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Contre-temps. De la recherche et de ses enjeux. Arts, architecture, design
Huyghe Pierre-Damien
B42
15,00 €
Épuisé
EAN :9782917855812
Alors que les perspectives des universités se modifiaient au niveau européen, les écoles d'art en France se sont trouvées obligées de répondre à ce que Pierre-Damien Huyghe présente comme une "injonction à faire de la recherche". Cette injonction a un contexte : le merchandising des savoirs. Le philosophe dresse un état des conséquences en matière d'éducation et d'enseignement, et examine les possibilités demeurant dans les champs des arts, du design et de l'architecture. Entre ces trois domaines, malgré les discussions, une parenté existe : tous ne sont pas intrinsèquement discours. Ainsi des expériences spécifiques de fabrique aptes à faire recherche peuvent s'y développer. Il s'agit de donner au fait de faire une place singulière et de faire cas de problèmes qui peuvent se poser en lui et depuis lui. Que sont ces cas ? Comment se montrent-ils ? Comment les relever ? Au-delà, comment écrire non pas sur mais avec l'expérience de l'art, de l'architecture et du design ? Aucune de ces questions n'est économiquement motivée. C'est en dernière analyse la condition politique de l'humanité qui se trouve en elles esquissée.
Résumé : Plusieurs recherches s'intéressent ces derniers temps au concept d'appareil. Issu de diverses rencontres réalisées à l'initiative du Collège des arts, le présent livre propose quelques-unes des sources de cette réflexion. L'enjeu. c'est la relation du sensible et du dicible. La notion d'appareil signifie globalement qu'il y a du côté des formes de l'expérience une fabrique, un art, une technique, un faire par rapport à quoi le langage. sans être secondaire, est néanmoins second. Elle implique à titre d'hypothèse cette idée qu'un travail du sensible peut avoir lieu sans tomber d'entrée de jeu sous la coupe de catégories établies de la réception. Ce travail du sensible est du ressort de "passages" techniques aptes à faire époque. Les arts sont liés à ces passages, ils sont de leurs conditions, ils les avèrent esthétiquement. Les études rassemblées dans le présent volume analysent divers cas de la contribution artistique à la mise en évidence, à l'exposé de l'époque. Sont mis en discussion au fil des pages, et compte tenu des récents développements techniques ? vidéo, numérique ?, l'identité du corps. les valeurs de la photographie, le concept d'index... Le Collège des arts regroupe artistes, historiens de l'art et philosophes. Il organise au Centre d'Art Contemporain de l'abbaye de Beaulieu-en-Rouergue, en partenariat avec le Centre des Monuments Nationaux, des Rencontres au cours desquelles sont examinées des questions intéressant les arts contemporains. Un volume - Le jeu de l'exposition - a déjà été publié dans la mime collection en 1998.
Troisième élément réédité et augmenté d'une série d'ouvrages qui s'attachent à dire à quoi tient le design, Travailler pour nous établit que ce qui s'est finalement appelé de ce mot, s'il a bien émergé dans le temps de la machination productive appelée par Marx "grande industrie", n'a pas acquiescé pour autant à l'économie majeure de cette machination. Ainsi ne s'est-il proposé d'en développer ni les usages ni les services. L'enjeu, qui demeure, était ailleurs. Il s'agissait, étant donnée la présence des machines, de travailler, vraiment travailler, avec elles, de faire porter sur la disposition des techniques une tension utile, d'opérer contre l'uniformité, bref de chercher la vivacité de l'époque en allant aux formes. Tout cela nous regarde encore. Quelles que soient la taille et la nature des puissances en jeu, il y allait de la présence, à soutenir encore, d'une courageuse résolution.
Ce livre est le premier élément d'une série de textes qui examinent quelques-unes des pratiques et croyances maîtresses de l'époque en impliquant l'expérience du design telle qu'elle s'est décidée au cours du dernier siècle. Ici, c'est à la banalité de deux termes - service, utilité - et d'un mot d'ordre - le lien social - qu'il s'agit de faire objection. Pouvons-nous non pas subir, mais interpréter le sens de ces expressions ? Ne nous y trompons pas : le monde qui en fait des signifiants majeurs n'est pas nécessairement hospitalier. S'y justifie une disposition discutable du travail, de la production et, en définitive, de la technique. En considérant d'abord les arts au sens large (peinture, photographie mais aussi architecture, cinéma ou design) comme des opérations, Pierre-Damien Huyghe, professeur à l'université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, critique au fil de ses différents ouvrages l'idée que la technique puisse être en soi systématique. Distinguant a priori ses menées de celles de l'économie, il propose de la penser préférentiellement, en chacune de ses poussées, en chacun de ses appareillages, comme ouverte à des choix et à des conduites. Il a récemment publié Contre-temps (B42, 2017).
Issu d'un séminaire organisé au Centre Pompidou à l'occasion du trentième anniversaire de son inauguration, ce livre a pour objet de discuter quelques-uns des fondements théoriques et méthodologiques des pensées qui ont conduit à tenir la notion de "modernité" pour dépassée, en particulier celles d'Ulrich Beck en Allemagne, de Bruno Latour en France, de Fredric Jameson aux Etats-Unis, etc. Que peut bien vouloir signifier "modernes sans modernité"? Ceci, entre autres: que la phase historique que nous vivons est certes marquée par des processus de modernisation, mais que l'expression de ces processus n'est pas encore parvenue au stade d'un style. Y a-t-il lieu de le déplorer? Pas selon Pierre-Damien Huyghe, qui soutient que c'est au contraire dans l'absence de repères stylistiques que l'esprit est le plus susceptible de se montrer présent aux modifications des capacités productives et aux poussées techniques qui affectent les conditions d'existence. "Présence d'esprit" que voulut historiquement désigner et signifier le terme "modernité" lors de son introduction dans la langue, au XIXe siècle. Se passer de ce terme, comme semblent vouloir le faire ceux qui le prétendent obsolète, c'est s'exposer aux risques d'une modernisation sans mesure.