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La prophétie d'Abouna
Hussain Fawaz
GINKGO
15,00 €
Épuisé
EAN :9782846792189
Abouna ("Notre père" en arabe) est le nom par lequel les prêtres chrétiens sont désignés en Orient. Il s'agit ici du directeur de l'école dans laquelle Mohamed, le jeune Kurde syrien, est éduqué et apprend le français. Prenant l'enfant sous son aile, Abouna l'incite à persévérer et forge ainsi la prophétie qui le guidera toute sa vie. Septembre 1978. Mohamed débarque à Roissy, la tête remplie des romans de Balzac et d'un immense espoir : conquérir la capitale et ses lettres. Ainsi commence la saga tragi-comique de celui qui, désormais, se fera appeler "Momo", par discrétion et pour attirer plus aisément les filles. La prophétie d'Abouna est l'histoire de la découverte de Paris, de ses habitants et de leurs coutumes parfois étranges. Le Paris des étudiants étrangers vivant dans la capitale : vies rythmées par les études et les petits boulots, les espoirs et les craintes, les joies et les échecs, vies ignorées par les Parisiens eux-mêmes. C'est également le chemin sinueux menant des rives de la Seine aux neiges de la Laponie. C'est enfin la présence mystérieuse, tout au long du récit, de celui qui lui donne son nom : Abouna, toujours vêtu de la longue robe noire propre aux prêtres orientaux. Apparition parfois non attendue, rassurante et espérée, qui guidera "Momo" vers son destin d'écrivain. Récit sans fard des premières années parisiennes de Fawaz Hussain, récit de la découverte du lieu de tous tes espoirs mais aussi des désillusions, La prophétie d'Abouna reste empreinte de tout l'optimisme et de la naïveté de ce jeune kurde syrien, déjà francophone et pourtant encore si "rural".
En partageant la vie intime de ses personnages, le narrateur lève un pan sur les drames de l'Histoire qu'elle recèle et qui n'en finit pas de se répéter. Mais loin d'être simple spectateur, il fait partie intégrante de ce récit dans lequel il se livre, sans fard et avec humour. Nostalgique de l'amour enfui, du pays perdu, de la jeunesse disparue, il reste un combattant de la mémoire et un poète, qui, tel l'Etranger de Baudelaire, aime les nuages qui passent.
Lorsque je suis parti de chez moi, je n'aurais jamais imaginé que je m'éloignerais autant de ce Kurdistan de toutes les convoitises et de toutes les douleurs. Sur le chemin jonché de traquenards et de dangers, j'étais en nage comme si je sortais des eaux de l'Euphrate. La sueur qui me coulait du front se frayait un chemin entre mes sourcils et mes cils pour me piquer les yeux et me brouiller la vue. Que fuyais-je ? De quoi avais-je peur ? Il nous était difficile d'être Kurdes sur la terre de nos ancêtres. Des guerriers arabes, turcs et iraniens avaient juré notre anéantissement sur la tête de leur mère et le Coran de La Mecque. Depuis qu'ils avaient envahi notre sol, ils nous imposaient des identités qui nous allaient comme des guêtres à un lapin. Ils voulaient tout contrôler, absolument tout ; notre façon de respirer, de bouger et surtout de rêver. Ces hommes craignaient nos rêves de liberté et nos phantasmes de paix comme la peste et le choléra réunis. Ainsi débute l'une des nouvelles de ce recueil, nouvelles dont l'assemblage constitue un véritable roman qui conte les tribulations d'un Kurde exilé en France, hanté par la figure du Père, resté au pays.
Assis à ma table j'ai entendu le bruit des balles provenant du barrage proche. Puis tous les barrages du quartier se sont mis à tirer. J'ai lâché ce que j'avais en main ? un stylo, car j'écrivais. Je me suis précipité vers le couloir pour me mettre à l'abri. J'ai entendu le bruit des roquettes et d'autres armes, des balles et des projectiles qu'on lançait vers le ciel comme pour chasser les étoiles de leur page noire. J'ai commencé à perdre espoir de voir la fin des tirs. Je me suis servi un verre d'eau et j'ai bu une gorgée".
Résumé : La cinquantaine, Farzand quitte Paris où il vient de passer la moitié de son existence. Il veut rentrer chez lui, à Amoudé, un village perdu de Syrie à la frontière avec la Turquie, pris dans le feu et le sang du Printemps arabe. Conscient de l'impossibilité d'un tel voyage dans un pays qui entame sa cinquième année de guerre civile, il accepte l'idée de se contenter d'une nuit, du côté turc, à regarder les lumières de sa ville natale. Après une escale à Istanbul, il passe une longue semaine à Diyarbakir, au bord du Tigre, où il fera la rencontre d'un garçon d'une douzaine d'années, vendeur de pépins de pastèque bouillis, avec lequel il va se lier d'amitié. Farzand pensait seulement revoir sa ville en faisant ce voyage ; il retrouvera un fils, lui qui a perdu le sien tragiquement il y a des années. Un livre sur l'espoir et la beauté au milieu des ruines.
Roman à trois voix, "Exils africains" évoque de manière saisissante l'univers colonial tel que le vivent les trois protagonistes. Sandro Romano-Livi, le juif italien, qui quitta son île méditerranéenne, à destination du Congo belge et qui nous entraîne dans la région du Katanga et des Grands Lacs à la découverte de cette Afrique coloniale et de ses populations. Florence Simpson, sa fiancée anglicane, ayant grandi en Rhodésie du Sud (le Zimbabwe d'aujourd'hui). Elle nous parle de son enfance et de son mariage avec Sandro, de la naissance de leurs deux filles, Astrid et Dalia. Mais aussi de leur nouvelle vie en Italie après les sanglants événements survenus au Congo, après l'Indépendance. Elle et son mari auront ainsi vécu un double exil. Enfin, la parole est donnée à David-Kanza (Daviko), l'enfant métis que le meilleur ami de Sandro a eu avec une Congolaise, et que Sandro adoptera. Chacune de ces voix, avec délicatesse mais réalisme nous livre sa vision de l'Afrique coloniale et nous questionne sur les blessures de l'exil.
La multiplication des régimes autoritaires, le protectionnisme étatsunien, les réponses disparates apportées aux problèmes écologiques entre autres semblant confirmer les choix géopolitiques de l'année précédente, la Fondation pour la Prospective et l'innovation (FPI) se devait, dans son Almanach 2020 et son programme de travail, d'en éclairer les différentes composantes et enjeux. Si les Unes des journaux s'intéressent surtout aux crises du Moyen-Orient dans un contexte exacerbé de tensions politiques entre les Etats-Unis et l'Iran, elles ne traitent pour l'instant qu'à minima la guerre économique à laquelle se livrent les mêmes Etats-Unis et la Chine, se focalisent sur les risques et les incertitudes de l'épidémie de coronavirus. Et pourtant, le risque est grand d'une généralisation systémique de conflits de tous ordres à l'échelle planétaire. Il en découlera inévitablement un bouleversement des relations internationales ainsi qu'une recomposition en profondeur des équilibres internationaux, faisant renaître les perspectives de guerres mondialisées. Dans ce contexte, quels seront la place et le rôle de l'Europe, elle-même tiraillée a l'interne par des mouvements dissidents profonds ? Sera-t-elle spectateur ou acteur sur les grands sujets du moment : changement climatique, nucléaire, intelligence artificielle, transition écologique, internationalisation des monnaies, etc. ? Laissera-t-elle s'imposer un bilatéralisme sino-américain au détriment d'un multilatéralisme qu'elle souhaite promouvoir ? Que fera-t-elle pratiquement pour une Afrique désireuse de ne pas être laissée à la périphérie des préoccupations du monde avec son milliard de jeunes à intégrer dans le siècle, avec ses besoins en matière de révolution digitale et d'investissements ? L'Almanach 2020 dé la Fondation Prospective et Innovation (FPI) reprend ainsi et développe ces thèmes primordiaux dans le souci non de décrire le futur mais plus simplement d'appeler à la réflexion par la compréhension des grands enjeux qui façonnent notre devenir.
La raison d'être de ce livre est de faire découvrir un pays par trop méconnu et de tordre le cou à une désinformation savamment distillée par le Kremlin et ses relais... La Crimée, brutalement annexée en mars 2014, alors qu'au début du même mois le président russe affirmait le contraire, est-elle déjà passée par pertes et profits ? Fin 2013, Vladimir Poutine a ouvert la boîte de Pandore, déclenchant une déferlante prorusse à l'Est de l'Ukraine. L'Union européenne, les USA et le reste du monde ont-ils enfin réalisé à quel point la Russie est devenue dangereuse pour le monde libre ? Depuis quinze ans, les avertissements de nombreux Russes clairvoyants ou d'observateurs européens avisés, sont restés lettre morte. Et les précédentes opérations néo-impérialistes du Kremlin, menées en toute impunité, n'ont pas suffi à guérir la cécité des leaders occidentaux. "Goodbye, Poutine" n'est pas un simple slogan qui reprend le "dégage" du Printemps Arabe ou du Maïdan 2013-2014. Sous la direction de la russologue Hélène Blanc, les voix multiples, les regards croisés des meilleurs observateurs de l'Union européenne, de la Russie et de l'Ukraine, analysent la crise la plus grave qu'ait connue l'Europe. Leurs éclairages pluriels sont précieux pour notre avenir commun. Cette fois, malgré son double jeu et son double langage, le masque de Poutine est tombé. Goodbye, Poutine...
Tandis que les pays riches restent depuis cinq ans obnubilés par "la crise" qui, par ses turbulences inattendues en haute altitude, trouble un peu l'expansion de l'opulence à laquelle ils sont habitués, et que la Chine pour sa part semble atteindre un palier de transformation dans sa prodigieuse croissance, l'Afrique connaît à bas bruit une mutation positive où s'esquisse une émergence qui étonnera le monde. Les plaies endémiques de ce continent (maladie, pillage, guerres, corruption, etc.) reculent tandis qu'une croissance soutenue amorce un chemin de réel développement pour une population en passe d'égaler avant longtemps celle de la Chine ou de l'Inde. Plus significatif encore, le morcellement qui a toujours fragmenté ce continent commence à le céder à une extension rapide de toutes les formes de mise en réseau, tandis que les effets d'une vaste diaspora tissent partout des liens vivaces avec le reste du monde. L'Afrique, dernière venue dans l'immense mouvement tectonique d'émergence qui transfigure le monde depuis un tiers de siècle, apporte à l'humanité l'énergie d'un renouveau avec lequel il faudra compter, et dont les promesses invitent à passer envers elle d'une culture de l'aide à une éthique de la synergie.