Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Le caché et l'apparent
Jambet Christian
L'HERNE
23,30 €
Épuisé
EAN :9782851974280
Selon un célèbre verset du Coran, Dieu dit de lui-même qu'Il est " le Caché ", qu'Il est " l'Apparent ". Dans Sa transcendance absolue, caché au regard du profane, Il se rend concrètement visible dans ses multiples apparences, en ce monde comme en l'autre. Chaque forme créée est une forme d'apparition. L'Islam spirituel est une vision de Dieu fondée sur la réalité de ses manifestations. Le présent ouvrage propose des méditations, nourries à la première source des textes arabes et persans, tant sur la mystique, la philosophie et la poésie de l'Iran que sur la métaphysique de l'apparition et les interprétations de l'épiphanie chez de grands penseurs de l'Islam classique (Ibn 'Arabî, Sohravardî, les Ismaéliens, etc.). La conception de l'épiphanie élaborée dans les cercles du soufisme ou dans les écoles des métaphysiciens, a conquis tout l'espace de la représentation et déterminé un certain type de vision du sensible. Les formes d'apparition y sont toutes miroir du divin. Ce faisant, l'islam nous a communiqué un certain point de vue sur l'histoire occidentale et orientale de la représentation et du corps. Selon Christian Jambet, le monde des apparitions nécessaire à l'islam exprime aussi un Age des épiphanies dont notre temps, avec l'esthétique du corps privé de sens, du corps non spirituel, signe la mort.
Présentation de l'éditeur Majoritaires dans une région où se joue aujourd'hui la stabilité du monde, bien qu'ils soient minoritaires si l'on considère la totalité du monde musulman, les shî'ites restent mal connus. Confondus le plus souvent avec les intégristes sunnites, ou même avec les tenants du wahhabisme militant, leurs adversaires, ilssubissent logiquement les effets dévastateurs de certaines images venues d'Iran ou d'ailleurs, images de l'oppression des femmes, d'intolérance religieuse, d'obscurantisme et de totalitarisme. Écrit à l'intention du public cultivé, cet ouvrage rassemble et présente l'essentiel de ce qu'il faut connaître du shî'isme, nonsans proposer une analyse des processus qui ont conduit une religion essentiellement ésotérique et mystique à se transmuer en théologie politique. En refermant ce livre, le lecteur n'ignorera plus rien des fondements doctrinaux du shî'isme, de la généalogie de ses maîtres (depuis Ali, le gendre de Mahomet), de ses sources (Coran et hadith), de son évolution historique (des grandes scissions qu'il a connues, donc), de sa philosophie, enfin. Le tout écrit d'une plume acérée, portée par une érudition vraie.
Le 8 août 1164, le grand maître des shî'ites ismaéliens proclama la "Grande Résurrection" en sa place forte d'Alamût au nord de l'Iran. Il abolit le règne de la loi et instaura une communauté unie par le seul impératif de contempler en l'homme parfait la face visible de la divinité : de vivre ici-bas une vie divine. Cet événement messianique est-il une exception dans l'histoire de l'islam ou permet-il d'en éclairer le drame intérieur ? Que nous dit-il de nous-même ? En un temps où l'on interprète la liberté dans les termes veules d'une philosophie des droits, où l'on refuse aux hommes tout héroïsme, nous devons mettre en lumière ces formes étranges de la liberté : celle que l'homme recherche lorsque, mortel, il refuse l'assentiment à sa propre mortalité et à l'abaissement d'une philosophie de la survie, quand il désire plus que tout "se conduire en immortel".
L'ordre de l'être Providence et platonisme dans la philosophie iranienne Loin d'examiner seulement des problèmes de logique, d'éthique et de politique, la philosophie islamique a pour fin une religion philosophique, distincte des aspects exotériques et juridiques qui dominent l'essentiel de la pensée musulmane. Les philosophes, en particulier Mîr Dâmâd et Mullâ Sadrâ, ont l'ambition de concurrencer les théologiens en recherchant la juste définition de la divinité et celle de la souveraineté. Pour chacun d'eux, l'univers est soumis au gouvernement et à l'administration de multiples hiérarchies émanant de Dieu, assurant sa vie et sa permanence, modèle concret des hiérarchies humaines. Ce gouvernement exercé par des êtres invisibles aux sens est visible à l'oeil intérieur du philosophe. Chez Mîr Dâmâd, le fondateur de l'Ecole philosophique d'Ispahan, l'ordre est avant tout un ordre politique, où l'administration du cosmos par les entités immatérielles instaurées par Dieu se réfléchit dans l'administration religieuse de la communauté humaine par les savants en religion, représentants de la famille du Prophète. Chez Mullâ Sadrâ, en revanche, la providence et la politique divine sont perçues comme les effets de l'amour divin, qui s'exprime à tous les degrés des êtres vivants. En soutenant que l'amour est la nature même de la divinité, Mullâ Sadrâ reprend à son compte les enseignements les plus audacieux du soufisme et de la spiritualité islamique. Selon lui, l'existence ne peut être qu'un bien parce qu'elle émane du bien suprême qui est l'amour essentiel de Dieu. La confrontation et la découverte d'un subtil mode de pensées, étranger à nos catégories.
Mullâ Sadrâ vécut à la charnière des XVIe et XVIIe siècles de notre ère. De celui qui fut surnommé "le tout premier des métaphysiciens", l'ayatollah Khomeiny n'eut de cesse de se réclamer lors de la révolution de 1979 en Iran. Mullâ Sadrâ, en effet, pose la question de la guidance de la communauté des croyants : revient-elle au plus pieux qui suit l'enseignement du Coran à la lettre ou au philosophe qui, à la suite des Grecs et de Platon en particulier, vise au perfectionnement de l'âme humaine jusqu'à atteindre le bonheur par la connaissance de la vérité? L'ascension de l'âme savante vers l'Intellect débouche sur la vraie révélation coranique. Mais la religion philosophique se déploie cachée, ésotérique, face à l'exotérisme d'une orthodoxie bornée par la lettre de la Révélation. C'est le drame de l'islam contemporain. Quel qu'il soit, le guide ne peut ignorer les enseignements relatifs à la connaissance de Dieu, au message prophétique, aux êtres suprasensibles, à la connaissance de l'âme humaine. Sinon, sans le relai herméneutique que la philosophie offre aux enseignements des imâms, les théologiens et les juristes se substituent, par leur rationalité propre, à celui qu'ils entendent représenter. Le pouvoir spirituel se dégrade inéluctablement en une autorité limitée, juridique, policière. C'est le drame de l'Iran depuis 1979.
Ce Cahier offre au lecteur un parcours très éclectique autour de Camus, et vise à proposer des éclairages originaux sur la vie de Camus, sur ses oeuvres - roman et théâtre -, sur sa pensée et sur ses engagements.Dirigé par Raymond Gay-Crosier et Agnès Spiquel-Courtille.
Alain, les religions, la laïcité, l'antisémitisme Alain, philosophe athée, s'intéressait passionnément aux religions. C'est qu'il y voyait comme des miroirs, où l'humanité se projette et se reconnaît. Aussi en parle-t-il avec empathie et profondeur : je n'ai rien lu de plus beau sur les religions de la nature ("Pan"), de l'homme ("Jupiter") ou de l'esprit (judaïsme, christianisme). Et rien de plus juste, sur la laïcité. Mais comment celui qui écrivait qu'"il n'est permis d'adorer que l'homme" put-il tomber - tout en se le reprochant - dans l'antisémitisme que révèle son Journal inédit ? C'est ce que j'ai voulu essayer de comprendre.
La franchise est une vertu, le mensonge est un vice qui se cache partout : il peut être vil, pieux, officieux, généreux, cynique, mystificateur, paradoxal, habile, innocent, légitime... ou par omission. Ce Dictionnaire sans fin n'a d'autre souhait que d'ouvrir un éventail bigarré où les signatures les plus diverses, classiques ou contemporaines, se croisent au gré de fables, romans, dissertations, exégèses et autres gloses savantes ou fantaisistes ; certains s'y sont longuement attardés ; d'autres ont réglé la question d'un mot d'esprit ; comédie ou tragédie, qu'on en pleure ou qu'on en rie, le mensonge en littérature, en philosophie ou dans la vie reste un thème universel, s'il en est.
Ce petit écrit entend rassembler, pour ainsi dire de manière dogmatique, les thèses de la psychanalyse sous la forme la plus ramassée et dans la version la plus définitive. Bien entendu, sa visée n'est pas d'exiger la croyance ni de susciter la conviction. Les assertions de la psychanalyse reposent sur un nombre incalculable d'observations et d'expériences, et seul celui qui répète ces observations sur lui-même et sur d'autres est engagé sur la voie menant à un jugement personnel.