Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La piste des larmes
Humphrey William
GALLIMARD
23,20 €
Épuisé
EAN :9782070721160
Un arrière-petit-fils, qu'on sent assez proche de l'auteur, a transcrit le récit de la lamentable odyssée des tribus indiennes expulsées de leurs terres dans les Etats du Sud par l'arrivée des colons blancs : Noquisi, un jeune Cherokee formé dans une des écoles fondées par les Blancs - et qui partage les connaissances de ceux-ci par l'entremise de son père, médecin -, a tenu à être baptisé au sortir des épreuves de l'initiation ancestrale. Il participe ainsi aux deux cultures, ce qui est pour lui source d'un pénible conflit. Nous sommes en 1830, au moment où les Indiens, qui s'étaient montrés le plus accessibles à l'influence occidentale, se voient chassés de leur sol par les colons avides et contraints à tout abandonner pour gagner une hypothétique terre promise. Ceux qui parviennent jusque-là établissent un Etat où les multiples tribus vont enfin vivre en paix. Mais le Texas, où ils se sont installés, se sépare du Mexique pour devenir une république et les chasse vers un nouvel exil. Le combat final, superbement décrit, marquera la disparition des derniers résistants. Tout est respecté : les faits historiques, les sentiments divers entre Indiens, l'internement de ceux qui refusent jusqu'au bout de partir, leur destruction graduelle sous l'effet de l'épuisement, du froid, des maladies le long de ce qu'on connaît aujourd'hui comme "la Piste des Larmes". Mais ce qui vivifie ces pages et les sauve de la simple érudition, c'est la présence et l'activité infatigable du jeune Cherokee, son courage, sa gentillesse, sa compassion pour les misères qui l'entourent. Autant qu'une étude très poussée des oscillations entre le monde de l'envahisseur et la tradition séculaire, le lecteur s'attachera au portrait d'un garçon à la sensibilité virile qui fait de lui une jeune frère du héros de L'adieu du chasseur, une des créations les plus inoubliables de William Humphrey.
Résumé : Il arrive que les nouvelles d'un romancier soient écrites comme en marge de ses romans ; elles les prolongent et les préfigurent. Dans ce recueil où William Humphrey a rassemblé ses premiers essais dans l'art de la narration, et qui fut, sous le titre The Last Husband, sa première ouvre publiée, il est tentant de déceler les thèmes des romans à venir. Certains de ces thèmes seront peu exploités par la suite, notamment ceux du Fauve et du Dernier mari, le monde artificiel de la création artistique ou de la vie new-yorkaise, que l'auteur abandonnera vite pour créer son univers si personnel de petites gens de la Nouvelle-Angleterre et du Texas. On n'aura pas de peine à reconnaître, dans les adolescents d'Une neige toute fraîche ou de La cartouche, de jeunes frères du Theron de L'adieu du chasseur et du narrateur de Plus loin du ciel - voire du jeune suicidé d'Otages du destin. Ces nouvelles sont des ouvres accomplies dans leur brièveté. Chacune d'elles, quelle que soit son ampleur, crée au moyen de touches précises et vivantes un petit monde autonome que dominent parfois la méchanceté ou l'ennui, mais plus souvent la compassion et la fidélité nostalgique à un passé sur le point de disparaître ou déjà disparu. Compassion, chez Humphrey, ne signifie pas attendrissement, mais reconnaissance lucide d'une fatalité qui frappe les plus démunies de ses créatures. On verra aussi que l'auteur est un des grands narrateurs de l'Amérique d'aujourd'hui.
Résumé : Les lecteurs du dernier ouvrage de William Humphrey publié en France, La course amoureuse, risqueraient de penser : "Encore une histoire de pêche" - s'ils ne comprenaient très vite que le climat, ici, est bien différent de celui des précédentes expériences de l'auteur. L'homme que nous voyons passer une longue journée au bord de la rivière (et voici, en un sens, le plus "classique" des romans de Humphrey : un seul lieu, un seul jour, une seule action qui se joue tout entière dans la tête de Ben Curtis), s'il essaye de retrouver les émotions passées, ne peut plus être tout entier dans la lutte subtile entre lui et sa prise. D'abord, il n'est plus vraiment celui pour qui les lieux, le club de pêche, la rivière, représentaient autrefois un des aspects du paradis : il a maigri, ses cheveux ont blanchi au point que ses anciens compagnons le reconnaissent avec peine, et surtout il est seul - sa femme l'a quitté, son ami le plus cher, le plus admiré, est mort, la fille de celui-ci s'est jetée d'un cinquantième étage, et son propre fils s'est pendu, à Princeton, alors qu'il venait d'aborder des études qui comblaient ses voeux. Ben Curtis lui-même, le pêcheur solitaire, a tenté de se suicider, incapable de supporter la hantise des souvenirs et de trouver une réponse à l'obsession interminable du "pourquoi ?". La quête torturante d'une réponse amène le malheureux père à repasser dans son esprit les années heureuses, les promesses que son enfant paraissait si soucieux de tenir - avant tout à se demander quelle est sa faute personnelle, à quel moment, par quelle négligence, quel égoïsme, il a manqué à ses obligations. En un temps où les suicides d'êtres jeunes se multiplient, et avec la clairvoyance d'un enquêteur lui-même désintéressé mais passionné, William Humphrey nous propose l'exploration la plus poussée d'un phénomène qui nous touche tous. Il le fait avec une honnêteté sans faiblesse, et aussi avec la sûreté de style et l'émotion contrôlée qui sont depuis longtemps familiers à ses lecteurs.
Résumé : Ces vingt nouvelles de William Humphrey forment un recueil d'une parfaite unité évoquant des thèmes qui tous tournent autour du crépuscule de la vie. La mort est là, à peine dissimulée, la maladie, le vieillissement et sa cohorte de petites misères, de frustrations et de ridicules. Mais ces thèmes sont traités avec un humour sombre, une salubre ironie qui se situent au plus loin d'un plat réalisme ou d'une sentimentalité facile. Dans "Portrait de l'artiste en vieil homme", un vieil écrivain s'invente une existence de pure fantaisie pour répondre aux questions de la jeune journaliste dont il a compris qu'elle vient préparer sa notice nécrologique. "Chanson d'automne", la nouvelle titre, raconte l'attente bouleversante d'un coup de téléphone : Virginia, qui s'est laissée mourir à petit feu aux côtés d'un homme qu'elle n'aime pas, espère un appel de son amant perdu de vue depuis vingt ans. Le téléphone sonne enfin, mais il est trop tard : peut-on quitter un homme bon et généreux, lorsqu'il est âgé, solitaire et dépendant ?...A l'écart des modes et des scandales, reclus lucide dans sa maison au bord des bois, William Humphrey - dont c'est le quatrième recueil de nouvelles paru en France - regarde le monde, c'est-à-dire son univers le plus proche, d'un oil à la fois critique, plein d'humour et de compassion.
Résumé : Ces dix courtes nouvelles ont pour cadre l'Oklahoma et le Texas. Le temps est celui de l'enfance et de l'adolescence de l'auteur, le lieu l'Amérique des puits de pétrole. On trouve dans plusieurs de ces récits des rappels de vieilles ballades, des portraits de types régionaux, des drames et des comédies, vestiges d'une Amérique à laquelle l'auteur reste fidèlement attaché.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.