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L'art dans tous ses extrêmes
Jimenez Marc
KLINCKSIECK
26,50 €
Épuisé
EAN :9782252038420
L'art de ce début de XXIe siècle, infiniment inventif, échappe à toute qualification. Sans qualité, il multiplie les configurations à l'infini, déroute les attentes, infiltre la vie quotidienne, et, comme l'exprime Claude Amey, ce qui est extrême, ce n'est pas la ligne droite mais le nombre des agencements qui entendent partager "le sensible". Tous les prophètes du déclin de l'art, les Cassandre prédisant sa mort programmée, de G. W. F. Hegel, qui ne parlait en fait que de "dissolution", à Arthur Danto, se sont donc fourvoyés. Le capitalisme libéral a réussi à inventer la "fin de la fin de l'art". Il est parvenu à créer un art à son image, un art affranchi des injonctions et des illusions modernistes, un art sans modèles, sans valeurs, sans idéaux, sans perspective humaniste, bref, un art "conforme", témoin désabusé, voire cynique, véritable sismographe d'un monde agité et déboussolé, lui aussi soumis à des reconfigurations permanentes. Pas de confusion toutefois : l'art de la non-finitude ne renonce pas au beau, ni au sublime, ni au laid. Bien au contraire, il absorbe le tout, libéré de tout idéalisme, et notamment de l'illusion selon laquelle il pourrait réenchanter le monde. C'est peut-être ce qu'exprime la 11e biennale de Lyon intitulée "Une terrible beauté est née" d'après un vers d'un poème de Yeats. Une beauté terrible, que l'on pourrait dire aussi effrayante, abominable, affreuse, apocalyptique, atroce, catastrophique, dantesque, dramatique, effroyable, épouvantable, extraordinaire, fantastique, farouche, féroce, formidable, foudroyante, horrible, insoutenable, intenable, intense, monstrueuse, prodigieuse, puissante, redoutable, sombre, terrorisante, tragique, violente, etc. Sans qualité, l'art actuel supporte tous les qualificatifs.
Controverses, polémiques, voire débats virulents opposentles défenseurs et les détracteurs de la création artistiqued'aujourd'hui. S'interroger sur les normes d'évaluation et d'appréciation esthétiques qui permettent de porter un jugement sur les oeuvres d'art est une question pertinente; elle rejoint les réactions du grand public, souvent perplexe et désorienté devant des oeuvres qu'il ne comprend pas. La modernité artistique du XXe siècle s'est chargée de disqualifier les catégories esthétiques traditionnelles. La question posée par l'art depuis une trentaine d'années est celle de l'inadéquation des concepts - art, oeuvre, artiste, etc. - à des réalités qui, apparemment, ne leur correspondent plus. Or, paradoxalement, c'est sur le thème de la décadence de l'art contemporain que se centre la polémique, en France comme en Europe, depuis des années. Est-il possible de redéfinir les conditions d'exercice du jugement esthétique vis-à-vis des oeuvres contemporaines? À supposer même que celles-ci soient "n'importe quoi", peut-on tenir sur elles un discours argumenté et critique? Biographie de l'auteur Marc Jimenez est l'auteur de Qu'est-ce que l'esthétique? (Folio essais, inédit n° 303).
En un peu plus dune dcennie, le consensus culturel, cest--dire la collusion atteste de lart avec le systme conomique, politique et technicien qui gre la production industrielle des biens culturels, semble avoir mis dfinitivement un terme aux prtentions subversives , engages , impliques ou simplement polmiques de ceux que lon persiste nommer artistes . Le pouvoir de lart, revendiqu maintes fois au cours de lhistoire, en particulier par les mouvements davant-garde du sicle dernier, est devenu aujourdhui le pouvoir de ceux qui administrent lart et assurent sa promotion, sa diffusion et sa critique sur les plans conomique et institutionnel. En dautres termes, le pouvoir de lart tend se confondre et il ne sagit pas ici dune simple et gratuite antimtabole avec lart du pouvoir. Marc Jimenez
La lecture des derniers poèmes que Nietzsche compose entre 1879 et 1888, se révèle indispensable si l'on veut suivre les cheminements d'une pensée qui ne procède pas selon les voies traditionnelles de l'argumentation philosophique et de l'abstraction conceptuelle. Elle permet aussi de comprendre les prétendues contradictions de la pensée nietzschéenne, non plus comme des incohérences mais comme les signes ambigus d'une entreprise dont l'auteur a pressenti maintes fois la difficulté, sinon l'échec, lui qui n'ignorait pas que "le service de la vérité est le plus dur service".
Les formes inédites de l'art contemporain, souventprovocatrices et parfois mal comprises par le public,sont certainement à l'origine du regain d'intérêt pour l'esthétique. Dès le XIXe siècle, celle-ci s'est trouvée confrontée aux soubresauts de la modernité artistique puis des avant-gardes et elle s'est forgée une terminologie propre, d'origine philosophique, qui n'est pas toujours familière aux non-spécialistes.Pour que le débat sur l'art actuel paraisse moinsconfus ou réservé aux seuls initiés, cet ouvrage expose les enjeux artistiques nés avec le XXe siècle et les principales questions auxquelles tente de répondre l'esthétique contemporaine. Biographie de l'auteur Marc Jimenez, philosophe et germaniste, est professeur à l'université de Paris I (Panthéon-Sorbonne). Il enseigne l'esthétique à l'UFR d'Arts plastiques et sciences de l'art où il dirige le Centre de recherches en esthétique théorique et appliquée. Il est le directeur de la Collection d'esthétique chez Klincksieck.
Résumé : Par modestie, vraie ou fausse, Faulkner a plusieurs fois déclaré que Thomas Wolfe était le meilleur romancier de sa génération. Il entendait par là que c'est lui qui avait visé le plus haut et que, même s'il n'était pas parvenu à réaliser ses ambitions, son échec était plus glorieux que la réussite (relative) de ses rivaux. L'oeuvre de Thomas Wolfe appartient donc à l'empyre de la littérature américaine et cependant, pour diverses raisons, malgré la réputation dont elle jouit aux Etats-Unis et le grand succés qu'elle a rencontré en Allemagne, elle est presque complétement ignorée du public français.
Des débuts de la littérature américaine jusqu'au XXe siècle, les écrivains et les intellectuels américains éprouvèrent le besoin de visiter l'Europe pour évaluer la civilisation dont ils étaient séparés et se situer par rapport à elle. Ils croyaient à l'infériorité intellectuelle de l'Amérique et pensaient que leur éducation ne serait complète que lorsqu'ils auraient pris contact avec une civilisation plus ancienne. La tendance à l'expatriation de l'intelligentsia américaine trouve donc son origine dans les liens traditionnels et culturels qui rattachaient le Nouveau Monde au Vieux Monde.