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De fumée et d'ocre & Soleil incliné
Jonker Ingrid ; Hainaud Boris ; Gallon Olivier
BARQUE
22,00 €
Épuisé
EAN :9782917504437
Ingrid Jonker (1933-1965), née dans une famille blanche afrikaner de la région du Cap, est de ces poètes qui oscillent entre l'icône et l'oubli. Erigée parmi les plus grands classiques en Afrique du Sud, souvent mise à côté de Sylvia Plath, Emily Dickinson, Anna Akhmatova ou encore Marina Tsvetaeva, elle ne connaît pourtant pas leur fortune à l'international. Ce livre en édition bilingue propose la première traduction en français des deux recueils complets, à partir de la langue d'origine (l'afrikaans), d'un auteur grandement célébré dans son pays, enseigné dans les classes, étudié à l'université, etc. Elle a déjà connu de nombreuses traductions, notamment en anglais, en allemand, en néerlandais, en zulu, en polonais, ou encore en turc et un film lui a été consacré en 2011, "Black butterflies". Depuis 1965, le "Ingrid Jonker Prize" couronne chaque année le meilleur premier ouvrage de poésie sud-africaine en afrikaans ou en anglais.
Avec Vladimir Nabokov, Nina Berberova (1901-1993) est l'un des auteurs de la première vague de l'émigration russe les plus connus en France. En paraphrasant Lamartine, on pourrait dire qu'elle représente, aux yeux de ses lecteurs, un "siècle fait femme". Lors du long périple qui la conduit de Saint-Pétersbourg à Philadelphie, en passant par Paris et New York, elle devient le témoin privilégié de tous les grands événements : la révolution d'Octobre, les deux guerres mondiales, la chute du mur de Berlin et la fin du régime communiste. Découverte par Hubert Nyssen en 1985, avec son roman L'Accompagnatrice, Nina Berberova a connu à la fin de sa vie un succès fulgurant grâce aux efforts de ses éditeurs et de ses traducteurs. En quelques années seulement, toute son oeuvre prosaïque, poétique et dramatique a été publiée par la maison Actes Sud et a immédiatement conquis les lecteurs français.
Le 15 septembre 1945, le compositeur autrichien Anton Webern, disciple et ami d'Arnold Schönberg et troisième grand représentant, avec Alban Berg, de l'Ecole de Vienne, fut abattu froidement de trois coups de pistolet par un soldat américain, à Mittersill, dans les Alpes de Salzbourg. Il allait avoir soixante-deux ans. Le soldat, un cuisinier de l'armée américaine qui se livrait au marché noir et craignait d'être espionné, fut condamné à dix jours d'arrêts et renvoyé aux Etats-Unis. S'adressant tour à tour au bourreau et à sa victime, Gert Jonke s'interroge sur cette mort absurde et pourtant, à sa façon, pleine de sens. A partir du récit plusieurs fois repris des derniers instants de la vie du compositeur, c'est toute la destinée de Webern qui est ici mise en perspective, une destinée où les mille difficultés de la vie quotidienne, auxquelles Gert Jonke consacre des pages d'un comique délirant, contrastent avec l'extrême exigence artistique qui, on le sait, ne lui permit guère de composer plus d'une trentaine d'?uvres. Il en résulte l'un des plus beaux hommages qu'un écrivain ait rendu à un compositeur.
Résumé : En Autriche et en Allemagne, Gert Jonke n'est pas un inconnu. Son roman Musique lointaine n'est pas un coup d'essai, mais bien plutôt l'aboutissement d'une recherche sur les structures du récit, de la langue et de la personnalité. Dans un langage qui peut irriter par sa complexité mais qui reste toujours somptueux, il raconte l'itinéraire intérieur et les errances extérieures d'un jeune homme qui pourrait n'être autre que le grand compositeur du siècle dans cette Autriche qui est le pays de la musique et qui devient littéralement un pays de musique, où les cheminées des maisons, les champs de maïs et les tunnels creusés dans les montagnes se mettent à jouer leur mélodie cosmique. Le cheminement du narrateur semble très décousu, mais, sous le désordre apparent d'une intrigue qui se refuse à en être une, on voit en filigrane les linéaments d'un délire merveilleusement organisé où se mêlent l'amour et la mort, le voyage et la musique, le souvenir et l'oubli.
Que serait la femme sans amour ? Rien, suggèrent d'innombrables citations à ce sujet qui fleurissent sur le net. Le même constat s'impose à la lecture de la Bible et des ouvrages (pseudo)psychologiques explorant la dichotomie de Mars et de Venus. Ce conditionnement est loin d'être anodin. Car l'amour est constamment mis à l'honneur dans les romans, les films, les médias... Il est inculqué aux fillettes dès leur plus jeune âge en tant que la justification suprême d'une vie présentée comme une perpétuelle offrande. Grand principe sacrificiel, assimilé à une impérieuse loi de la nature et considéré bien souvent comme une alternative aux comportements masculins basés sur l'agression, il devient ainsi une forme d'aliénation, une sorte de "burqa transparente", selon une expression de Belinda Cannone. Là où par définition elle est censée incarner la douceur, la maternité ou la séduction, une femme qui décide d'en finir avec cette surenchère affective doit se montrer suffisamment forte pour résister au discours culpabilisant. Sous cet angle, loin d'être une simple stratégie de communication, le "sextrémisme" proclamé par les Femen semble lié à l'envie de transcender la condition féminine. Le discours de haine, accompagné par la rhétorique militaire et les postures guerrières, la provocation et le jeu avec des stéréotypes, cassant une image traditionnelle des "filles de l'Est", apparaissent comme des réactions vives mais sans doute authentiques aux contraintes en vigueur.
Conrad Aiken (1889-1973), avant tout poète, mais aussi romancier?, nous livre ici l?une de ses nouvelles les plus bouleversantes. Nous pénétrons dans un royaume de neige perçu et éprouvé par le jeune Paul Hasleman, âgé de 12 ans. Peu à peu happé par la magie de son monde, Paul éprouve les plus grandes difficultés à répondre aux nécessités du quotidien, aux questions qu?on lui pose à la maison avec ses parents, à l?école avec la maîtresse d?école, puis avec le médecin contre le pouvoir duquel, surtout, il se voudrait ne pas faire figure « d?un cas ». Paul cherche à préserver son secret (le secret de la neige), sans blesser, cependant qu?il lui devient aussi de plus en plus difficile de le taire? Dans ce texte inouï, où la folie côtoie le conte, rien n?est enfermé. Merveilleux.