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L'ANGE
Jambet Christian ; Lardreau Guy
GRASSET
20,10 €
Épuisé
EAN :9782246003052
Et savez-vous seulement si la Révolution est possible ? Ne plus trébucher sur les semblants dont l'aujourd'hui se paye. Donner, vademecum pour tous, un guide des égarés - de ceux-là qu'enchante le désespoir, s'il est vrai qu'il n'y a plus de Rebelle qui tienne et que l'époque loue sous le nom du Rebelle l'ombre du Maître. Malgré les sots : dire la Révolution, suppose une doctrine de l'Etre. Face à l'ontologie des trois qui comptent, Leibniz, Hegel, Lacan, affirmer que l'être est Deux, tenir qu'il y a au même instant deux histoires, celle du Maître et celle du Rebelle, deux mondes, deux âmes. Feignant le mépris pour cacher la haine, on a fait du manichéisme l'étiquette dont on épingle les pensées maladroites. L'événement qui survient ici c'est d'affirmer que cette pensée n'a pas même commencé de faire sentir sa puissance. Du sexe : en penser est la chose du monde la plus difficile. Nous n'avançons l'Ange qu'avec peur, avec la plus extrême prudence. Mais s'il n'y a pas d'amour heureux et qu'en nos ébats toujours le Maître se pointe, il fallait proposer une figure généreuse, qui ne promette pas de libérer de la malédiction, mais qui en finisse avec la part maudite : Le Rebelle sera par-delà le sexe ou ne sera pas. Illustrer l'Ange. Ainsi : abandonner le rabâchis prolétarien, qui donne la nécessité pour la liberté, le travail pour le souverain bien, le Maître pour le Rebelle - on sait trop qu'on finit alors par prendre les camps pour le Jardin. Ainsi : nous tourner vers la Révolution Culturelle Dualiste, celle héroïque de ces foules hérétiques, qui à l'époque où la révolution idéologique chrétienne forgeait un nouveau maître, charriaient pêle-mêle sur les routes de l'Orient des vierges folles et de chastes brigands, et s'obstinaient à la Folie-Lin Piao.
Mullâ Sadrâ vécut à la charnière des XVIe et XVIIe siècles de notre ère. De celui qui fut surnommé "le tout premier des métaphysiciens", l'ayatollah Khomeiny n'eut de cesse de se réclamer lors de la révolution de 1979 en Iran. Mullâ Sadrâ, en effet, pose la question de la guidance de la communauté des croyants : revient-elle au plus pieux qui suit l'enseignement du Coran à la lettre ou au philosophe qui, à la suite des Grecs et de Platon en particulier, vise au perfectionnement de l'âme humaine jusqu'à atteindre le bonheur par la connaissance de la vérité? L'ascension de l'âme savante vers l'Intellect débouche sur la vraie révélation coranique. Mais la religion philosophique se déploie cachée, ésotérique, face à l'exotérisme d'une orthodoxie bornée par la lettre de la Révélation. C'est le drame de l'islam contemporain. Quel qu'il soit, le guide ne peut ignorer les enseignements relatifs à la connaissance de Dieu, au message prophétique, aux êtres suprasensibles, à la connaissance de l'âme humaine. Sinon, sans le relai herméneutique que la philosophie offre aux enseignements des imâms, les théologiens et les juristes se substituent, par leur rationalité propre, à celui qu'ils entendent représenter. Le pouvoir spirituel se dégrade inéluctablement en une autorité limitée, juridique, policière. C'est le drame de l'Iran depuis 1979.
Présentation de l'éditeur Majoritaires dans une région où se joue aujourd'hui la stabilité du monde, bien qu'ils soient minoritaires si l'on considère la totalité du monde musulman, les shî'ites restent mal connus. Confondus le plus souvent avec les intégristes sunnites, ou même avec les tenants du wahhabisme militant, leurs adversaires, ilssubissent logiquement les effets dévastateurs de certaines images venues d'Iran ou d'ailleurs, images de l'oppression des femmes, d'intolérance religieuse, d'obscurantisme et de totalitarisme. Écrit à l'intention du public cultivé, cet ouvrage rassemble et présente l'essentiel de ce qu'il faut connaître du shî'isme, nonsans proposer une analyse des processus qui ont conduit une religion essentiellement ésotérique et mystique à se transmuer en théologie politique. En refermant ce livre, le lecteur n'ignorera plus rien des fondements doctrinaux du shî'isme, de la généalogie de ses maîtres (depuis Ali, le gendre de Mahomet), de ses sources (Coran et hadith), de son évolution historique (des grandes scissions qu'il a connues, donc), de sa philosophie, enfin. Le tout écrit d'une plume acérée, portée par une érudition vraie.
Ce grand livre ne propose pas une nouvelle histoire de la philosophie islamique, qui tenterait d'y retrouver nos deux prédicats occidentaux de la philosophie - un style de pensée discursive soutenue par des concepts - et de l'islam - une religion nourrie de symboles, d'annonces apocalyptiques, de commandements et de conseils spirituels. Christian Jambet dégage - à travers la finalité de l'activité philosophique, les formes qu'elle prend et les actes qu'elle effectue - une méthode de pensée et de connaissance qui guide une pérégrination de l'âme de l'irréel au réel, de l'in-juste au juste, du démoniaque à l'angélique, du mort au vivant. Ce voyage, que la philosophie entend conduire sur la voie droite de l'intelligence, n'engage pas le seul bonheur et contentement de soi, mais la liberté, conformation à la condition seigneuriale de Dieu, qui dépouille, au long des étapes, l'homme inférieur et opprimé de sa condition servile. Seule la voie philosophique ouvre les portes d'une distinction majeure, entre monde extérieur et monde intérieur, et, par là, entre religion intérieure et pouvoir civil. L'islam philosophique est ainsi la grande ressource que possède l'idée de liberté en islam.
Selon un célèbre verset du Coran, Dieu dit de lui-même qu'Il est " le Caché ", qu'Il est " l'Apparent ". Dans Sa transcendance absolue, caché au regard du profane, Il se rend concrètement visible dans ses multiples apparences, en ce monde comme en l'autre. Chaque forme créée est une forme d'apparition. L'Islam spirituel est une vision de Dieu fondée sur la réalité de ses manifestations. Le présent ouvrage propose des méditations, nourries à la première source des textes arabes et persans, tant sur la mystique, la philosophie et la poésie de l'Iran que sur la métaphysique de l'apparition et les interprétations de l'épiphanie chez de grands penseurs de l'Islam classique (Ibn 'Arabî, Sohravardî, les Ismaéliens, etc.). La conception de l'épiphanie élaborée dans les cercles du soufisme ou dans les écoles des métaphysiciens, a conquis tout l'espace de la représentation et déterminé un certain type de vision du sensible. Les formes d'apparition y sont toutes miroir du divin. Ce faisant, l'islam nous a communiqué un certain point de vue sur l'histoire occidentale et orientale de la représentation et du corps. Selon Christian Jambet, le monde des apparitions nécessaire à l'islam exprime aussi un Age des épiphanies dont notre temps, avec l'esthétique du corps privé de sens, du corps non spirituel, signe la mort.
Résumé : Certains auteurs attendent la fin de leurs jours pour revenir sur leurs premiers pas dans l'existence et en littérature. Oscar Coop-Phane n'aura attendu que ses trente ans pour raconter ce qu'est la vie d'un écrivain aujourd'hui. Ce que cet étrange travail représente pour lui de joies comme de sacrifices. Son récit n'est pas linéaire ou chronologique mais éclaté ; Oscar s'y livre par fragments (définition : morceaux cassés d'une chose), dans de courts chapitres aux titres éloquents (P. I : L'encre, La feuille, L'auteur, La fuite, Le titre... P. II : Parler, S'asseoir, Parader, Boire. .). Il mêle ainsi des souvenirs d'âges différents - de son enfance, son adolescence, sa vie d'homme. Le propos peut d'abord sembler trivial ; les bêtises en classe, les copains, sa découverte des filles, de la littérature ; les petits boulots, pion, barman ou dealer, pour vivre et écrire ; les premiers manuscrits, les refus ; puis le succès, soudain, ses livres en librairie ; et les galères encore, le métier d'écrivain, les interviews, les salons, la peur de la précarité. Mais son récit fourmille de détails qui sont autant de clés : une montre Swatch offerte par sa mère qu'elle prétend être un cadeau de son père, alors qu'il vient de quitter leur foyer ; le geste d'un patron de restaurant près de son lycée qui, chaque fois qu'Oscar s'y rend pour déjeuner, lui rend discrètement le billet avec lequel il vient de payer ; le visage d'une jeune fille, un soir, qui comme lui, semble cacher une cicatrice ; le mépris d'un éditeur ou le regard surpris d'un lecteur qui le voit servir derrière un bar alors que son visage est dans le journal. Car les détails révèlent les événements ; une enfance heurtée par les disputes puis le divorce de ses parents ; une vie de débrouilles pour se loger, manger, dès 16 ans ; le souvenir du corps d'un autre en soi, gamin ; la crainte de ne jamais être publié puis de ne pas pouvoir en vivre. Et aussi, la beauté, tant de joies : la liberté, à Paris, Berlin ou Rome ; les vrais amis et la compagnie des auteurs, Bove, Calaferte ou Dabit ; son premier prix, la fierté ; les rencontres de certains lecteurs ; une femme, l'amour, puis une enfant, sa fille. Et l'écriture toujours. C'est une existence courte, mais intense. Une leçon de courage et de style tant l'écriture ciselée d'Oscar Coop-Phane émerveille. D'une grâce et d'une justesse bouleversantes, ce livre aurait pu s'appeler Morceaux cassés d'une vie autant que Lettre à un jeune écrivain. Ou, s'il avait été écrit par un autre, Et tu seras auteur, mon fils.
Résumé : Maurice Sachs brûlait. sa vie comme un acteur brûle les planches. Il avait de la présence, du magnétisme. Luxe plus rare, il avait du regard et de la mémoire. Rescapé chaque soir du jeu d'enfer de sa vie, une vie de jeton de casino, il prenait le temps, avant l'angoisse du matin prochain, de jouer encore à se souvenir... Et il se souvient, ici, du temps du B?uf sur le toit, paradis des Années folles, hanté par Cocteau et tant d'autres qui surent, de la vie, faire un interminable bal tragique...
L'idée générale de ce livre est qu'on apprend des choses sans s'ennuyer, j'espère. Sur des écrivains, des oeuvres, des personnages, des notions, sur la littérature, en un mot, et même à côté : que la France doit la laitue et le platane à Rabelais, par exemple ; tous les écrivains n'en ont pas fait autant. Et leurs "morts inhabituelles" ! J'ai essayé de varier les façons de raconter : plutôt que d'exposer ce qu'est A la recherche du temps perdu, j'ai cherché ce que ce roman n'est pas. Un article est progressif afin de montrer comment on entre dans un écrivain ("Green"), un autre sert à dire pourquoi on ne lit pas certains chefs-d'oeuvre ("Les Misérables"). Il y a des pour et des contre ("Céline", "La Princesse de Clèves"), certains articles servent à parler d'autre chose que de l'auteur même ("Bourges"), on y rencontre "un des romans célèbres les plus mal écrits de la littérature française". La grande majorité des auteurs est du XXème siècle ; le plus ancien est Villon, le plus récent, Françoise Sagan.
Soudainement devenus riches, les Kampf donnent un bal pour se lancer dans le monde. Antoinette, quatorze ans, rêve d'y participer mais se heurte à l'interdiction de sa mère. Plus que le récit d'une vengeance, {le Bal }(1930) compte parmi les chefs-d'oeuvre consacrés à l'enfance.