barrer un bateau ivre C'est déjà marée basse, Max Les cailloux sont à nu Et les mulets planqués Quelques marrons ont chu Et qui luisent au soleil Comme ton mystère-sourire ruinasse de l'Epee Il n'y a plus d'Allemands Dans la cité de l'Aigle Sur ton quai, tu es là A tutoyer le ciel.