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Passion de la pensée. Lecture de Heidegger
Jouard Jean-Pierre Emmanuel
L'HARMATTAN
42,00 €
Épuisé
EAN :9782343133751
Rédigées dans les années 1936-1938, soit trois ans après l'échec de l'engagement politique du rectorat et neuf ans après la publication du Traité Etre et Temps, non publiées du vivant de leur auteur, les Contributions à la philosophie se présentent comme une suite de fugues, que précède un foudroyant avant-propos et suit une longue "récapitulation" éclairant ce que Heidegger désigne comme "l'intitulé public" (le titre "approprié" étant plutôt le sous-titre : De l'événement). Parce que "être rendu compréhensible ramène tout de force dans l'horizon de la représentation traditionnelle... se rendre compréhensible est le suicide de la philosophie" (259). Une philosophie toujours met en question ce qui est reconnu, suivant la "tradition", comme "allant de soi", et ainsi, donne à penser. En un sens du penser que précisent les Contributions : penser, ce n'est pas une activité combinatoire, en bref un calcul, ce n'est pas davantage un "processus psychologique" en lui-même inintelligible. Penser signifie répondre à l'événement qu'est l'Etre - ou la vérité de l'Etre. Autrement dit : questionner sérieusement, là où nous en sommes. Mais c'est toute l'oeuvre de Heidegger qui tente de dire (de questionner) ce "là où nous en sommes" (le mot de Heidegger est : Dasein). En ce sens, les Contributions sont au coeur de l'oeuvre de Heidegger. Ce questionnement s'appelle ici la passion de la pensée : cette épreuve, l'unique épreuve, où se joue la relation des hommes et de leurs dieux, portée dans la dernière fugue à son épure par l'expression difficile du "Dieu ultime".
Or il arrive ceci en ce bas monde que les hommes sont des enfants perdus, comme les enfants perdus de Peter Pan. Fond panique de l'existence. Ils sont de tels enfants perdus à la mesure exacte de leur ignorance. Adam au paradis, il ne sait rien du monde, le monde est pour lui un jardin, mais le monde n'est pas du tout un jardin... Sauf en rêve, et quel rêve ! Adam triste au paradis, faible, ignorant de lui-même et des choses, balloté par les passions, dépendant des circonstances, du hasard des rencontres. " La philosophie aurait-elle un sens quelconque si elle ne se produisait pas comme une proposition pour la pensée ? La question est celle qu'a su dire Kant, la question critique : " Qu'est-ce que s'orienter dans la pensée ? " Nous ajoutons : et dans l'existence. Car l'existence est le point critique, si le monde n'est pas rien que le jardin de nos inexistences. Cela vaut de l'invention philosophique aussi bien que de son enseignement. C'est pourquoi ces leçons (de philosophie politique et morale) font voisiner Aristote, Descartes, Spinoza ou Leibniz et Derrida, Deleuze, Foucault ou Badiou : la tradition, indispensable, et les propositions les plus neuves, les plus exigeantes, de notre temps. C'est pourquoi aussi elles trouvent leur départ dans la méditation platonicienne de l'apparence, que concentre la fable de Gygès, le drame inaugural du premier grand livre de la philosophie : La République.
Le monde des idéologies est derrière nous. Qui pourrait aujourd'hui croire sérieusement aux sombres divagations des nationalismes ou des socialismes du dix-neuvième siècle et du vingtième ? Les hommes de ces temps-là croyaient pouvoir se délivrer des idéologies par la science et une politique qui trouverait son orientation et sa caution dans les sciences, naturelles et humaines (psychologie, biologie, etc.). Ainsi s'est mis en place le dispositif de l'idéo-logique, suivant lequel il n'est de vérité que scientifique. Quant aux questions de la politique, elles seraient celles de la gestion des problèmes, que l'on imagine pouvoir confier aux experts. Cette idolâtrie de la science et la réduction de la question politique à une problématique gestionnaire sont les deux traits saillants d'un monde livré au déploiement de la Puissance, dans les deux figures de la puissance du Capital et de la puissance de la Technique. Ce monde "marxiste" n'est plus le monde bourgeois de la lutte des classes, avec ses idéologies, il est celui des masses humaines entièrement soumises à l'Idéo-logique de la Puissance.
Pourquoi tant de peintres et sculpteurs se sont-ils tournés vers l'art paléolithique au XXe siècle ? De la grotte d'Altamira à celle de Lascaux, de la Dame de Brassempouy à la Vénus de Lespugue, la découverte d'authentiques chefs-d'oeuvre d'une époque si lointaine ne pouvait qu'inspirer ces artistes rêvant de révolutionner leur art. Picasso, Miro, Dubuffet, Tal Coat, Brassaï, Klee, Pollock, Klein, Soulages, Bonnard, Viallat, Fautrier, Zadkine ont été tous fascinés par l'art pariétal de la préhistoire, par le génie de leurs créateurs anonymes, qu'ils soient eux-mêmes descendus dans les grottes ou aient découvert ces musées souterrains dans des revues ou dans des livres. C'est une confrontation, c'est un voyage au confluent de ce futur antérieur et de ce passé décomposé que l'auteur, Jean-Paul Jouary, nous propose ici.
Nous n'avons aucune idée de la philosophie - de la philosophie dans son commencement grec et de la philosophie tout court - si nous sommes sourds à l'exigence éthique qui sous-tend cette philosophie et rapporte l'une à l'autre la question du sens de l'être et la question de sa vérité" . Nietzsche aimait rappeler que les philosophes de la Grèce se désignaient eux-mêmes les "hommes véridiques" . L'éthique, nous la comprenons comme le savoir, ou l'expérience, de celui que Hölderlin, le poète, depuis son Allemagne, appelait l'homme vrai : "Tu trouveras parmi eux (les Allemands), écrit Hypérion à son ami Bellarmin, dans le roman épistolaire Hypérion ou l'Ermite de Grèce, des ouvriers, des penseurs, des prêtres, des maîtres et des serviteurs, des jeunes gens et des adultes certes : mais pas un homme" . Cette expérience de l'homme vrai, celui que l'on ne trouve pas, selon Hölderlin, dans l'Allemagne de son temps (fin du 18e, préromantique), avait été, autrement, celle des premiers philosophes de la Grèce, d'Anaximandre, d'Empédocle ou de Parménide, et singulièrement de Héraclite, dont chacun peut connaître la parole : "Ethos anthropô daimon" que l'on peut traduire ainsi : le séjour de l'homme est dans la proximité de ses dieux. L'expérience de l'introuvable homme vrai est, pour nous, l'expérience de ce que nous caractérisons par l'expression de mondialité, laquelle s'entend, ici, décisivement, comme la fin - qui n'en finit pas de finir - de la modernité européenne, la modernité des Lumières et de l'industrie des Lumières. Cette fin est ce moment du temps, qui est encore le nôtre, où il n'en est plus rien quant à l'homme vrai : l'expression elle-même, "l'homme vrai" , nous est devenue inintelligible. Nous voulons lui rendre son intelligibilité.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.