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Eidôlon N° 100 : Le monstrueux et l'humain
James-Raoul Danièle ; Kuon Peter
PU BORDEAUX
26,00 €
Épuisé
EAN :9791091052009
Une étude culturelle des concepts et des modes de représentation du monstrueux ne saurait faire abstraction des rapports étroits que celui-ci, en tant qu'altérité, entretient avec ce qui fonde l'identité : l'humain. L'interdépendance et la complémentarité de ces deux notions (aussi bien, des idées et des images qu'elles engendrent) ouvrent une perspective sur plusieurs domaines culturels : celui de l'épistèmé et des ordres discursifs, celui de la différence, mais aussi de l'analogie de phénomènes, en apparence, incompatibles, et celui, enfin, de la fascination esthétique que suscite le monstrueux au moment de son imagination et de sa manifestation, notamment dans la littérature et les arts, de l'Antiquité à l'extrême contemporain. Loin d'être de simples images de l'autre, les représentations du monstrueux nous parlent de l'humain : elles incitent à réfléchir sur ce qui est notre essence, elles éclairent les zones d'ombre qui se cachent en nous ou dans la société et démasquent les discours humanistes bon marché. L'art et la littérature nous tendent le monstrueux comme un miroir déformant : c'est, non pas en fuyant, mais en soutenant le regard de Méduse que nous apprenons, dans la fascination et dans l'épouvante, à mieux nous connaître.
Ce volume Desir n'a repos, offert à Danielle Bohler par ses amis, collègues et anciens étudiants, propose une trentaine d'articles organisés selon trois champs de recherches universitaires au carrefour des disciplines, dans lesquels Danielle Bohler s'est investie et s'est illustrée, avec prédilection mais sans exclusive, tout au long de sa carrière à la Sorbonne Nouvelle-Paris 3, puis Michel de Montaigne Bordeaux 3 : imaginaire et symbolique ; normes, histoire et anthropologie ; femmes, féminin et féminité. Derrière l'hommage à une carrière bien remplie et le témoignage d'amitié à une collègue qui a déployé une chaleureuse énergie au service des études médiévales, cet ouvrage veut être un état des lieux, un bilan d'étape et une ouverture sur les recherches menées actuellement sur le monde du Moyen Age, ses mentalités et ses représentations, ses gens et ses oeuvres, dans leur richesse, leur mouvance, et leur diversité, sans cesse renouvelées.
Les romans arthuriens s'élaborent à partir de tout un jeu sur la communication, rompue ou défaillante, que le héros aura pour mission de rétablir, de clarifier ou d'améliorer. Le vieux fonds mythologique celtique, la tradition et les divers codes psychologiques et sociaux se conjuguent pour peser tour à tour sur la langue des héros, faisant de la parole empêchée, sous de multiples facettes, un motif central de cette littérature. C'est d'autant plus sensible que l'empêchement de parole — du silence absolu au discours sybillin et voilé en passant par l'impossibilité temporaire du dire — scelle toujours le destin de l'être : c'est un tremplin formidable pour l'accès à la connaissance, pour l'épanouissement de la personnalité, pour la renaissance d'une parole authentique et prometteuse, rappelant le modèle divin. Rien ne vaut d'empêcher la parole pour mieux parler : telle est la paradoxale leçon donnée en définitive par tous ces romans, dans leur cheminement romanesque mais aussi dans leur rhétorique. En effet, les écrivains eux-mêmes semblent sans cesse réprimer leur discours, l'arrêter, le suspendre ; mais c'est le laisser deviner, voire suppléer, par le lecteur, dans une infernale logique de l'ajout. Entre l'énormité de sa production et l'empêchement de parole qui caractérisent la littérature arthurienne, le paradoxe n'est ainsi qu'apparent : c'est parce que la parole mise en scène dans les fictions romanesques est sempiternellement réfrénée que la parole mise en oeuvre dans le livre arthurien est inépuisable.
Quelle place l'utopie occupe-t-elle dans la pensée et la création médiévale ? A cette vaste question, beaucoup de réponses ont déjà été fournies. Ce volume a l'ambition de poursuivre l'enquête. Le terme d'utopie est évidemment anachronique à cette époque, puisqu'il fut littéralement créé et développé par Thomas More au début du XVIe siècle. Mais cette absence n'a pas empêché la pensée religieuse médiévale, comme la pensée politique, d'élaborer des systèmes décrivant l'organisation d'hypothétiques sociétés. La trace de cette activité intellectuelle est présente dans bien des textes du temps. Les thèmes les plus familiers sont la réinvention permanente du mythe de l'Age d'Or et l'élaboration sans cesse redessinée de l'image du souverain idéal. Le Moyen Age se permet de rêver un passé où a existé une société qui savait faire régner le respect du droit et la justice. Et si cet heureux temps pouvait revenir? Cela serait possible, à la condition que la civilisation médiévale, consciente de ses acquis, ne se laisse pas submerger par les mondes barbares...
Avec 1 200 000 hectares plantés en vignes, l'Espagne possède le plus vaste vignoble du monde et sa production moyenne, supérieure à 40 millions d'hectolitres, n'est dépassée que par celles de la France et de l'Italie. Les vins d'Espagne se caractérisent par leur diversité qui s'explique non seulement par les contrastes climatiques et pédologiques entre les différentes parties de la Péninsule, mais aussi par l'ancienneté de la culture de la vigne dans ce pays dont les habitants ont fait du vin un élément essentiel de leur civilisation. Cet ouvrage met en évidence l'originalité des vins d'Espagne, en retraçant tout d'abord l'histoire de la viticulture et du commerce du vin en Espagne depuis l'Antiquité. Il décrit également, à travers une étude régionale, la situation actuelle des différents vignobles, en particulier de ceux dont les vins jouissent d'une appellation d'origine contrôlée. Il s'intéresse enfin à l'évolution de la production, de la commercialisation et de la consommation du vin en Espagne au cours des dernières décennies.
Cet ouvrage décrit et analyse les différents emplois de nom mono (chose, objet) en japonais contemporain. Comme le mot français chose, ce terme d'usage très courant a la particularité de ne pas avoir de signifié en propre mais de pouvoir tout aussi bien désigner un objet concret qu'un concept abstrait ou encore une classe d'individus partageant les mêmes traits. Il est aussi fréquemment employé à des fins fonctionnelles, voire purement énonciatives. A travers des observations en discours, cet ouvrage précise les contours de ces deux emplois référentiel et fonctionnel et explore la contribution sémantique de mono à la réalisation de tournures expressives plus ou moins figées.
Regourd François ; Castelnau-l'Estoile Charlotte d
Comment les empires de l'époque moderne ont-ils gouverné à distance des terres lointaines encore méconnues ? Comment la collecte et la diffusion des savoirs sur les espaces d'outre-mer ont-elles été organisées ? Quelles étaient les finalités de cet effort de connaissance dirigé vers les périphéries du monde moderne européen ? Les liens complexes et ambigus qu'entretiennent les savoirs et les pouvoirs politiques ou religieux au sein des espaces impériaux de l'Ancien Régime sont au coeur du livre. Nourri des récents renouvellements de la recherche dans les domaines de l'histoire des savoirs et des pouvoirs impériaux, l'ouvrage illustré d'une trentaine de documents rares pose la question de la connaissance du monde et de l'"autre" dans une perspective impériale, au cours de la première vague de l'expansion européenne, 16-18e siècles. Adoptant une démarche comparatiste entre trois empires majeurs de l'époque moderne (Espagne, France et Portugal), alternant études spécialisées et articles de synthèse rédigés par des spécialistes internationaux originaires du Brésil, d'Espagne, des Etats-Unis, de France, du Mexique et du Portugal, l'ouvrage met à la disposition du public français des clés originales pour comprendre les fondements intellectuels qui sont aux origines de la mondialisation.