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La Grande résurrection d'Alamût. Les formes de la liberté dans le shî'isme ismaélien
Jambet Christian
VERDIER
29,21 €
Épuisé
EAN :9782864321132
Le 8 août 1164, le grand maître des shî'ites ismaéliens proclama la "Grande Résurrection" en sa place forte d'Alamût au nord de l'Iran. Il abolit le règne de la loi et instaura une communauté unie par le seul impératif de contempler en l'homme parfait la face visible de la divinité : de vivre ici-bas une vie divine. Cet événement messianique est-il une exception dans l'histoire de l'islam ou permet-il d'en éclairer le drame intérieur ? Que nous dit-il de nous-même ? En un temps où l'on interprète la liberté dans les termes veules d'une philosophie des droits, où l'on refuse aux hommes tout héroïsme, nous devons mettre en lumière ces formes étranges de la liberté : celle que l'homme recherche lorsque, mortel, il refuse l'assentiment à sa propre mortalité et à l'abaissement d'une philosophie de la survie, quand il désire plus que tout "se conduire en immortel".
Résumé : Et savez-vous seulement si la Révolution est possible ? Ne plus trébucher sur les semblants dont l'aujourd'hui se paye. Donner, vademecum pour tous, un guide des égarés - de ceux-là qu'enchante le désespoir, s'il est vrai qu'il n'y a plus de Rebelle qui tienne et que l'époque loue sous le nom du Rebelle l'ombre du Maître. Malgré les sots : dire la Révolution, suppose une doctrine de l'Etre. Face à l'ontologie des trois qui comptent, Leibniz, Hegel, Lacan, affirmer que l'être est Deux, tenir qu'il y a au même instant deux histoires, celle du Maître et celle du Rebelle, deux mondes, deux âmes. Feignant le mépris pour cacher la haine, on a fait du manichéisme l'étiquette dont on épingle les pensées maladroites. L'événement qui survient ici c'est d'affirmer que cette pensée n'a pas même commencé de faire sentir sa puissance. Du sexe : en penser est la chose du monde la plus difficile. Nous n'avançons l'Ange qu'avec peur, avec la plus extrême prudence. Mais s'il n'y a pas d'amour heureux et qu'en nos ébats toujours le Maître se pointe, il fallait proposer une figure généreuse, qui ne promette pas de libérer de la malédiction, mais qui en finisse avec la part maudite : Le Rebelle sera par-delà le sexe ou ne sera pas. Illustrer l'Ange. Ainsi : abandonner le rabâchis prolétarien, qui donne la nécessité pour la liberté, le travail pour le souverain bien, le Maître pour le Rebelle - on sait trop qu'on finit alors par prendre les camps pour le Jardin. Ainsi : nous tourner vers la Révolution Culturelle Dualiste, celle héroïque de ces foules hérétiques, qui à l'époque où la révolution idéologique chrétienne forgeait un nouveau maître, charriaient pêle-mêle sur les routes de l'Orient des vierges folles et de chastes brigands, et s'obstinaient à la Folie-Lin Piao.
Ce grand livre ne propose pas une nouvelle histoire de la philosophie islamique, qui tenterait d'y retrouver nos deux prédicats occidentaux de la philosophie - un style de pensée discursive soutenue par des concepts - et de l'islam - une religion nourrie de symboles, d'annonces apocalyptiques, de commandements et de conseils spirituels. Christian Jambet dégage - à travers la finalité de l'activité philosophique, les formes qu'elle prend et les actes qu'elle effectue - une méthode de pensée et de connaissance qui guide une pérégrination de l'âme de l'irréel au réel, de l'in-juste au juste, du démoniaque à l'angélique, du mort au vivant. Ce voyage, que la philosophie entend conduire sur la voie droite de l'intelligence, n'engage pas le seul bonheur et contentement de soi, mais la liberté, conformation à la condition seigneuriale de Dieu, qui dépouille, au long des étapes, l'homme inférieur et opprimé de sa condition servile. Seule la voie philosophique ouvre les portes d'une distinction majeure, entre monde extérieur et monde intérieur, et, par là, entre religion intérieure et pouvoir civil. L'islam philosophique est ainsi la grande ressource que possède l'idée de liberté en islam.
Qu'est-ce que la conception politique du Monde ? Une façon de voir l'harmonie où règne la guerre, la jouissance où règne le malheur, la libération où se parfait l'ordre, le rebelle où se maintient le Maître. Le premier, Platon, connut les impasses de ce pari de rébellion qui est le nôtre et vécut dans le désespoir les accommodements du Politique. Il faut renoncer à considérer Platon comme l'erreur de l'Occident, mais revivre ce formidable sursaut d'horreur, qu'il suscita face à l'endurance du Maître. Là où Nietzsche voit triompher Morale et Politique, nous voyons la tragique aporie d'une critique de la conception politique du Monde. Là où il voit l'aveuglement sur la volonté de puissance, la première critique occidentale de la barbarie. Et par-dessus tout, l'enveloppe actuelle de tout discours qui veut se présenter au nom du pari de rébellion. Dire qu'il faut que l'Ange vienne, c'est faire l'expérience du platonisme. Il nous reste cette tâche d'une philosophie de l'avenir, il reste aujourd'hui qu'il faut aimer Platon. C. J.
Résumé : " Dieu est le souverain de l'univers parce qu'il est son créateur et il gouverne le monde terrestre par l'intermédiaire de ses prophètes dont le meilleur Mahomet ". Cet article de foi universellement reconnu en islam se prête à bien des interprétations. Ainsi, selon l'islam chiite, cette souveraineté divine est relayée sur la terre par les prophètes, mais aussi par les douze imams qui possèdent l'exclusivité de l'autorité politique et spirituelle après la mort de Mahomet. L'ayatollah Khomeiny, fondateur de la République islamique d'Iran, a prétendu fonder le pouvoir absolu du " savant en religion " sur le fait que ce savant serait le représentant des imams. Mais n'y aurait-il pas, en islam, une autre conception politique du gouvernement, une autre façon de fonder son pouvoir ? Le théoricien chiite Mullâ Sadrâ (1571-1641), dont l'oeuvre est ici étudié dans son développement conceptuel, propose en effet une alternative à l'interprétation dominante. Chez cet auteur, Dieu est toute chose, est présent en toute chose et son " trône " réside, non pas au-dessus de l'univers, mais dans le coeur du vrai fidèle, du savant éclairé. La religion devient un exercice spirituel d'intériorisation des sens cachés du Coran et un ensemble de savoirs qui visent à produire une liberté intérieure semblable à celle que connaît Dieu. Une quête impérieuse de la vie bienheureuse, antidote à tous les dogmatismes religieux.
Voici l'histoire d'un homme sur une île déserte, élevé sans père ni mère, qui découvre par sa raison seule la vérité de l'univers entier, puis qui rencontre un autre homme, religieux mais sagace, venu d'une terre voisine. Une "sorte de Robinson psychologique", écrivait Ernest Renan à propos du livre. Ecrit en arabe au XIIe siècle par le penseur andalou Ibn Tufayl, né à Guadix, Vivant fils d'Eveillé est un chef-d'oeuvre de la philosophie. Il dévoile sous la forme d'un conte les secrets de la "sagesse orientale". Traduit en latin en 1671, il connaîtra un immense succès dans l'Europe des lettres. Jean-Baptiste Brenet en propose ici une adaptation qui donne la parole au personnage principal." Préface de Kamel Daoud.
Dans un Paris dévasté par une catastrophe (accident nucléaire, cataclysme naturel, guerre de religion ?), un groupe de jeunes gens arpentent les rues, tentent de survivre en mangeant ce qu'ils trouvent, chantent des airs de John Holiways et fuient la violence de leurs ennemis en cherchant un ailleurs. Car ce monde en lambeaux, il s'agit malgré tout de l'habiter, de s'y vêtir et d'y trouver des raisons d'espérer. Comment tenir ? Comment trouver en soi de quoi réjouir la vie quand tout a sombré? Ce sont les questions que se posent, avec humour et cruauté, les protagonistes de cette aventure.
Paul, ou Saül de Tarse, ou saint Paul ; par la puissance spéculative et la vigueur du verbe, le vrai fondateur du christianisme. A Jérusalem, il fut l'élève du plus grand des maîtres, Rabban Gamliel. Zélateur farouche, persécuteur des nazaréens, il cachait mal une inquiétude grandissante ; la crise éclata sur la route de Damas, ce fut la révélation. Paul avait vingt-cinq ans. De persécuteur, il devint apôtre. Nourri de culture hébraïque, parlant grec, Paul livre un texte souvent obscur, comme si l'hébreu, par une pression souterraine, en défigurait le sol. Son discours sur la Loi (Torah), crucial et si moderne, en est un exemple, mais encore ses doctrines de la mort et de la résurrection, et de la grâce. Dans notre essai, nous avons voulu, par-delà des siècles de théologie et d'études néotestamentaires, remonter à la source ; la source pharisienne, le Midrach et la Michna. Nous nous sommes gardés autant que possible des points de vue rétrospectifs et nous nous sommes, pour ainsi dire, transportés jusqu'à lui sans bagages. Là, nous avons découvert combien la question messianique agite l'histoire occidentale, et gît encore au coeur de tout véritable humanisme.
Bashõ est l'une des figures majeures de la poésie classique japonaise. Par la force de son oeuvre, il a imposé dans sa forme l'art du haiku, mais il en a surtout défini la manière, l'esprit : légèreté, recherche de la simplicité et du détachement vont de pair avec une extrême attention à la nature. Le haiku naît donc au bord du vide, de cette intuition soudaine, qui illumine le poème, c'est l'instant révélé dans sa pureté.La vie de ce fils de samourai, né près de Kyoto en 1644, fut exclusivement vouée à la poésie. Agé de treize ans, il apprend auprès d'un maître du haikai les premiers rudiments de ce genre. Plus tard, après avoir lui-même fondé une école et connu le succès à Edo (l'actuelle Tokyo), il renonce à la vie mondaine, prend l'habit de moine, et s'installe dans son premier ermitage. Devant sa retraite, il plante un bananier, un bashõ, offert par l'un de ses disciples - ce qui lui vaudra son pseudonyme. Sa vie est dès lors faite de pauvreté, d'amitiés littéraires et de voyages. Osaka sera le dernier. Après avoir dicté un ultime haiku à ses disciples éplorés, il cesse de s'alimenter, brûle de l'encens, dicte son testament, demande à ses élèves d'écrire des vers pour lui et de le laisser seul. Il meurt le 28 novembre 1694. Sur sa tombe, on plante un bashõ.