Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
L'Etat quotidien. Personnels, pratiques et langages administratifs en Russie au XVIIIe siècle
Joukovskaïa Anna
EHESS
23,00 €
Épuisé
EAN :9782713233814
Vantée ou décriée, pléthorique ou invisible, l'administration publique est devenue un interlocuteur quotidien quasiment incontournable pour la plupart des habitants de la planète. Mais quels sont les processus qui permettent de former un corps de fonctionnaires, de forger leur vocabulaire, d'instaurer des pratiques ? Comment un Etat, tel que nous le concevons en Occident, advient-il ? Pour répondre à ces questions, Anna Joukovskaia se tourne vers la Russie du début du xviiie siècle, terrain d'observation privilégié de ces transformations. A cette époque, Pierre le Grand engage une série de réformes dont l'objectif est de rompre avec la culture administrative moscovite, peu adaptée à sa politique expansionniste. Il prend pour modèle des royaumes comme la Suède et la France, mais c'est sur le terrain qu'il doit trouver des agents prêts à mettre en oeuvre son projet. A travers les récits de vie d'un haut personnage de la cour, sorte d'entrepreneur administratif, et d'une famille cosaque sur quatre générations, ce livre nous plonge dans l'expérience la plus concrète des rouages de la "bureaucratie" russe. Au plus près de ceux qui, maniant la plume pour l'Empire, ont fait de leur allégeance au tsar et de leur inventivité un puissant levier d'ascension sociale, il éclaire d'un jour nouveau l'histoire des élites occidentales et la genèse de l'Etat moderne.
Grammaire du Russe moderne, c'est : - un universitaire russe - un universitaire français - deux compétences - une coopération - une méthode ordonnée - cinq parties - près de 200 fiches - une fiche par question - un apprentissage agréable et simplifié
Résumé : Le 25 janvier 1837, Alexandre Pouchkine, considéré de son vivant comme le plus grand poète de Russie, est mortellement blessé par un jeune Français, le baron Georges d'Anthès. Son agonie durera deux jours et bouleversera tout Saint-Pétersbourg, depuis le tsar jusqu'aux petites gens. Joukovski, l'un des plus proches amis de Pouchkine, dans une lettre adressée à son père qui réside alors à Moscou, décrit heure par heure ces moments d'adieu du poète à ses amis, mais aussi les intrigues politiques qui se trament au Palais d'hiver. Il se dégage de ce texte une telle force, une telle émotion, qu'on a véritablement l'impression d'assister à cette scène ultime, d'être présent dans l'appartement de Pouchkine, et de nous trouver parmi les milliers de Russes qui le pleurent.
Faut-il punir de mort les criminels ? La torture est-elle un moyen légitime de mener l'enquête ? Quels sont les critères de responsabilité pénale ? Les mêmes lois valent-elles pour tout le monde ? De quelles qualités le magistrat doit-il faire preuve ? Comment lutter contre la corruption du personnel judiciaire ? Comment protéger l'indépendance de la justice face au pouvoir politique ? Ces questions, qui nous sont familières, faisaient déjà l'objet de débats dans les milieux gouvernants de l'empire de Russie. Les discussions et même les réformes législatives parfois assez révolutionnaires qui en ont résulté, comme le moratoire sur la peine de mort, l'interdiction de la torture pour les mineurs ou le principe d'irresponsabilité légale des malades mentaux, tous introduits au cours du xviiie siècle, ont été largement oubliées par les générations suivantes. Neuf chercheurs chevronnés reconstituent ici l'histoire de ces débats, de ces réformes et des pratiques judiciaires qui les avaient suscités. Le passé et le présent entrent en résonance sous la lumière froide de l'analyse historique. Should criminals be punished by death ? Is torture a legitimate means of investigation ? What are the criteria for criminal responsibility ? Do the same laws apply to everyone ? What qualities should magistrates possess ? How can corruption among judicial staff be combated ? How can we protect the independence of the judiciary from political power ? These questions, with which we are all familiar, were already the subject of debate in the governing circles of the Russian Empire. The discussions and even the sometimes quite revolutionary legislative reforms that resulted, such as the moratorium on the death penalty, the ban on torture for minors or the principle of legal irresponsibility for the mentally ill, all introduced during the eighteenth-century, have been largely forgotten by later generations. Nine distinguished scholars reconstruct the history of these debates, reforms and the judicial practices that gave rise to them. Past and present both resonate with each other in the cold light of historical analysis.
L'Homme poursuit l'enquête engagée dans le précédent numéro : quelle est donc cette curieuse chimère à deux têtes qui orne sa couverture depuis sa fondation ? Selon Claude Lévi-Strauss, qui l'a choisie, il s'agirait d'un "dieu Tortue" de la culture pré-colombienne Coclé, en Amérique centrale. Que sait-on de cette culture et de ses productions graphiques ? A quel genre de dieu, et à quel genre de tortue, correspond ce personnage ? Et que dire de la bicéphalité joyeuse et hypnotique qui le caractérise ? Richard G. Cooke et Carlo Severi apportent quelques éclaircissements sur ces questions. Trois "Etudes & Essais" forment le coeur de ce numéro, illustrant une nouvelle fois l'ouverture épistémologique de notre revue. Camille Chamois explore à quelles conditions ethnographiques, philosophiques et psychologiques une théorie perspectiviste peut envisager la multiplicité de points de vue d'êtres différents, humains ou non humains. Abigaël Pesses nous conduit ensuite chez les Karen de Thaïlande et nous présente un curieux motif dessiné sur l'envers d'un plateau de riz, dans lequel toute une cosmologie se voit sobrement condensée afin de guider les morts sur le chemin de l'au-delà. Sophie Blanchy et Haddad Salim Djabir, pour leur part, restituent les échanges cérémoniels qui rythment et organisent les relations entre groupes de descendance sur l'île de Mohéli dans l'archipel des Comores, de même que le processus historique de la préservation de ces usages sous l'influence de riches marchands étrangers. Laurent Berger, enfin, clôt ce numéro par un nouveau commentaire critique du livre de Charles Stépanoff, Voyager dans l'invisible. Techniques chamaniques de l'imagination (La Découverte, 2019), en réexaminant la corréla¬tion entre naissance de la hiérarchie et mode de médiation reli¬gieuse. Il est ainsi question de cosmologies, dans ce numéro, et de la matière cérémonielle et picturale par laquelle une population figure - et donc rend disponible - le monde relationnel qu'elle habite et qu'elle produit.
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.