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En direction du vent
Hussain Fawaz ; Stétié Salah
NON LIEU
13,00 €
Épuisé
EAN :9782352700807
Lorsque je suis parti de chez moi, je n'aurais jamais imaginé que je m'éloignerais autant de ce Kurdistan de toutes les convoitises et de toutes les douleurs. Sur le chemin jonché de traquenards et de dangers, j'étais en nage comme si je sortais des eaux de l'Euphrate. La sueur qui me coulait du front se frayait un chemin entre mes sourcils et mes cils pour me piquer les yeux et me brouiller la vue. Que fuyais-je ? De quoi avais-je peur ? Il nous était difficile d'être Kurdes sur la terre de nos ancêtres. Des guerriers arabes, turcs et iraniens avaient juré notre anéantissement sur la tête de leur mère et le Coran de La Mecque. Depuis qu'ils avaient envahi notre sol, ils nous imposaient des identités qui nous allaient comme des guêtres à un lapin. Ils voulaient tout contrôler, absolument tout ; notre façon de respirer, de bouger et surtout de rêver. Ces hommes craignaient nos rêves de liberté et nos phantasmes de paix comme la peste et le choléra réunis. Ainsi débute l'une des nouvelles de ce recueil, nouvelles dont l'assemblage constitue un véritable roman qui conte les tribulations d'un Kurde exilé en France, hanté par la figure du Père, resté au pays.
Un prêtre syriaque prédit un avenir brillant à un jeune élève kurde. Quelques années plus tard, muni d'une licence de lettres et de son passeport, et prêt à réaliser la prophétie, le jeune Kurde arrive à Paris pour poursuivre des études à la Sorbonne. Son diplôme en poche, il se retrouve contractuel en Seine-Saint-Denis dans une zone d'éducation prioritaire. Sans formation préalable, la nouvelle recrue est parachutée dans un des lycées ayant la réputation d'être le plus difficile des ZEP. C'est le début d'un long voyage au cœur de la banlieue et de ses réalités. Fawaz Hussain raconte avec acuité humour et poésie sa descente dans l'enfer des zones d'éducation prioritaire et le désarroi galopant d'une génération livrée à elle-même.
Résumé : Vouant une grande passion pour la Grèce antique, Farhad, un Kurde originaire de Halabja, se rend dans ce pays. Ce voyage sur les traces d'Ulysse s'apparente à une résurrection. Grâce à des Grecques aussi charmeuses que les sirènes et aussi envoûtantes que les muses, Farhad s'arrache à la banalité de son quotidien sans pour autant oublier le martyre de sa ville, Halabja, et Chirine, l'amour de sa vie.
Des années vingt à 1976, nous suivons l'itinéraire de Memduh Selim, intellectuel kurde engagé dans le combat pour la liberté de son peuple. Le parcours de Memduh se confondra avec un exil - Istanbul, Alexandrie, Le Caire, Alep, Antioche, Beyrouth, un combat pour rien, un deuil consenti. Méditation sur la destinée et ses traverses, le roman offre une large place aux déconvenues de l'amour. Memduh aura voué sa vie à la perte de ce qu'il aimait - femme-mirage, pays fantôme, amis emportés par la mort violente ou dispersés par le vent. Le constat pourrait être désespérant si nous n'étions en Orient justement, où toute réalité, même l'horreur, prend spontanément couleur de légende ; où les idées mêmes au nom desquelles s'engagent les hommes se dissolvent pour finir dans la quête de la saveur des choses.
En partageant la vie intime de ses personnages, le narrateur lève un pan sur les drames de l'Histoire qu'elle recèle et qui n'en finit pas de se répéter. Mais loin d'être simple spectateur, il fait partie intégrante de ce récit dans lequel il se livre, sans fard et avec humour. Nostalgique de l'amour enfui, du pays perdu, de la jeunesse disparue, il reste un combattant de la mémoire et un poète, qui, tel l'Etranger de Baudelaire, aime les nuages qui passent.
Un moment peu connu de la vie de Picasso. Un tournant dans son oeuvre. Déconcerté par l'art nouveau, victime de la drogue, le peintre allemand Wiegels (celui dont Mac Orlan ferait le héros de Quai des Brumes) se pendit dans son atelier de Montmartre, en 1908. Picasso, qui entretenait un rapport ambigu avec le jeune peintre homosexuel, fut durablement déstabilisé par sa fin tragique. Sa dépression s'accompagna d'une rupture dans son mode de vie et dans son premier style pictural, même si nombre de personnages de son oeuvre (les Arlequins) resteront "wiegelsiens". En même temps qu'elle s'attache au folklore et aux rapins de la Butte à la Belle Epoque, l'étude éclaire "l'homosexualité secrète" de Picasso, selon l'expression de Cocteau. Cette homophilie éclate parfois dans ses toiles et explique le caractère sado-masochiste larvé de certaines de ses amitiés, sa misogynie, son homophobie — exorcisme de protection.
Le match sans fin- Lève-toi!Meduna fait une belle passe à Srba. Celui-ci avance résolument balle au pied; à peine le temps de dire «ouf» et le ballon fait trembler les filets...- Lève-toi! te dis-je.... immédiatement le public envahit le terrain... Eman sent que le policier le tient au col et le secoue. Il se débat...- Tu m'entends? Combien de fois dois-je te dire de te lever?Le froid s'immisça sous la couverture. Eman replia ses jambes; il se défendait, refusant de quitter ce rêve plein de suspense! Mais Eman senior, debout au-dessus de lui, lui arracha la couverture et répéta sans ménagement:- Tu vas te lever, oui? C'est toi qui es de service aujourd'hui!Eman s'étira et bâilla bruyamment.- Pourquoi vous tempêtez? demanda-t-il plaintivement à Eman senior. Il n'y a pas le feu. On ne peut vraiment pas...Et il se blottit à nouveau dans son coin, dans l'espoir d'apprendre l'issue de son beau match.Mais Eman senior était intraitable. Il attrapa la jambe de son fils et le tira du lit en criant:- Fini de dormir! Faire la fête avec des amis et refuser de te lever le lendemain matin, eh bien non, il n'en est pas question!Eman junior s'assit sur le lit et entama les pourparlers. Et si, aujourd'hui, le vieux s'occupait du service, non? C'est qu'Eman junior ne se sentait pas très bien. Il va de soi qu'en guise de compensation Eman junior en ferait le double plus tard.Eman senior lâcha un rire narquois. Que nenni! On essaie de l'avoir avec une astuce politique? Ce morveux se mettrait-il en tête que son vieux père se taperait le boulot à sa place? Eh bien non, tout se fera dans le respect des règles. Aujourd'hui, c'est le tour du fils, point final! Toute autre considération est à proscrire.Eman junior pensa que c'était là beaucoup de bruit pour rien. Il glissa les mains sous sa tête et s'étira délicieusement. Il savait qu'il avait tort mais enfin... où s'était-on arrêté tout à l'heure? Ah oui, Srba ralentit la course du ballon et...
Résumé : Terre incandescente et inhospitalière, Djibouti est le point de rencontre de trois rifts formant des paysages désertiques "de roc, de sable et de sel". Dénué de ressources naturelles autres que la mer, le soleil, le vent et la chaleur, ce petit Etat de l'Afrique de l'Est est pourtant un acteur essentiel de la région. Stratégiquement situé, Djibouti est la porte de la Corne de l'Afrique, et le port du géant éthiopien enclavé. Havre de stabilité entre l'Erythrée totalitaire et la Somalie décomposée, il est l'oeil du cyclone et accueille la plus importante base militaire française à l'étranger. Cette ancienne colonie française, indépendante depuis 1977, dispose surtout d'atouts touristiques spectaculaires où le minéral domine et le vivant est en sursis : de la banquise de sel du lac Assal aux cheminées de calcaire ocre aux formes surréalistes du lac Abbé, en passant par la mystérieuse forêt du Day et les mangroves de l'île de Moucha. Cet ouvrage est une invitation au voyage sur cette terre volcanique inondée "de lumières et d'espaces", qu'avaient décrite en leur temps Monfreid, Gary, Kessel et Rimbaud.