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Le principe de justice. Quatre leçons de philosophie morale et politique
Jouard Jean-Pierre Emmanuel
L'HARMATTAN
31,50 €
Épuisé
EAN :9782296068513
Or il arrive ceci en ce bas monde que les hommes sont des enfants perdus, comme les enfants perdus de Peter Pan. Fond panique de l'existence. Ils sont de tels enfants perdus à la mesure exacte de leur ignorance. Adam au paradis, il ne sait rien du monde, le monde est pour lui un jardin, mais le monde n'est pas du tout un jardin... Sauf en rêve, et quel rêve ! Adam triste au paradis, faible, ignorant de lui-même et des choses, balloté par les passions, dépendant des circonstances, du hasard des rencontres. " La philosophie aurait-elle un sens quelconque si elle ne se produisait pas comme une proposition pour la pensée ? La question est celle qu'a su dire Kant, la question critique : " Qu'est-ce que s'orienter dans la pensée ? " Nous ajoutons : et dans l'existence. Car l'existence est le point critique, si le monde n'est pas rien que le jardin de nos inexistences. Cela vaut de l'invention philosophique aussi bien que de son enseignement. C'est pourquoi ces leçons (de philosophie politique et morale) font voisiner Aristote, Descartes, Spinoza ou Leibniz et Derrida, Deleuze, Foucault ou Badiou : la tradition, indispensable, et les propositions les plus neuves, les plus exigeantes, de notre temps. C'est pourquoi aussi elles trouvent leur départ dans la méditation platonicienne de l'apparence, que concentre la fable de Gygès, le drame inaugural du premier grand livre de la philosophie : La République.
Le monde des idéologies est derrière nous. Qui pourrait aujourd'hui croire sérieusement aux sombres divagations des nationalismes ou des socialismes du dix-neuvième siècle et du vingtième ? Les hommes de ces temps-là croyaient pouvoir se délivrer des idéologies par la science et une politique qui trouverait son orientation et sa caution dans les sciences, naturelles et humaines (psychologie, biologie, etc.). Ainsi s'est mis en place le dispositif de l'idéo-logique, suivant lequel il n'est de vérité que scientifique. Quant aux questions de la politique, elles seraient celles de la gestion des problèmes, que l'on imagine pouvoir confier aux experts. Cette idolâtrie de la science et la réduction de la question politique à une problématique gestionnaire sont les deux traits saillants d'un monde livré au déploiement de la Puissance, dans les deux figures de la puissance du Capital et de la puissance de la Technique. Ce monde "marxiste" n'est plus le monde bourgeois de la lutte des classes, avec ses idéologies, il est celui des masses humaines entièrement soumises à l'Idéo-logique de la Puissance.
Comme Rousseau, dans son deuxième Discours, "écartait tous les faits" car, disait-il, "ils ne touchent pas à la question" , nous laissons tous les livres du marxisme, qui ne touchent pas davantage à la question : les livres sur Marx appartiennent à la bibliothèque des sciences humaines ou de l'histoire des idées politiques. Notre question est celle de l'événement de la pensée de Marx. Deux choses nous arrivent avec Marx : 1) cette pensée sait devoir répondre à la question de la détresse prolétarienne, que Marx comprend comme la détresse du monde ; 2) son questionnement de l'Etre se conçoit comme praxis et engage une mutation radicale de celui qui questionne. La même exigence d'une praxis de la pensée portera le questionnement par Heidegger de l'existence humaine, de la détresse de l'Etre. Si un recommencement de la pensée est possible, qui signifie un recommencement du monde lui-même, c'est, selon nous, par le croisement de Marx et de Heidegger.
Mais ce que nous appelons conscience est précisément comme une infraction, une divine infraction à cet ordre de l'animalité. Ainsi vivre, pour l'homme, c'est faire l'épreuve de la question qui lui vient du monde. Qu'est-ce que c'est, pour toi, être ceci ou cela, ce qui veut dire : que signifie de pouvoir l'être ? Comment répondrais-tu dans telle ou telle situation ? Personne ne répondra pour toi, et toi, tu ne répondrais pour personne d'autre : à cet autre, tu feras legs de la question. Ce que dit Socrate, ce qui aura ainsi été dit pour toujours : " Connais-toi toi-même ! " (pp. 55-56) Ce livre, dont on n'attendra pas quelque nouvelle extraordinaire à propos de ce penseur qui n'a pas écrit et ne fut donc pas un auteur, tente de rappeler ce que pourrait être la leçon de Socrate, pour aujourd'hui, et peut-être encore pour demain, il faut, en tout cas, l'espérer. Cette leçon est une définition de l'homme. Le premier point est que l'existence est cette définition. Le deuxième est que, de l'existence, il n'y a pas le savoir : pas d'existant compétent, c'est, dans Platon, l'invariant des dialogues dits socratiques. Cela se dit comme la vérité de l'existence - et il n'y a pas d'autre vérité. Socrate, puisqu'il sait seulement cela : qu'il ne sait rien - est le patron des existants. Heidegger parlait de Socrate comme du penseur le plus pur. La singularité Socrate était donc pour Heidegger, la pureté incomparable de la pensée Socrate. Sans doute parce que, n'ayant pas laissé de livre, il se soustrayait à l'ordre commun de la corruption littéraire ; mais d'autant plus exposé qu'ainsi soustrait. Exemplairement, le texte de Platon est une exposition de Socrate. Pour nous, Socrate est donc un signe. Sous le signe de Socrate, nous reconnaissons notre tâche comme celle de penser à nouveau l'existence.
Nous n'avons aucune idée de la philosophie - de la philosophie dans son commencement grec et de la philosophie tout court - si nous sommes sourds à l'exigence éthique qui sous-tend cette philosophie et rapporte l'une à l'autre la question du sens de l'être et la question de sa vérité" . Nietzsche aimait rappeler que les philosophes de la Grèce se désignaient eux-mêmes les "hommes véridiques" . L'éthique, nous la comprenons comme le savoir, ou l'expérience, de celui que Hölderlin, le poète, depuis son Allemagne, appelait l'homme vrai : "Tu trouveras parmi eux (les Allemands), écrit Hypérion à son ami Bellarmin, dans le roman épistolaire Hypérion ou l'Ermite de Grèce, des ouvriers, des penseurs, des prêtres, des maîtres et des serviteurs, des jeunes gens et des adultes certes : mais pas un homme" . Cette expérience de l'homme vrai, celui que l'on ne trouve pas, selon Hölderlin, dans l'Allemagne de son temps (fin du 18e, préromantique), avait été, autrement, celle des premiers philosophes de la Grèce, d'Anaximandre, d'Empédocle ou de Parménide, et singulièrement de Héraclite, dont chacun peut connaître la parole : "Ethos anthropô daimon" que l'on peut traduire ainsi : le séjour de l'homme est dans la proximité de ses dieux. L'expérience de l'introuvable homme vrai est, pour nous, l'expérience de ce que nous caractérisons par l'expression de mondialité, laquelle s'entend, ici, décisivement, comme la fin - qui n'en finit pas de finir - de la modernité européenne, la modernité des Lumières et de l'industrie des Lumières. Cette fin est ce moment du temps, qui est encore le nôtre, où il n'en est plus rien quant à l'homme vrai : l'expression elle-même, "l'homme vrai" , nous est devenue inintelligible. Nous voulons lui rendre son intelligibilité.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.