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Leçons de vertige. Dans les failles de la subjectivité
Jakob Michael
METISPRESSES
28,01 €
Épuisé
EAN :9782940711185
Ce livre propose, en plusieurs chapitres singuliers, une histoire de la subjectivité moderne perçue à travers la notion de vertige. Si les concepts de "subjectivité" et de "sujet" ont subi de nombreuses attaques depuis Nietzsche, ils restent, aujourd'hui encore, essentiels à toute réflexion portée sur la modernité. Cette dernière n'a cessé historiquement d'osciller entre un idéal de conquête souveraine et la remise en cause de ces fondements ; le concept de "sujet" quant à lui n'aura pas échappé à cette dialectique. Le vertige dont il est question dans cet ouvrage est avant tout celui qui atteint le sujet moderne depuis sa position élevée et organisatrice. Et l'auteur d'ajouter que c'est dans sa confrontation douloureuse aux limites de son autodétermination que le "je" moderne s'est façonné. Révélant les traces d'une négativité créatrice, ces Leçons de vertige sont autant de plongées dans les failles de la conscience. Elles mettent au jour les ambivalences qui président à la constitution du sujet moderne et à sa quête de connaissance. Le vertige apparaît donc dans ces pages comme un trouble survenant depuis les marges de la pensée et qui s'incarne dans la mise en scène littéraire ou philosophique de la subjectivité, à travers l'ambiguïté du rêve, la stupeur du sublime ou les fantasmes de la toute-puissance. Michael Jakob fait varier les points de vue vertigineux à travers des figures parmi les plus importantes de l'histoire de la subjectivité moderne : Benjamin, Kafka, Rousseau, Goethe, Kant, Heine ; mais il interroge aussi ses racines à travers Pétrarque, Descartes ou Platon. Illustration et mise en question du point de vue surplombant, cet ouvrage est tout naturellement rythmé par une riche iconographie. Mais il déploie également, à travers plusieurs chapitres, une réflexion sur la représentation du sujet confronté au vertige dans l'art en mobilisant les oeuvres de Dürer, Caspar David Friedrich, Munch, Boccioni, Coburn, Shuitten & Peeters ou encore Tsutomo Nihei.
La cabane de Ted Kaczynski, le criminel américain connu sous le nom de Unabomber, est un objet paradoxal : construite et habitée par son auteur pour rester à l'écart, hors de toute visibilité, elle n'a pas seulement été sans cesse reproduite depuis 1996, mais elle a aussi été déplacée, exposée, reconstruite, copiée et pastichée. L'objet, situé autrefois au milieu des forêts du Montana, près de la petite ville de Lincoln, s'est transformé en un signe polyvalent. Séparée de son auteur, la cabane représente bien plus qu'un reste : c'est un élément qui dérange et qui attire à la fois ; c'est une drôle de relique, et c'est surtout, sur le plan sémiologique, un signe qui ne cesse de nous interpeller. Par ailleurs, son statut n'est pas simple à définir : que signifie, en effet, la persistante présence médiatique et artistique de cet objet, en soi plutôt banal ? Pourquoi réapparaît-il sans cesse ? Qu'en est-il de la violence que cette cabane symbolise ?
Résumé : Des jardins & des livres documente l'exposition homonyme de la Fondation Martin Bodmer qui aura lieu à Genève du 27 avril au 31 août 2018. L'ensemble est formé par 174 notices commentant les objets exposés et rédigées par les meilleurs spécialistes internationaux, ainsi que par 10 essais d'auteurs de renom portant sur le jardin dans les livres et sur le livre comme modèle de jardins. Des jardins & des livres entend illustrer de manière savante et élégante le dialogue pluriséculaire entre l'art des jardins et le livre. Doté d'un très riche appareil iconographique, le volume présente différents aspects du va-et-vient incessant entre ces deux réalités artistiques, c'est-à-dire aussi bien des livres de jardin ou des manuels de jardinage que des textes littéraires à l'origine de jardins bien réels. Des jardins & des livres offre une promenade raisonnée de l'Antiquité à nos jours. On y découvrira le jardin de l'Eden, les jardins homériques, les jardins de Vénus et le hortus conclusus, le célèbre Songe de Poliphile, véritable pattern book du jardin européen, les aspects jardiniers des Affinités électives de Goethe, jusqu'aux visions, rêves et projets de jardin des grands écrivains du XIXe et du XXe siècles. Des jardins & des livres présente, dans une perspective diachronique, les documents les plus importants témoignant de l'intérêt pour les jardins à travers les genres (épopée, poésie, prose, théories scientifiques, traités), les époques et les traditions nationales, des livres exceptionnels de par leur facture (qui représentent des jardins existants ou des projets de jardins), ainsi que des ouvrages injustement oubliés, comme le Fruit-Walls Improved du genevois Nicolas Fatio de Duillier.
Cet ouvrage se propose de mettre en lumière la personne et l'oeuvre d'Henry Correvon, botaniste et divulgateur d'exception, pionnier de ce que l'on nomme le " jardin alpin ". Ce dernier est un phénomène interdisciplinaire qui mobilise aussi bien la botanique que la science du sol, la circulation et le commerce des plantes, l'esthétique ou le collectionnisme. Il reste peu exploré, malgré sa grande importance historique dans la deuxième moitié du 19e siècle et dans la première moitié du 20e siècle. En 1877 déjà, Correvon expose un lot de plantes alpines, le premier du genre en Europe, pour lequel la société d'horticulture de Genève lui décerne un prix. Le club alpin genevois, ainsi que la société botanique lui fournissent ses premiers clients. Par la suite, Correvon réalise un nombre considérable de jardins alpins en Europe et connaît un succès international grâce à son commerce de plantes alpines. La plupart des jardins alpins existants encore de nos jours sont, d'une façon ou d'une autre, reliés à son activité. A l'aide d'un riche inventaire d'images d'époque et de photos actuelles, ainsi que d'un repérage cartographique des principaux jardins alpins, les contributions ici recueillies abordent le thème de l'ouvrage sous plusieurs angles : elles présentent un portrait de l'homme Correvon, analysent l'histoire commerciale de son entreprise, fournissent une reconstruction exhaustive du phénomène du jardin alpin, étudient l'essor de l'idée de protection de la nature, la migration des plantes, ainsi que l'impact des activités du botaniste genevois dans le domaine public.
Le jardin est indissociable de la question de la représentation. Lieu d'exposition de statues et de "fabriques", scène de représentations théâtrales, espace de déambulation plus ou moins libre ou guidée, il fonctionne comme un instrument artistique destiné à représenter des idées (la nature, le monde, le pouvoir). Cet usage se retrouve dans les oeuvres d'art, peintures ou gravures, photographies ou films, où l'image du jardin apparaît comme la représentation d'une réalité qui est déjà représentation. L'essai de Michael Jakob interroge la relation jardin/arts dans cette double perspective, en s'appuyant sur une documentation iconographique très fournie.
De nombreux auteurs ont mis au jour les conditions qui ont conduit à penser autrement la ville au tournant des années 1900: un savoir qui se forme au carrefour de plusieurs disciplines, l?adoption de nouvelles méthodes de gestion par les personnels administratifs, la création de nouveaux cadreslégislatifs, les actions d?un milieu réformateur qui conduisent au renouvellement des pratiques et du métier. Mais, très peu d?entre eux se sont intéressés aux dispositifs matériels par lesquels s?est élaborée une pensée, se sont formés des concepts et se sont légitimées des démarches. Enrico Chapel s?attache à l?un d?entre eux: la statistique graphique. En suivant une approche sociohistorique, il montre que l?urbanisme naît de deux fascinations: celle du désordre urbain, étroitement lié à l?essor de la ville industrielle et des échanges capitalistes, et celle du nombre. L?auteur montre que la statistique graphique devient un outil incontournable pour nombre d?architectes au nom d?une analyse exacte, voire scientifique du phénomène urbain, ainsi que la condition de possibilité d?un projet spatial qui se veut objectif et prédictif à la fois.
Mauro Carbone est Professeur de Philosophie (spécialité: Esthétique) à la Faculté de Philosophie de l'Université Jean-Moulin Lyon 3, ainsi que membre senior de l'Institut Universitaire de France.