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L?histoire littéraire des écrivains
Jeannelle Jean-Louis ; Debaene Vincent ; Macé Mari
SUP
22,00 €
Épuisé
EAN :9782840508748
Qu'appelons-nous ici " histoire littéraire des écrivains " ? A la fois un vaste corpus de textes, de pratiques (individuelles ou collectives) et de formes esthétiques qui échappe à l'histoire savante, universitaire et officielle, mais n'en contribue pas moins, depuis la fin du XIXe siècle, à façonner l'idée que nous nous faisons de la littérature : cette histoire, racontée et construite par les écrivains eux-mêmes à travers leurs essais, leurs articles ou leurs mémoires, forme un vaste " récit indigène " et pluriel dont le rôle central a jusqu'ici été largement méconnu. Les débats pour ou contre l'histoire littéraire se sont, en effet, toujours concentrés autour d'enjeux qui tiennent à une méthodologie soucieuse de légitimité scientifique. Mais quel intérêt a-t-on accordé au Projet d'histoire littéraire contemporaine d'Aragon (1923) ou au Tableau de la littérature française initié par Malraux aux éditions Gallimard (1939-1974), aux innombrables préfaces, entretiens et prises de position (dont les manifestes et les pamphlets représentent des armes de choix) qui rythment l'histoire des lettres, ou encore à des collections (comme " Ecrivains de toujours " ou " L'Un et l'Autre "), des formes (comme le recueil) ou des fictions (depuis Illusions perdues jusqu'à Blanche ou l'Oubli) où s'écrivent selon des modalités variées les principaux épisodes d'une aventure que les spécialistes tentent de ressaisir de l'extérieur ? Ce projet parie sur la force d'un décloisonnement : il s'agit d'être à l'écoute des acteurs (individuels ou collectifs) très variés qui disent et racontent l'histoire de la littérature ; d'identifier des fragments de discours, omniprésents et pourtant inaperçus ; d'être attentifs aux genres, aux modes de narration, aux formes dispersées où s'élabore une temporalité autre que la chronologie littéraire. Le présent ouvrage est issu d'un projet ACI du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche qui a réuni pendant quatre ans, à l'initiative de l'équipe " Littératures françaises du XXe siècle " de l'université Paris-Sorbonne, des chercheurs de l'université de Franche-Comté, du CRAL (CNRS-EHESS), l'université de Bonn, et de l'université Columbia (New York). Il a donné lieu à une dizaine de colloques ou journées d'études entre mai 2005 et octobre 2007, publiés en volume ou hébergés par le site Fabula.
Jean-Louis Jeannelle: Maître de conférences à l'université Paris-Sorbonne et membre de l'Institut universitaire de France, il est l'auteur d'une étude consacrée au Miroir des limbes: Malraux, mémoire et métamorphose et d'Ecrire ses Mémoires au XXe siècle: déclin et renouveau (Gallimard, 2006 et 2008).
Premier volume en 1958 d'un cycle qui s'achèvera avec La Cérémonie des adieux en 1981, Mémoires d'une jeune fille rangée raconte l'histoire d'une libération et l'accomplissement d'un destin, confirmant ainsi l'intuition de la jeune Simone de Beauvoir qui notait dans son journal intime le 30 mai 1929 : "Quelle plus belle oeuvre que cette destinée que j'accomplis ? " De son éducation dans un milieu familial et scolaire étouffant, Beauvoir a tiré une analyse précise de l'arrangement des sexes, implacable police des genres dont résultait pour les jeunes filles de la bourgeoisie catholique une fausse alternative : le mariage "arrangé" ou le célibat forcé. Portée par un formidable goût de bonheur, la jeune Simone passe du Cours Désir aux amphithéâtres de la Sorbonne et conquiert son autonomie grâce à l'agrégation de philosophie. A chacune de ces étapes, ce sont dans les mots, lus et écrits, qu'elle trouve les ressources nécessaires à son parcours - au prix néanmoins d'un sacrifice : celui de son amie Zaza, morte de n'avoir pu s'arracher à son milieu, mais à laquelle l'autobiographie confère une nouvelle existence faite de mots. Au coeur de ce récit de vocation se trouvent les linéaments d'une pensée où l'existence s'appréhende à travers le corps et les aspirations d'un être sexué. Synthèse des travaux les plus récents sur l'oeuvre autobiographique de Simone de Beauvoir, le présent volume rassemble les contributions des meilleurs spécialistes, parmi lesquels les artisans de l'édition des Mémoires dans la Bibliothèque de la Pléiade. Il a été pensé comme un ouvrage complet et incontournable pour permettre la réussite des candidats à l'agrégation de lettres.
Résumé : Dans cette histoire que littérature et cinéma ont longtemps partagée (en France plus qu'ailleurs), l'oeuvre de Malraux fait figure à la fois de comble et d'hapax. Sa filmographie n'égale pas celles de Guitry, de Cocteau ou de Duras, mais le réalisateur de Sierra de Teruel a pour lui d'avoir exploré toutes les dimensions du 7e art : l'essai théorique (en particulier touchant l'adaptation), les ressorts d'une politique cinématographique et audiovisuelle, l'invention de "scénarios dans un fauteuil" rédigés sans perspective de réalisation, ou encore le genre du film d'art qu'il défendit en contribuant aux documentaires tirés de ses propres essais... A ce titre. Malraux est un auteur total. Cet essai s'attache à examiner chacun de ces plans, à en observer les croisements opérés entre le temps des oeuvres littéraires et le temps des films, à proposer, autrement dit, une entrelecture propre à renouveler l'image que nous nous faisons de ce domaine d'étude aujourd'hui délaissé.
Une violente bataille entre livres anciens et livres modernes où les plumes sont des flèches et où l'encre sert de poison. La Fontaine, Racine, Corneille, Boileau, Chapelain devenus, après la Révolution, les héros de comédies mêlées de Vaudeville pour l'édification du public. Un jeune chercheur qui découvre par hasard un texte truffé de références aux grandes oeuvres de la fin du XIXe siècle mais s'aperçoit, au cours de sa lecture, que ce volume d'un certain Hugo Vernier a été publié en 1864. Un poète qui réunit les oeuvres inédites de son ami récemment décédé afin d'en prouver la nullité littéraire avec un acharnement suspect... Toutes ces " fictions d'histoire littéraire " ont pour caractéristique de mêler la réflexion sur le passé des oeuvres aux plaisirs de l'imagination, selon des formes qui vont de l'allégorie jusqu'au microrécit, en passant par la pièce de théâtre, la nouvelle, le roman à clés, la correspondance, le tableau de la vie littéraire, l'essai ou encore le pastiche. La fiction y est un détour offrant des ressources propres à compenser l'absence de rigueur méthodologique des spécialistes. Les potentialités aussi bien que les impasses de toute reconstitution historique sont ainsi mises à jour, versées au compte de l'imaginaire moins par simple plaisir ludique qu'afin d'ouvrir une autre manière de raconter l'histoire littéraire.
Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.
Ahmad Zaki fut entre 1892 et 1934 l'une des figures les plus dynamiques de la vie culturelle égyptienne : polyglotte, traducteur, bibliophile, philologue, homme d'érudition, mais épris de modernité et de voyages. A l'aise tant dans la culture arabe que française, il stupéfiait déjà ses contemporains par l'ampleur de ses connaissances et sa liberté d'esprit. Le tour d'Europe qu'il effectua à partir de 1892 et dont on présente ici la traduction intégrale a tout pour nous étonner encore aujourd'hui par éclectisme dont il témoigne. Rédigeant ses feuillets à la diable, d'où un style singulièrement alerte, l'auteur nous fait partager le regard qu'il porte à la fois en humaniste, en ethnographe amateur et en touriste bon vivant, sur l'Italie, la France, l'Angleterre, le pays de Galles, la péninsule Ibérique, auréolée pour lui du souvenir d'Al-Andalus et de ses splendeurs. Chemin faisant, ce qui se construit, dans ce récit au ton personnel, mi-parti d'humour et de souci patriotique, c'est aussi un discours occidentaliste, véhiculant savoir et représentations moins de "l'Autre", que des autres, mais sans aucune lourdeur dogmatique.
Alors que l'Amérique s'interroge sur l'héritage de la révolution fondatrice, et doit faire face à de grandes questions telles que l'expansion territoriale vers l'Ouest, l'industrialisation naissante, l'afflux massif d'immigrants ou encore la question de l'esclavage, les Américains manifestent un vif intérêt pour les deux révolutions qui secouent la France en 1830 et 1848. Ces événements font l'objet de multiples célébrations officielles et populaires aux Etats-Unis et donnent lieu à des débats passionnés dans la presse américaine, au Congrès et dans les milieux contestataires tels que les premiers mouvements ouvriers, les abolitionnistes ou encore le féminisme naissant. L'approche transnationale de Yohanna Alimi-Levy se démarque de l'historiographie traditionnelle et invite à penser autrement la démocratie américaine en soulignant la circulation d'idées entre les deux rives de l'Atlantique.