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GILLES DELEUZE - POLITIQUES DE LA PHILOSOPHIE
JDEY ADNEN
KLINCKSIECK
36,79 €
Épuisé
EAN :9782252038741
Sans doute, tout fait de la philosophie de Gilles Deleuze une pensée indisciplinée. Or, s'il est bien difficile de lui assigner aujourd'hui un lieu dans l'histoire récente de la pensée, quelle n'est pas pourtant la surprise de la voir irriguer, tantôt explicitement, parfois tacitement, une multiplicité déroutante de terrains et de disciplines ? Que nous a légué Gilles Deleuze, en effet ? Est-ce une philosophie nomade, où viennent prendre place les excursions les plus folles dans les champs de la non-philosophie, mais dont l'unité ne serait qu'apparente et reposerait moins sur un contenu intrinsèque que sur l'autorité maintenue de son style indirect libre ? Ou bien une doctrine métaphysique unifiée, dont les principes se seraient non seulement explicités, mais consolidés au contact d'autres systèmes philosophiques classiques ? Ou encore une pédagogie renouvelée du concept, ouverte et patiemment travaillée par un constructivisme radical dont les réorientations successives n'en accusent pas moins quelques abandons majeurs ? C'est autour de ces questions que s'organisent les études réunies dans ce livre qui réunit deux générations de chercheurs, parmi les meilleurs connaisseurs de l'oeuvre deleuzienne en France et à l'étranger. Il s'agit non seulement d'éclairer une dimension politique de la pensée de Gilles Deleuze, au croisement de l'histoire de la philosophie, des sciences et des arts, mais aussi de vérifier ce qui se présente comme politique dans sa propre pratique philosophique, qualifiant à chaque fois un type bien spécifique d'intervention pratique du concept. Adnen Jdey est chercheur en esthétique et philosophie contemporaine à l'université de Tunis. Il a publié et coordonné plusieurs ouvrages et numéros de revues académiques. Dernières parutions : Les Styles de Deleuze. Esthétique et philosophie, Bruxelles, Les Impressions Nouvelles, 2012 ; Gilles Deleuze et la logique du sensible. Esthétique et clinique, Grenoble, De l'incidence éditeur, 2012.
Ce n'est pas le moindre des mérites de la pensée de Gilles Deleuze que de penser l'individuation de l'art sous le signe d'une logique du sensible où esthétique et clinique sont en présuppositions réciproques. En explorant les coupes et les tensions névralgiques qui irriguent cette logique, les études ici réunies trouvent leur commune impulsion dans le souci de remettre en chantier la cartographie deleuzienne des arts, et d'interroger les écarts et les résonances internes qui l'animent. La spécificité de cet ouvrage est de croiser non seulement des lectures d'éminents spécialistes de la philosophie de Gilles Deleuze, venant sonder à nouveaux frais son rapport singulier aux variations du sensible, mais aussi des contributions de théoriciens de la théorie littéraire, de la musique, du cinéma ou encore de l'histoire de l'art, réinterrogeant depuis leur point de vue une pensée de la création dont on ne mesure pas encore pleinement la puissance et la fécondité.
Politiques de l'image Si la proposition essentielle qui anime depuis une quinzaine d'années les travaux de Jacques Rancière consiste simultanément à débusquer la tension entre les régimes éthique, représentatif et esthétique des arts, d'une part, et, d'autre part, à repérer les modalités du partage du sensible comme opération fondamentale du politique, c'est sans doute en fonction de ce nouage inextricable que l'image s'offre comme un terrain de prédilection pour penser, analyser et réarticuler le dicible, le visible et le pensable, les manières de faire et les manières d'être. Qu'il s'agisse de circuler à l'intérieur ou autour de l'image, de critiquer la société du spectacle, du règne du visuel et des emportements éplorés sur la fin des images ; de la définition d'un cinéma ? "politique" et de la prétendue coupure entre le cinéma classique et le cinéma moderne ; de la notion d'"irreprésentable" ; des spécificités médiatiques et techniques censées assurer une "pureté" de l'image conforme à sa non moins prétendue ontologie ; ou encore de la migration des images en mouvement des salles de projection vers les espaces d'exposition à la révolution numérique ou à la dématérialisation des oeuvres par l'image, la vigueur et la radicalité peu communes de la pensée de Jacques Rancière nous invitent, à chaque fois, à rendre l'image à ses opérations singulières comme à ses enjeux politiques.
Scène". Il n'est pas exagéré de dire qu'aucune catégorie n'est davantage associée à la philosophie de Jacques Rancière. L'impulsion fondamentale de son travail, depuis ses folles nuits prolétaires, a toujours été d'interroger la manière dont les partages de la pensée reconduisent, sous la distribution des corps en communauté, une division entre ceux à qui le logos est reconnu et ceux à qui il est nié. Et si le travail du partage ne pouvait s'identifier comme l'objet de la pensée sans être en même temps la mise en oeuvre de sa méthode ? L'un des aspects les plus saillants de ce rapport très étroit entre objet et méthode, dans la philosophie de Jacques Rancière, est le rôle qu'y joue la "mise en scène". Contre la hiérarchie des niveaux de réalité et des régimes de discursivité, la méthode de la scène se dote en effet d'une double valeur. Polémique, elle construit une différence dans un champ d'expérience ; et assertative, elle trace une transversale aux frontières des savoirs ainsi qu'aux contextualisations historiques. Induite ou construite, identifiée ou en puissance sous d'autres scénarios, la scène permet de mettre au jour ce qui travaille l'identité contrariée des productions de l'art et des fictions politiques. Ce que la méthode de la scène dit en creux de cette logique du dissensus, c'est la possibilité de constituer une puissance subjective qui renvoie à la condition politique de l'égalité. Si le pari de la parole chez Jacques Rancière constitue une façon de remettre sur le métier le travail du concept, le pliant volontiers aux rebonds du dialogue et ses recoupements d'idées, ces conversations se placent inévitablement en état de perpétuelle poursuite. Non seulement au sens où la "poursuite", dans les arts de la scène, désigne un projecteur orientable pour suivre sur le plateau l'acteur en mouvement ; mais aussi comme l'impetus qui, de livre en livre, anime l'exercice de cette philosophie. Entre les paradoxes de l'émancipation ouvrière et la contre-histoire de la modernité esthétique, le lecteur ne trouvera pas ici des réponses définitives aux questions posées, mais une variation à deux voix sur les composantes dramaturgiques d'une pensée à l'oeuvre.
En s?accordant aux multiplicités transversales de l?écriture et des opérations réflexives qui lui sont liées, le présent recueil pose le problème du style chez Deleuze suivant trois découpes connexes: entre philosophie et histoire de la philosophie, logique et esthétique, clinique et politique. L?ensemble des études ici réunies ont en commun de référer chaque fois la stylistique deleuzienne à un concept ou un cas d?analyse précis, susceptibles d?en cerner les présupposés théoriques et le mode de fonctionnement. La multiplication des perspectives devrait ainsi permettre de dégager les jalons de ce qui, dans cette pensée en acte, s?offre précisément comme méthode et pratique singulière du style, consignant par là un style de pensée spécifique: le style-Deleuze.
Des débuts de la littérature américaine jusqu'au XXe siècle, les écrivains et les intellectuels américains éprouvèrent le besoin de visiter l'Europe pour évaluer la civilisation dont ils étaient séparés et se situer par rapport à elle. Ils croyaient à l'infériorité intellectuelle de l'Amérique et pensaient que leur éducation ne serait complète que lorsqu'ils auraient pris contact avec une civilisation plus ancienne. La tendance à l'expatriation de l'intelligentsia américaine trouve donc son origine dans les liens traditionnels et culturels qui rattachaient le Nouveau Monde au Vieux Monde.
Résumé : Par modestie, vraie ou fausse, Faulkner a plusieurs fois déclaré que Thomas Wolfe était le meilleur romancier de sa génération. Il entendait par là que c'est lui qui avait visé le plus haut et que, même s'il n'était pas parvenu à réaliser ses ambitions, son échec était plus glorieux que la réussite (relative) de ses rivaux. L'oeuvre de Thomas Wolfe appartient donc à l'empyre de la littérature américaine et cependant, pour diverses raisons, malgré la réputation dont elle jouit aux Etats-Unis et le grand succés qu'elle a rencontré en Allemagne, elle est presque complétement ignorée du public français.