Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Aristote aux Champs-Elysées. Promenades et libres essais philosophiques
Janicaud Dominique
ENCRE MARINE
30,00 €
Épuisé
EAN :9782909422725
Se promener, c'est mener plus loin les pas mais aussi la pensée, comme l'atteste toute une tradition qui, issue de l'Antiquité - Aristote bien sûr, mais aussi Socrate aux bords de l'Illisos, Epicure en son jardin, les Scolastiques à l'ombre de leurs cloîtres - se poursuit jusqu'à Derrida en passant par Nietzsche et Heidegger. Toute promenade n'est pas philosophique. Pourtant se promener - se mettre en marche sur un chemin (et dans la méthode qu'affectionne la philosophie comme discipline, résonne la racine grecque odos, chemin) ou sortir des sentiers battus - recèle une dimension de décision et de liberté où se noue l'alliance de la philosophie et de la promenade. Certaines promenades sont liées au lieu, au travail de la mémoire ou de l'imagination ; d'autres, hors de toute topologie, plongent dans l'immémorial, affrontent la solitude, l'immensité et la mort. D'abord en compagnie de ces " ombres amies " - Aristote, Kant, Nietzsche, et Heidegger - qui vivent en nous plus intensément que nombre de nos contemporains, l'auteur s'est risqué ensuite à des " reconnaissances solitaires ", explorations entre soleil et mort, de pensées sans retour. D'un bout à l'autre, une même quête questionnante guide les pas comment concilier l'idéal d'une vie bonne, soucieuse de mesure avec la marche forcée que nous imposent, tel un destin inexorable, les avancées de la Surpuissance - mais aussi l'existence irréversible ? Comment tracer la bonne limite - celle qui va permettre de surprendre l'illimité - face à la techno-science qui tend sans cesse à les reculer ? Comment inaugurer quelque chose comme une nouvelle sagesse face à la hauteur des nouveaux pouvoirs ? face aussi à la mort. Hölderlin avait déjà pressenti que la modernité est " vacance du partage ". C'est justement cette vacance qu'il nous faut affronter. D'où l'appel final en désespoir de cause - à la plus divine des qualités humaines : l'intelligence. Ces essais pleins d'alacrité baignent dans la fraîche lumière d'un départ matinal où, à nouveau, philosophie et vie font ensemble un bout de chemin.
Avant d'entrer dans une classe de philosophie, est-ce que je sais ce que je vais y faire, ce que je vais y étudier? Pas vraiment. Aucune discipline n'est aussi mystérieuse. C'est ainsi qu'est né ce petit livre: de la perplexité d'élèves de Première désireux de faire connaissance avec la Philosophie durant leurs vacances d'été. S'il existe en effet beaucoup de manuels et d'ouvrages scolaires, aucune initiation préalable ne répond à cette situation unique et singulière. L'auteur a donc tenté de combler une lacune en guidant le plus agréablement possible l'élève qui vient de terminer sa Première vers des travaux plus documentés, plus précis et, bien sûr, vers les textes fondamentaux des grands philosophes. Ces trente mini-leçons - correspondant aux trente jours d'un mois d'été - constituent, du fait des circonstances de leur composition, le testament philosophique de l'auteur à l'usage des jeunes générations. La langue claire, élégante et mesurée, le ton souriant de cet ouvrage sans pesanteur le destinent à tous ceux qui s'intéressent aux enjeux de la réflexion philosophique. Puissent-ils y prendre plaisir et tomber sous son charme. Biographie de l'auteur Dorninique Janicaud, professeur de Philosophie à l'université de Nice-Sophia Antipolis, a rédigé cette initiation à l'intention de sa fille Claire qui allait entrer en classe de Terminale, durant les mois de juillet et août 2002. Le texte, tel qu'il est, a été terminé le 17 août. Dominique Janicaud est décédé le 18 août 2002.
Avant d'entrer dans une classe de philosophie, est-ce que je sais ce que je vais y faire, ce que je vais y étudier? Pas vraiment. Aucune discipline n'est aussi mystérieuse. C'est ainsi qu'est né ce petit livre: de la perplexité d'élèves de Première désireux de faire connaissance avec la Philosophie durant leurs vacances d'été. S'il existe en effet beaucoup de manuels et d'ouvrages scolaires, aucune initiation préalable ne répond à cette situation unique et singulière. L'auteur a donc tenté de combler une lacune en guidant le plus agréablement possible l'élève qui vient de terminer sa Première vers des travaux plus documentés, plus précis et, bien sûr, vers les textes fondamentaux des grands philosophes. Ces trente mini-leçons, correspondant aux trente jours d'un mois d'été, constituent, du fait des circonstances de leur composition, le testament philosophique de l'auteur à l'usage des jeunes générations. La langue claire, élégante et mesurée, le ton souriant de cet ouvrage sans pesanteur le destinent à tous ceux qui s'intéressent aux enjeux de la réflexion philosophique. Puissent-ils y prendre plaisir et tomber sous son charme!
La techno-science est-elle en train de préparer notre mutation, permettant de dépasser nos limites actuelles, par-delà le bien et le mal? Devons-nous la laisser faire et même l?encourager? Ou, au contraire, nous mobiliser et exercer un contrôle extrêmement vigilant pour préserver la dignité de l?être humain? La protestation humaniste sous ses formes traditionnelles est-elle encore efficace? Ils ne sont pas si nombreux dans l?histoire ces moments où l?homme s?inquiète de lui-même: la Renaissance, le XVIIIe siècle et notre époque. Dominique Janicaud nous propose de saisir ce moment de déstabilisation certes mais aussi de progrès, à affronter ce risque de perte de repères et à oser une vraie réflexion sur nous-mêmes. L'auteur: Dominique Janicaud philosophe, professeur à l?Université de Nice, il vient de faire paraître Heidegger en France, 2 volumes (Albin Michel) dont la presse s?est fait largement écho. Il est décédé en août dernier.
Toute ma philosophie a sa source dans mon coeur" écrit Vauvenargues ; et Auguste Comte affirme "la prépondérance du coeur sur l'esprit" et entend instaurer le "règne du coeur". De là, ces Conversations avec Vauvenargues, Auguste Comte et d'autres auteurs, autour de la notion de coeur - comme ce qui dans l'homme est le plus sensible à autrui, à sa peine, à sa souffrance - et autour de tous les sentiments ou vertus qui ont leur racine dans le coeur, telles que la fidélité, la gratitude, la ferveur, la pitié, la générosité, l'admiration, mais aussi et surtout l'amitié et l'amour.
Dans tous les pays du monde, lorsque le vigneron élève son vin dans une barrique, la porosité du bois qui en constitue les parois laisse s'évaporer une partie des liquides dans une proportion que l'on ne saurait négliger. On appelle cette évaporation: "la part des anges". Jour après jour, le paysan compense cette part des anges en ajoutant du vin. On appelle cette compensation: l'"ouillage". La plupart des grands vins qui réjouissent nos coeurs sont nés dans ces conditions. Une institution de soin, médico-sociale ou d'éducation, c'est un être vivant comme l'est aussi un vin. Ici les anges sont les rêves, et si les institutions écartent cette part du rêve, cette part offerte au rêve, elles s'étiolent, se referment, et ne produisent plus les effets escomptés. Ce rêve, c'est la régulation qui le fournit ou plutôt qui l'entretient. Si aucun régulateur ne vient plus accomplir cet ouillage dans le tonneau institutionnel, alors la pratique s'évente, s'aigrit, et finalement se mue en vinaigre. Pour vivre, une institution a besoin de cette part du rêve qui semble être une perte de prime abord; mais cette perte est indispensable, à l'instar des vins les plus précieux, pour lui assurer structure et qualité. Cette perte est en définitive un gain. Voilà l'état d'esprit qui m'a guidé pour écrire ce livre. J'ai voulu analyser les rouages de ce que l'on appelle régulation, supervision, ou encore analyse des pratiques selon deux points de vue différents: rendre compte d'une pratique d'une part, sans toutefois tomber dans la banalité du simple témoignage; et proposer des supports théoriques pour en éclairer les bases, pour tenter d'écrire les prémisses d'une théorie de la régulation.
Marcel Conche, professeur émérite à la Sorbonne, membre de l'Académie d'Athènes, est l'auteur de nombreux ouvrages, publiés aux Editions Encre Marine, Cécile Defaut, Albin Michel, et surtout aux Presses Universitaires de France (collections "Perspectives critiques", "Quadrige" et "Epiméthée").
Pour les philosophies théologisées, mixtes de religion et de philosophie, que sont les philosophies modernes, telles celles de Descartes, de Kant, de Hegel, et à l'exception de celle de Montaigne, l'aléatoire ne saurait être au coeur de la réalité puisque, pour l'être transcendant et omniconnaissant, Dieu, tout ce qui arrive et arrivera est de toute éternité, comme déjà arrivé. Si, au contraire, l'on revient à la philosophie libérée de la religion, c'est-à-dire à la manière grecque de philosopher, on est amené à ne pas limiter le champ de l'aléatoire à la zone humaine: on le voit au coeur de la réalité, c'est-à-dire au coeur des mondes innombrables qui s'inscrivent au sein de la Nature infinie elle-même, omnigénératrice et qui, comme le poète improvisant à mesure, avance dans l'incertain.