Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Gilles Deleuze, la logique du sensible. Esthétique & clinique
Jdey Adnen
DE L INCIDENCE
25,50 €
Épuisé
EAN :9782918193180
Ce n'est pas le moindre des mérites de la pensée de Gilles Deleuze que de penser l'individuation de l'art sous le signe d'une logique du sensible où esthétique et clinique sont en présuppositions réciproques. En explorant les coupes et les tensions névralgiques qui irriguent cette logique, les études ici réunies trouvent leur commune impulsion dans le souci de remettre en chantier la cartographie deleuzienne des arts, et d'interroger les écarts et les résonances internes qui l'animent. La spécificité de cet ouvrage est de croiser non seulement des lectures d'éminents spécialistes de la philosophie de Gilles Deleuze, venant sonder à nouveaux frais son rapport singulier aux variations du sensible, mais aussi des contributions de théoriciens de la théorie littéraire, de la musique, du cinéma ou encore de l'histoire de l'art, réinterrogeant depuis leur point de vue une pensée de la création dont on ne mesure pas encore pleinement la puissance et la fécondité.
Scène". Il n'est pas exagéré de dire qu'aucune catégorie n'est davantage associée à la philosophie de Jacques Rancière. L'impulsion fondamentale de son travail, depuis ses folles nuits prolétaires, a toujours été d'interroger la manière dont les partages de la pensée reconduisent, sous la distribution des corps en communauté, une division entre ceux à qui le logos est reconnu et ceux à qui il est nié. Et si le travail du partage ne pouvait s'identifier comme l'objet de la pensée sans être en même temps la mise en oeuvre de sa méthode ? L'un des aspects les plus saillants de ce rapport très étroit entre objet et méthode, dans la philosophie de Jacques Rancière, est le rôle qu'y joue la "mise en scène". Contre la hiérarchie des niveaux de réalité et des régimes de discursivité, la méthode de la scène se dote en effet d'une double valeur. Polémique, elle construit une différence dans un champ d'expérience ; et assertative, elle trace une transversale aux frontières des savoirs ainsi qu'aux contextualisations historiques. Induite ou construite, identifiée ou en puissance sous d'autres scénarios, la scène permet de mettre au jour ce qui travaille l'identité contrariée des productions de l'art et des fictions politiques. Ce que la méthode de la scène dit en creux de cette logique du dissensus, c'est la possibilité de constituer une puissance subjective qui renvoie à la condition politique de l'égalité. Si le pari de la parole chez Jacques Rancière constitue une façon de remettre sur le métier le travail du concept, le pliant volontiers aux rebonds du dialogue et ses recoupements d'idées, ces conversations se placent inévitablement en état de perpétuelle poursuite. Non seulement au sens où la "poursuite", dans les arts de la scène, désigne un projecteur orientable pour suivre sur le plateau l'acteur en mouvement ; mais aussi comme l'impetus qui, de livre en livre, anime l'exercice de cette philosophie. Entre les paradoxes de l'émancipation ouvrière et la contre-histoire de la modernité esthétique, le lecteur ne trouvera pas ici des réponses définitives aux questions posées, mais une variation à deux voix sur les composantes dramaturgiques d'une pensée à l'oeuvre.
Les contributions formant ce numéro d'EurOrient ne sont autres qu'un ensemble d'analyses multiformes et mufti dimensionnelles de la Tunisie actuelle dans ses rapports au Passé et au Monde ; il a fallu du Temps et du Travail, avec espoir mais non sans inquiétudes et difficultés, pour que cette Tunisie se taille la place qui lui revient dans l'histoire universelle. Les différents auteurs, d'horizons géoculturels variés, ont multiplié les entrées pour scruter certains éléments et aspects de la dynamique profonde et des méandres spécifiques de cet espace orientalo-méditerranéen et africain, ouvert depuis longue date aux influences externes. Politique et société, pouvoirs et contre-pouvoirs, élites et langues, diplomatie et histoire, culture et droits de l'homme, Orient et Occident, religion et laïcité, sont à la fois la matrice et le matériau d'historiens, sociologues, diplomates, critiques littéraires, sociolinguistes, journalistes mais aussi de militants des droits de l'homme. Plurielle et complexe, la formation de l'actuelle Tunisie est le produit d'un long combat entre les forces réactionnaires et celles qui considèrent la Liberté et la Justice comme des valeurs inconditionnelles d'une vraie humanité.
En s?accordant aux multiplicités transversales de l?écriture et des opérations réflexives qui lui sont liées, le présent recueil pose le problème du style chez Deleuze suivant trois découpes connexes: entre philosophie et histoire de la philosophie, logique et esthétique, clinique et politique. L?ensemble des études ici réunies ont en commun de référer chaque fois la stylistique deleuzienne à un concept ou un cas d?analyse précis, susceptibles d?en cerner les présupposés théoriques et le mode de fonctionnement. La multiplication des perspectives devrait ainsi permettre de dégager les jalons de ce qui, dans cette pensée en acte, s?offre précisément comme méthode et pratique singulière du style, consignant par là un style de pensée spécifique: le style-Deleuze.
Déployant une connaissance fine de l'histoire de l'art, dans une perspective renouvelée pour le cinéma, ce livre prend appui sur les cinéastes contemporains parmi les plus novateurs (Apichatpong Weerasethakul, Jean-Luc Godard, João Pedro Rodrigues, Vincent Gallo, Gus van Sant, Bela Tarr, Pedro Costa...). Voici un livre qui présente une subversion des images de la douleur, de son partage, en refusant que la politique se les approprie aisément. Par l'iconographie du cinéma et les figures picturales dont il est traversé (celles de la communion, du corps souffrant et du soin, de la torture), l'auteur montre comment le pathos déploie à l'écran une beauté, qui, dans son excès, constitue une contre-effectuation à la violence. Il dialogue avec plusieurs philosophes s'étant penchés sur la communauté, le corps politique et sa représentation (Agamben, Rancière, Bataille, Ginzburg). Refusant l'instrumentalisation de l'art par la politique, autant qu'une politisation de l'art, l'auteur (suivant la pensée du philosophe italien Roberto Esposito) donne forme à une impolitique du film, qui ne prétend pas faire se rejoindre les corps tenus séparés. Emerge ainsi une reflexion passionnante sur un corps impolitique, par-delà les identités sexuelles assignées.