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Les naufragés de Perrache. Les souffrances et la révolte des réfugiés de Lyon (2012-2013) Chronique
Jouard Michel
L'HARMATTAN
29,00 €
Épuisé
EAN :9782343113616
Perrache est à la fois le centre multimodal traditionnel de Lyon et un quartier à fortes traditions populaires, au sud de la Presqu'île. C'est aussi devenu, au fil du temps, le lieu de "débarquement" des demandeurs d'asile des Balkans et du Caucase. De 2011 à 2013, un afflux plus important a saturé les capacités d'accueil et des centaines de familles, d'enfants, de jeunes se sont retrouvés à la rue et ont donc squatté tous les espaces publics possibles. Abandonnés de presque tous, ils se sont fait expulser quatre fois par la Communauté urbaine de Lyon, sans aucune prise en compte de leur besoin de logement. C'est grâce à la pression tenace des habitants solidaires et des associations humanitaires sur la préfecture que la majorité d'entre eux ont pu retrouver un toit. Cette chronique engagée, pleine de sensibilité et parsemée de poésie, raconte, au jour le jour, les souffrances, les espoirs, la résistance de ces "êtres humains comme nous". Elle dénonce le non-respect de leurs droits et le rejet brutal dont ils ont été victimes. Toute proportion gardée, c'était, un peu avant l'heure, la même situation d'urgence que celles qui sévissent actuellement à Paris et à Calais, moins médiatisée mais tout aussi tragique et instructive.
Dans sa figure idéologique et dans sa réalité historique, non plus européenne mais mondiale, le prolétariat désigne un processus de prolétarisation de la pensée et du monde de la "société" . Dans sa première partie, le Manifeste ordonne la description de ce processus suivant une logique de la reproduction de la bourgeoisie dans le prolétariat : le prolétariat, compris à partir de cette logique, c'est la bourgeoisie moins la croyance bourgeoise. Puisque la bourgeoisie n'avait d'existence que par sa croyance, le prolétariat n'a plus d'existence : il est dépossédé de toutes choses, il est cette figure impossible du pauvre absolu qui hante le monde européen" (p. 501). Le spectre et la puissance est une lecture du Manifeste du parti communiste. La démonstration du Manifeste est le deuxième moment de cette lecture qui constitue elle-même la deuxième partie d'un travail d'ensemble sur Marx, croisé avec Heidegger.
Etablir une relation entre la longue histoire coloniale et la politique, les attitudes actuelles de rejet des migrants et des réfugiés peut sembler surprenant. Et pourtant, le premier lien, le plus apparent, met en avant l'Europe. Une Europe, foyer millénaire de l'Occident, dont les plus grandes puissances ont dominé le monde entier pendant plusieurs siècles. Aujourd'hui, l'Union européenne se déchire sous la pression, pourtant assez limitée, de migrants, de demandeurs d'asile en provenance de l'Afrique et du Moyen-Orient. Le principal fil directeur, moins évident, entre ces deux situations est la poursuite d'une certaine subordination des ex-colonies vis-à-vis de leurs anciennes métropoles, rejointes par de nouvelles puissances, comme les Etats-Unis et la Chine. Les motivations ambivalentes et douteuses de la domination coloniale peinent encore à être reconnues et remises en cause. Elles se retrouvent aujourd'hui dans le refus irrationnel et clivant des mêmes nations, ainsi que d'autres, d'assumer leurs responsabilités historiques et géopolitiques.
Rédigées dans les années 1936-1938, soit trois ans après l'échec de l'engagement politique du rectorat et neuf ans après la publication du Traité Etre et Temps, non publiées du vivant de leur auteur, les Contributions à la philosophie se présentent comme une suite de fugues, que précède un foudroyant avant-propos et suit une longue "récapitulation" éclairant ce que Heidegger désigne comme "l'intitulé public" (le titre "approprié" étant plutôt le sous-titre : De l'événement). Parce que "être rendu compréhensible ramène tout de force dans l'horizon de la représentation traditionnelle... se rendre compréhensible est le suicide de la philosophie" (259). Une philosophie toujours met en question ce qui est reconnu, suivant la "tradition", comme "allant de soi", et ainsi, donne à penser. En un sens du penser que précisent les Contributions : penser, ce n'est pas une activité combinatoire, en bref un calcul, ce n'est pas davantage un "processus psychologique" en lui-même inintelligible. Penser signifie répondre à l'événement qu'est l'Etre - ou la vérité de l'Etre. Autrement dit : questionner sérieusement, là où nous en sommes. Mais c'est toute l'oeuvre de Heidegger qui tente de dire (de questionner) ce "là où nous en sommes" (le mot de Heidegger est : Dasein). En ce sens, les Contributions sont au coeur de l'oeuvre de Heidegger. Ce questionnement s'appelle ici la passion de la pensée : cette épreuve, l'unique épreuve, où se joue la relation des hommes et de leurs dieux, portée dans la dernière fugue à son épure par l'expression difficile du "Dieu ultime".
Comme Rousseau, dans son deuxième Discours, "écartait tous les faits" car, disait-il, "ils ne touchent pas à la question" , nous laissons tous les livres du marxisme, qui ne touchent pas davantage à la question : les livres sur Marx appartiennent à la bibliothèque des sciences humaines ou de l'histoire des idées politiques. Notre question est celle de l'événement de la pensée de Marx. Deux choses nous arrivent avec Marx : 1) cette pensée sait devoir répondre à la question de la détresse prolétarienne, que Marx comprend comme la détresse du monde ; 2) son questionnement de l'Etre se conçoit comme praxis et engage une mutation radicale de celui qui questionne. La même exigence d'une praxis de la pensée portera le questionnement par Heidegger de l'existence humaine, de la détresse de l'Etre. Si un recommencement de la pensée est possible, qui signifie un recommencement du monde lui-même, c'est, selon nous, par le croisement de Marx et de Heidegger.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.